THE LIFE OF DAVID GALE
Cast: Kevin Spacey, Kate Winslet, Laura Linney, Gabriel Mann, Matt Craven
Année: 2003
Studio: Universal
Longueur: 131 minutes
Classé 13 ans+

Après avoir vu Kevin Spacey berner le monde entier dans les deux dernières minutes de The Usual Suspects et de Se7en, il s'est comme installé chez nous une sorte de terminaison nerveuse nous prévenant, à chaque fois que l'on aperçoit le petit rictus de l'acteur dans un nouveau film, qu'il y a anguille sous roche.

The Life of David Gale (La Vie de David Gale en v.f.) ne fait pas exception. Sans vouloir divulguer quoique ce soit, la finale saisissante ayant déjà fait coulé beaucoup d'encre n'est pas sans rappeler les Keyser Soze et les John Doe incarnés par Spacey. Seulement, à la différence des deux titres précédents (et cela ne s'applique pas uniquement à la fin du film), ce n'est pas l'intelligence remarquable du scénario qui nous jette par terre.

La validité d'utiliser la peine de mort constitue un sujet de débat faisant rage depuis des années aux États-Unis. Parmi les 50 états américains, 38 la préconisent; sur ces 38, aucun n'est plus meurtrier que le Texas, qui exécute environ le tiers du total des condamnés à mort de tout le pays. Il n'y a donc rien de trop surprenant par rapport au fait que The Life of David Gale se déroule au temps présent au Texas. L'histoire fictive relate la rencontre entre une jeune journaliste ambitieuse nommée Betsey Bloom (Kate Winslet) et un ex-professeur d'université leader d'un programme militant contre la peine de mort maintenant rendu lui-même dans le couloir de la mort, David Gale (Spacey), après avoir été accusé du viol et du meurtre d'une collègue de travail (Laura Linney).

On ne prend pas trop de temps avant de réaliser de quel côté de la question se les propos de The Life of David Gale: le film d'Alan Parker s'avoue clairement contre la peine capitale. Tous les protagonistes seraient heureux de la voir abolie, et la finale en question montre de façon plutôt explicite - et peu subtile - jusqu'à quel point certains iront pour défendre cette cause. Cela étant dit, le film tombe dans le mélodrame à plus d'une occasion et, aussi surprenant que cela puisse paraître en tenant compte du cast fort talentueux, c'est en partie à cause des deux acteurs principaux. Certains qualifient Spacey de meilleur acteur de sa génération; je ne figurerai jamais parmi ceux niant cela. Au sommet de son art (Usual Suspects, Se7en, L.A. Confidential, American Beauty), il est carrément spectaculaire. Mais ici, il semble pratiquement fournir un demi-effort dans nombre de scènes. Lorsque Gale sombre dans l'alcool et que Spacey doit avoir l'air saoul, on a constamment l'impression qu'il essaye de jouer l'ivrogne. Sa performance est en d'autres moments convaincante, surtout dans les scènes plus brèves se déroulant dans le présent et non en flashback, mais en bout de ligne inférieure à ce dont on pourrait s'attendre de lui. Winslet se fait de son côté carrément agaçante. Son personnage n'est ni sympathique, ni vraiment crédible (madame joue aux détectives et résoue l'enquête entière en un après-midi), mais plutôt irritant et forcé. Encore là, ce n'est pas le talent qui fait défaut, mais la prestation n'en n'est pas moins faible. La seule pouvant sortir vraiment la tête haute est Linney, offrant une présence solide et courageuse à l'écran.

Que retenir donc de The Life of David Gale? L'histoire audacieuse mais exagérée? Les performances passables mais décevantes? Les revirements inattendus? La position à adopter face à cette situation sociale? Probablement un peu de tout cela, je dirais. Mais avant tout, une obligation formelle de voir des bijoux comme Dead Man Walking avant même de penser de se déplacer pour de simples divertissement de surface, peu importe combien efficaces soient-ils, comme celui-ci. --RJ

 

Cote: B-

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