LORD OF WAR
Cast: Nicolas Cage, Jared Leto, Ethan Hawke, Bridget Moynahan, Ian Holm, Eamonn Walker
Année: 2005
Studio: Lions Gate
Longueur: 122 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

On dit que seuls les mauvais films sont déprimants. C'est en suivant cette pensée que j'exclame ma profonde joie de voir une production comme Lord of War (Seigneur de Guerre en v.f.). Le nouveau film d'Andrew Niccol (réalisateur de Gattaca et scénariste de The Truman Show) nous laisse sur une note sombre, amer et dérangeante - et pourtant il fait un grand bien de le visionner. Il fait bon de voir Hollywood encore financer, de temps à autres, des projets aussi pertinents.

Alors que les guerres et guerillas affligent l'Afrique presque entière et une bonne partie du reste de la planète, Lord of War nous sert le récit "fictif" d'un vendeur d'armes "fictif" nommé Yuri Orlov (Nicolas Cage). Si j'utilise des guillements, c'est que non seulement Lord of War est-il inspirié de faits véridiques, mais il nous montre une réalité bien concrète qui n'a rien de l'invention ou de la fabrication.

Pour servir son propos, Niccol fait appel en partie à un humour noir, en partie à une exploration dramatique très franche. Cela donne droit à un film au ton constamment réussi, et à des moments particulièrement troublants, comme celui où l'on se trouve presque à rire alors que Yuri, sur le point de se faire pincer par Interpol, décide de liquider un stock d'armes à feu lourdes à des villageois africains. Niccol a créé en Yuri un anti-héros énigmatique, voire par moments fascinant. Cage apporte son dynamisme habituel à un rôle fort complexe; on ne comprend jamais pleinement les motivations ou les "valeurs" de Yuri - et dès qu'on commence à penser le connaître, il nous surprend.

Le scénario du film suit exactement le même parcours. Lorsqu'il entame son dernier acte, on croit savoir où le tout se dirige. Après tout, les films de gangsters, de vendeurs de drogue et autres dépravés montrant leur ascension et leur chute abondent. Lord of War choisit toutefois, courageusement, une autre voie, et le résultat final est doublement effectif et troublant. Le film de Niccol fera, je l'espère, discuter de la situation actuelle ou, tout au moins, permettre aux gens de la constater. Voilà un film percutant pour débuter l'automne en force. --RJ

 

Cote: A-

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