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| KINSEY |
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| Cast: Liam Neeson, Laura Linney, Peter Sarsgaard, John Lithgow, Chris O'Donnell, Timothy Hutton, Oliver Platt
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| Année:
2004 |
| Studio: Fox Searchlight |
| Longueur: 118 minutes |
| Classé 13 ans+ - Érotisme |
Le docteur Alfred Kinsey constitue une figure toute particulière de l'histoire de la sexualité parce qu'il a étudié cette dernière avec le plus grand recul imaginable. Il voyait tout, observait tout de façon totalement détachée et purement scientifique. Le film relatant sa vie, Kinsey (même titre en v.f.), possède ce même élément commun: il explore le sujet lui aussi sans la moindre dose d'exploitation. La production est enveloppée d'un bout à l'autre d'une sobriété assez impressionnante lorsque l'on considère à quel point elle aurait pu s'avérer controversée.
Le choix de Liam Neeson pour incarner Kinsey n'aurait pu être plus judicieux; l'acteur anglais habite le personnage du début à la fin comme si c'était sa seconde nature. Sans l'aide de sentimentalisme forcé, il réussit à rendre sympathique et intéressant un homme qui aurait pu, franchement, nous faire peur. En étudiant les zoophiles et les pédophiles comme toute autre personne, Kinsey se fait à la fois fascinant et inquétant. Il va même jusqu'à encourager ses collègues de travail à s'échanger de partenaires sexuels pour s'améliorer au lit. Voilà un homme qui avait à l'époque à la fois une connaissance de la sexualité à peu près inégalée, et pourtant une ignorance astrale de la nature humaine. Cela constitue évidemment la recette idéale pour de sérieux problèmes. Kinsey, en nous plaçant dans la perspective de son sujet, nous fait voir ce qu'il voyait: une incompréhension des crises causées par ses actions et ses paroles. Ayant conduit la majeure partie de ses recherches au milieu du siècle, il secoue la société entière lorsqu'il commence à prêcher la normalité de l'homosexualité et de la masturbation, mais sans vraiment comprendre pourquoi.
Le film s'avère toujours agréable à regarder parce qu'il observe tout cela de l'extérieur, sans jamais juger un côté ou l'autre. Le résultat est un aperçu engageant sans être engagé. L'auteur/réalisateur, Bill Condon, applique la même délicatesse qu'il avait donné à Gods and Monsters, en effectuant un portrait complexe d'un homme complètement exclus du reste du monde à cause de la sexualité. À défaut d'avoir la même profondeur émotive que ce dernier drame, Kinsey possède par contre une certaine dose d'humour surprenante, et fait rire à plus d'un endroit.
Kinsey est le genre d'oeuvre biographique doublement satisfaisante car elle tisse non seulement une image captivante d'une vie marquante, mais nous fait également réfléchir et discuter après coup des répercussions de cette même vie sur les notres en ce 21ème siècle. Comment aurait-on vécu pendant ces années? Comment cette époque, sexuellement parlant, est-elle si différente de la notre? Quelles sont les conséquences aujourd'hui de cette ouverture il y a quelques 50 ans? Le film ne donne jamais de réponse car il n'essaye jamais de juger; à nous, d'un regard aussi froid de possible, d'observer et de conclure. --RJ
Cote: A-
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