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| LOST SOULS |
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| Cast: Winona Ryder, Ben Chaplin
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| Année:
2000 |
| Studio: New Line |
| Longueur: 102 minutes |
| Classé
13 ans+ - Violence |
Dès que j'ai entendu que le studio New Line retenait son nouveau thriller intitulé "Lost Souls" ("Âmes Perdues" en v.f.) pour plus d'un an sur ses tablettes, même si sa production entière était terminée, j'ai éprouvé beaucoup de difficulté à garder confiance. Même si les exécutifs du studio juraient c'était seulement à cause du trop grand nombre de films similaires sortis en 1999, il reste que quelque part, New Line ne croyait pas complètement en son projet. Et il avait bien raison. Tout comme il avait raison d'engager Janusz Kaminski, le spectaculaire directeur de photographie des plus récentes épopées de Steven Spielberg (oui, dont "Amistad" et "Saving Private Ryan"), pour se mettre derrière la caméra, cette fois comme réalisateur de ce récit d'épouvante. Justement, grâce pratiquement à lui-seul, "Lost Souls" peut passer pour un produit bien supérieur à ce qu'il constitue véritablement: un vrai beau grop flop. Eh oui, un autre, au scénario si mince qu'on se demande bien des choses le jugement de tous les gens talentueux s'associant de plus en plus à des projets possédant au début si peu sur la page.
Kaminski, si on peut aisément le blâmer d'avoir choisi de commencer sa carrière de réalisateur avec un script si faible, il lui revient tout de même le mérite d'avoir transporté à l'écran avec du panache ce qu'il avait à l'origine, c'est à dire pas grand chose. Il raconte, avec ses textures d'image exquises et ses mouvements de caméra captant l'oeil, l'histoire banale et clichée d'une jeune femme nommée Maya (Winona Ryder) qui, après avoir été sauvée d'une possession démoniaque quelques années auparavant, décide de s'associer à l'Église Catholique pour empêcher Satan lui-même de s'incarner dans la peau de Peter Kendell (Ben Chaplin), un homme identifié comme l'Antéchrist potentiel.
J'ai trouvé bien dommage que Winona Ryder ne soit pas plus reconnue pour son remarquable travail dans "Girl, Interrupted" l'an dernier. Mais je ne peux la vanter ici. Elle fait ce qu'elle a à faire, certes, mais n'ajoute aucune dimension à son personnage déjà distant de l'audience. En fait, la totalité des personnages dans "Lost Souls" nous sont distants. Ben Chaplin ne possède de son côté clairement pas le charisme nécessaire pour son rôle, mais tout comme sa co-vedette, il ne possède pas grand marge de maneuvre. Dans le soutien, c'est du pareil au même, sinon pire. Philip Baker Hall, un acteur pour qui j'ai beaucoup de respect, vétéran des films de Paul Thomas Anderson, se montre ici tout simplement ridicule, mot rarement associé à ses présences à l'écran. Mais lorsque l'on parle de présence ridicule dans "Lost Souls", ce qui devrait immédiatement nous venir en tête est la femme de Peter, qui nous donne droit à quelques apparitions injustifiées et étranges, dont sa dernière scène qui nous laisse pour le moins perplexe. Je ne peux justement pas passer sous silence la fin de "Lost Souls". Elle s'avère d'une déception si importante que l'on n'y croit carrément pas sur le coup.
En fait, à bien y penser, on ne croit pas à beaucoup dans "Lost Souls". Ou plutôt, on n'accroche pas à bien des choses, malgré toutes les tentatives techniques du film. Pas compliqué, une bonne production ne se fait pas sans scénario. Et encore une fois (et je ne sais pas à combien de reprises je l'ai dit à date cette année), voilà une autre grosse production sans script potable. Tant qu'à les avoir gardé un an dans leurs studios, New Line aurait mieux fait de carrément brûler les rubans de "Lost Souls", un autre thriller apocalyptique à la "End of Days" faisant plus perdre à Hollywood du sérieux qu'autre chose. --RJ
Cote: C-
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