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| JOY RIDE |
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| Cast: Steve Zahn, Paul Walker, Leelee Sobieski |
| Année:
2001 |
| Studio: 20th Century Fox |
| Longueur: 96 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Aussi évident que cela puisse paraître, c'est vraiment colossal de constater ce qu'un réalisateur peut changer à une production. Bien sûr, c'est lui qui supervise le tout. Mais les gens n'y songent guère, pensant qu'un scénario ou la présence d'un acteur uniquement peuvent suffir pour produire quelque chose de complètement solide. Le métier de réalisateur est sans contredis le plus difficile au cinéma, mais quand il est exercé de façon remarquable, on peut se constater un accomplissement vraiment spécial.
L'exemple le plus récent de cela est sans contredit le thriller Joy Ride (Virée d'Enfer en v.f.). Mettez le script entre les mains d'un jeune cinéaste immature, et on risque de se ramasser, spécialement avec la distribution (Steve Zahn, Paul Walker, Leelee Sobieski) avec une autre catastrophe pour adolescents stupides. Et pourtant, Joy Ride est, au contraire, l'un des meilleurs suspenses de 2001.
John Dahl, le maître derrière The Last Seduction et Rounders, a réalisé le film, et on peut sentir tout ce qui fait l'essence d'un vrai cinéaste. Dahl part de la simple histoire de deux frères (Walker et Zahn) se retrouvant avec un chauffeur de camion psychopathe à leurs trousses après s'être moqué de lui avec l'émetteur radio de leur voiture, et construit un jeu du chat et de la souris incroyablement enlevant. Dahl bâtit un état d'excitation constant, et ce dès le générique du début, et ne fait qu'augmenter d'un cran au fur et à mesure. Au commencement, on est introduit aux deux héros, ainsi qu'à la fille qu'ils vont aller chercher en automobile (Sobieski), et comparativement à tant de films pour ados, ces trois jeunes nous intéressent. Walker parvient à être solide, alors que Zahn parvient à effectuer avec brillot à plusieurs reprises une transition soudaine entre un simple farceur et un gars terrifié courant pour sa peau. Ils forment ensemble un duo crédible et complémentaire, et on se sent immédiatement embarqués dans le récit.
Puis s'en viennent les ennuis. En voyant les publicités de Joy Ride avant sa sortie, je craignais que la voix grave du chauffeur tentant de les effrayer ne serait qu'un des nombreux clichés du film. Je m'en faisais heureusement pour rien. On a confié le travail, dans la version originale anglaise, à l'acteur Ted Levine (le tueur en série Buffalo Bill dans The Silence of the Lambs), et le choix est judicieux. La voix de "Rusty Nail" (il se nomme ainsi) s'avère d'abord envoûtante (je n'exagère pas), puis ultimement fort stressante. Tout ce qui ne constituait à l'origine qu'une simple plaisanterie devient vite (autant pour les personnages que pour l'audience) un intense cauchemar. Et intense est le mot. Duel de Steven Spielberg paraît banal en comparaison à certains égards.
Dahl ne comprend pas uniquement ce que signifie la tension au cinéma; il nous la fait ressentir de façon ininterrompue. Les scènes terrifiantes s'enchaînent (entre autres une saisissante alors que les trois jeunes se voient pourchassés par l'énorme camion dans un gigantesque champ la nuit), et ils nous mènent à une confrontation finale mémorable. Le dernier quart d'heure de Joy Ride nous fait produire assez d'adrénaline pour nous garder éveillés pour 48 heures! Bien sûr, on pourrait douter de la plausibilité de certains événements (on conçoit mal comment Rusty Nail pourrait être capable d'être toujours à l'affût de ce qui se passe), mais en bout de compte ça a très peu d'importance. La grande majorité du film est crédible, et plus que tout, complètement absorbante.
Finalement, Joy Ride est aussi rassurant qu'inquiétant. D'un côté, le film nous montre magistralement que le temps des bons vieux thrillers est loin d'être terminé à Hollywood. D'un autre, il nous fait craindre que nos routes ne sont peut-être pas toujours des plus sécures, et peuvent être le foyer de conducteurs très, très dangereux... --RJ
Cote: A-
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