KILL BILL VOL. 1
Cast: Uma Thurman, Lucy Liu, Vivica A. Fox, Daryl Hannah, Sonny Chiba, Michael Madsen, David Carradine
Année: 2003
Studio: Miramax
Longueur: 96 minutes
Classé 16 ans+ - Violence

Lorsque un cinéaste de la trempe de Quentin Tarantino fait patienter le monde entier pendant six ans avant de réaliser un nouveau film, il ne fait qu’augmenter la barre des attentes, déjà extrêmement élevée. Ne nous ayant rien servi depuis Jackie Brown en 1997, Tarantino revient à l’avant-plan avec Kill Bill (Tuer Bill en v.f.), un projet fort différent de ce à quoi il nous a habitué dans le passé. Le long-métrage de trois heures divisé en deux parties (le Volume 2 paraîtra en février) laisse l’importance cruciale du scénario de côté pour une chose : de l’action. À la tonne. Et violente.

En refaisant équipe avec Uma Thurman, qu’il a mené à la gloire avec Pulp Fiction il y a maintenant près d’une décennie, Tarantino nous présente le premier volet d’une sanglante saga de vengeance. La héroïne, à qui l’on réfère uniquement par "la Mariée" (Thurman), une ancienne assassine professionnelle, a été laissée pour morte le jour de son mariage, alors qu’elle et ses invités ont été victimes d’un véritable carnage. Sortant soudainement du coma quatre ans plus tard, elle se promet de faire payer les gens responsables de la tuerie, l’un après l’autre. Ils sont cinq : Vernita Green (Vivica A. Fox), O-Ren Ishii (Lucy Liu), Budd (Michael Madsen), Elle Driver (Daryl Hannah) et le personnage titulaire, Bill (David Carradine).

Kill Bill: Volume 1 englobe les deux premières victimes : la Mariée rend une visite surprise à Vernita dans sa demeure de Pasadena en Californie, et traverse l’océan pour confronter O-Ren, rendue une figure dominante de la mafia au Japon. Le reste est gardé pour le Volume 2. Pour avoir lu le scénario, je peux vous affirmer avec assurance que le meilleur est à venir, et ce à à peu près tous les points de vue.

La raison principale pour cela est que Kill Bill: Vol. 1 ne possède que très peu des qualités qui ont rendu les autres œuvres de son auteur si passionnantes dans le passé. La héroïne de service s’avère ici très peu développée; on ne la connaît pas pour autre chose que son habileté à combattre. Les deux "méchantes" que l'on rencontre ne peuvent bénéficier de beaucoup plus de profondeur. De plus, le dialogue vivant, intelligent et original qui ont fait de Tarantino un génie demeure absent dans cette première partie. On reste alors devant un film d’action pur et dur. Et, à ce niveau, force est d’admettre que Kill Bill est saisissant. Avec l’aide de la photographie de Robert Richardson (oscarisé pour JFK) et de la chorégraphie de Woo-ping Yuen (The Matrix), le film a, spécialement sur grand écran, un aspect spectaculaire. Et comme il est réputé pour le faire, Tarantino compose sa trame sonore de choix judicieux, notamment la chanson superbement appropriée "My Baby Shot Me Down" de Nancy Sinatra, en ouverture et en fermeture.

Mais ce Volume 1 ne nous propose pas grand chose d’autre, à part une invitation impossible à refuser pour sa seconde moitié. Les trois personnages les plus intéressants de l’histoire (Bill, Budd et Elle) arriveront enfin, ainsi qu’un style mêlant à la fois le genre de Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown et un côté visuel très fort comme le premier volet de Kill Bill nous offre. Seulement alors pourrons-nous prétendre – espérons-le – que toute l’attende a valu la peine. --RJ

 

Cote: B

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