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| KILL BILL VOL. 2 |
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| Cast: Uma Thurman, David Carradine, Gordon Liu, Michael Madsen, Daryl Hannah |
| Année:
2004 |
| Studio: Miramax |
| Longueur: 136 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Ayant lu le scénario entier de Kill Bill bien avant même que Miramax aie l'idée purement commerciale de le diviser en deux parties, j'étais convaincu que sa seconde partie se ferait meilleure que sa première. Après avoir vu Kill Bill: Vol. 1 à l'automne dernier, je demeurais convaincu que le meilleur restait à venir. Kill Bill: Vol. 2 (Tuer Bill: Vol. 2 en v.f.) m'a donné raison autant qu'il m'a déçu. Dans l'ensemble, c'est un meilleur film que son volet précédent (et un qui est nettement plus complet en soi), mais cela n'en fait pas pour autant la grande oeuvre que son auteur, Quentin Tarantino, nous promettait - et celle à laquelle on pouvait s'attendre.
Kill Bill: Vol. 2 décide d'entrer en matière en rammenant l'histoire en arrière, avant même que la Mariée (Uma Thurman) élimine Vernita Green (Vivica A. Fox) et O-Ren Ishii (Lucy Liu): lors du jour de son mariage, où son ancien patron et amant, Bill (David Carradine), ordonne son exécution. Ayant miraculeusement survécu et s'étant décidée de faire payer les cinq personnes responsables du massacre, elle s'attaque, dans ce Volume 2, aux trois dernières sur la liste: Budd (Michael Madsen), le frère de Bill, Elle, l'amante actuelle de Bill (Daryl Hannah), et puis le personnage titulaire lui-même. Le plus gros avantage que le second volume possédait en entrée sur le premier, c'était ses personnages: non seulement la Mariée est-elle une héroĩne plus développée rendue là dans l'histoire, mais ses trois adversaires s'avèrent tous nettement plus intéressants que ses deux premiers. Le problème décevant qui survient un peu inexplicablement réside dans le fait que Tarantino n'exploite pas cette force autant qu'il le pourrait - et qu'il le devrait.
Les scènes entre ces quatre personnages, peu importe lesquels, sont uniformément superbes. Les affrontements intial et final entre la Mariée et son nemesis possèdent un tonus certain, et nous font croire à une relation complexe et possible entre eux. Budd, probablement le "méchant" le plus intriguant, ne serait-ce que par son apparence désabusée et nonchalente, nous accroche dès le début. Il possède une scène absolument extraordinaire où il se fait carrément humilier par son boss au club de danseuses auquel il travaille. La scène ne sert à la base strictement à rien - et c'est là que Tarantino nous donne un éclair de son génie exposé pendant 2 heures et demie dans Pulp Fiction, il y a déjà dix ans. Le patron en question, simultanément drogué, arrogant et hilarant (joué dans une performance glorieuse par l'inconnu Larry Gomez), prend 10 minutes pour congédier Budd. La séquence est mémorable autant par son inutilité que par son humour décapant et son dialogue classique à Tarantino. Madsen donne à Budd un certain humanisme désespéré, qui constitue aisément son meilleur travail depuis son rôle de Mr. Blonde dont tous se souviennent dans le premier film de Tarantino, Reservoir Dogs.
Puis apparaît la vraie star de Kill Bill: Daryl Hannah. Incarnant Elle Driver, la grande rivale de longue date la Mariée, Hannah remet sa carrière, effondrée depuis plus d'une décennie, instantanément sur pied avec son simple regard glacial. Elle joue avec une furie qu'elle parvient à peine à dissimuler la rage ne cessant jamais bouiller à l'intérieur d'elle. Puis, elle alterne à une espèce d'attitude de cruauté et de froideur absolues nous donnant des frissons dans le dos. La confrontation entre Thurman et Hannah constitue de loin la meilleure scène de combat que vous verrez cette année au cinéma, et possiblement l'une des meilleures que vous vous rappellerez d'avoir vu de récente mémoire. Le style agressif et kinétique de Tarantino en filmant la scène écrase la séquence de bataille de 30 minutes au Japon du Volume 1.
Alors, avec toutes ces ressources, qu'est-ce que Tarantino décide de faire? Il les met de côté. Il relègue rapidement Madsen au second plan, donne un total de trois scènes (trois! un crime!!!) à Hannah, et mêle à l'histoire de la Mariée et de Bill une relation crédible en aucun cas avec sa petite fille de quatre ans. En voulant donner un coeur artificiel à un son film le plus commercial à ce jour, Tarantino, pour une rare fois, échoue. La dernière demie-heure de Kill Bill: Vol. 2 nous frustre pour ce qu'elle est et pour ce qu'elle remplace - au lieu d'avoir donné plus de terrain à ses personanges et acteurs le méritant, le cinéaste a cherché à duper son public en collant une fausse profondeur à une oeuvre si évidente dans sa superficialité. Kill Bill n'aurait jamais pu être un second Pulp Fiction; mais si on l'avait justement gardé en un seul long-métrage en lui donnant une structure un peu plus adéquate, on se serait assurément retrouvé avec une production hors-pairs. Kill Bill: Vol. 1 est un bon film, Kill Bill: Vol. 2 en est un très bon, mais Tarantino ne devrait pas se retrouver dans un vocabulaire au sud d'"excellent". --RJ
Cote: B+
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