O BROTHER, WHERE ART THOU?
Cast: George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson, John Goodman, Holly Hunter
Année: 2000
Studio: Touchstone
Longueur: 106 minutes
Classé Général

Les célèbres frères Coen, les deux hommes se trouvant derrière le succès monumental de Fargo, notamment, ont gardé secret depuis quelques années leur plus récent projet. Et maintenant, O Brother, Where Art Thou? (v.o. anglaise seulement) nous parvient. Et franchement, après avoir vu ce surprenant flop, je ne peux que me questionner longuement quant au pourquoi de l'engoûment s'étant développé pour le film en pré-production et l'obsession des Coen de conserver une telle confidentialité.

Déjà en apercevant au générique de début "basé sur l'"Odyssey" de Homer", on a droit à s'attendre à quelquechose de spécial, original et unique. Malheureusement, malgré toutes les étranges tentatives des cinéastes de bourrer le scénario de références et d'éléments supernaturels, O Brother, Where Art Thou ne possède aucune de ces trois qualités - et pas bien d'autres non plus. Ce scénario relate des aventures plutôt ennuyantes d'un trio d'échappés de prison dans le Mississippi des années '30, composé d'Ulysses Everett McGill (George Clooney), de Pete Hogwallop (John Turturro) et de Delmar O'Donnell (Tim Blake Nelson). Ces trois abrutis ne font que croiser de bizarres personnages, dont un cyclope, un regroupement du Klux Klux Klan, un prophète aveugle, et des sirènes (oui, des sirènes). Et plus le récit progresse et tente de démontrer qu'il possède un but et des subtilités intelligentes, plus dans l'audience on en a carrément rien à cirer.

Ce n'est pas que je n'apprécie pas les frères Coen, leurs oeuvres, ou même le cinéma non-conventionnel. Au contraire. Fargo fait selon moi partie des meilleurs des années '90, et je serai le premier à défendre des productions courageusement différentes de la moyenne (Being John Malkovich et The Blair Witch Project en constituent de bons récents exemples). Cependant, peu importe à quel point je m'efforçais afin de m'intéresser aux héros et à ce qui leur arrivait, je me trouvais devant un mur me séparant d'eux. Joel Coen, qui a réalisé, démontre rarement la capacité de créer un lien entre l'action qu'il filme et le public qui la regarde. Non seulement il n'y a pas la moindre dose d'émotion nous traversant le corps, mais on n'éprouve pas vraiment de plaisir à regarder O Brother, Where Art Thou?.

George Clooney, dans le rôle principal, s'éloigne peut-être du type de personnage ayant fait sa carrière, mais ça n'en fait pas pour autant une révélation. Au contraire, je l'ai grandement préféré avec une présence plus habituelle dans The Perfect Storm. Son ensemble de co-vedettes ne contient pas un seul acteur de calibre de vedette, et ça se fait sentir. Clooney, avec son look de Clark Gamble et son épais accent du sud, tente désespérement de capter notre attention, et réussit de temps à autre, mais étant la seule figure dominante du film, il n'a jamais personne d'autre d'assez fort à qui s'opposer. Et voilà un autre élément faisant mal à l'intérêt que l'on peut avoir pour le récit. On sait que peu importe ce qui se passe, Ulysses va s'en sortir, et incidemment les autres également. Que ça soit une série de mésaventures à l'humour douteux, des numéros musicaux endormants ou des rencontres insignifiantes, on a seulement hâte que leur parcours s'achève vite - et, malheureusement, ce n'est pas le cas. --RJ

 

Cote: C

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