IRIS
Cast: Judi Dench, Jim Broadbent, Kate Winslet, Hugh Bonneville
Année: 2001
Studio: Miramax
Longueur: 90 minutes
Classé Général

C'est dur de demander à deux vedettes de générations différentes d'incarner le même personnage sur une longue période de temps dans le même film. La tâche s'avère d'autant plus ardue lorsque le personnage en question a déjà existé. Et c'est pourtant ce que Judi Dench et Kate Winslet ont accepté de faire, unissant leurs efforts afin de transporter à l'écran la vie d'une des plus grandes romancières de notre époque, Iris Murdoch, dans la biographie simplement intitulée Iris (Poèmes pour Iris en v.f.).

Comme résultat, Winslet et Dench ont toutes deux été nominées aux Oscars, et leur co-vedette Jim Broadbent, jouant le mari de la héroïne, a râflé le trophée du Meilleur Acteur de Soutien. Iris est effectivement trèes bien joué, mais cela s'avère à peine suffisant par rapport au sujet majeur dont le film traite: la terrible maladie d'Alzheimer. Iris Murdoch en est morte à la fin des années '90, laissant dans le deuil son compagnon de toujours, John Bailey (Hugh Bonneville à un plus jeune âge, Broadbent plus tard), et le film préfère s'attarder à sa chute plutôt qu'à sa carrière.

Personnellement, ce choix, des scénaristes Richard Eyre et Charles Wood, me ne pose pas de problèmes. Je ne fais pas partie de ceux reprochant au script de ne pas aborder la partie de la vie pour laquelle Iris sera immortalisée (c'est à dire la création de ses livres); je comprends que la maladie dont elle a été atteinte mérite facilement assez d'attention pour un long-métrage entier. Seulement, Iris se limite à une courte durée d'à peine une heure et demie, et ne parvient jamais vraiment à créer un rythme consistent, malgré les émotions souvent intenses vécues par les protagonistes. Tout au long de ces 90 minutes, le film se fait une véritable suite de vas-et-viens entre le présent et le passé, la plupart s'avérant plutôt mal faits.

En fait, le scénario d'Iris est à la base mal conçu. Les films tentant de mêler flashbacks et action présente avec autant de régularité doivent obligatoirement savoir avec précision et justesse comment établir ces coupures. Ce n'est cependant pas le cas ici. Le scénario ne cesse de retourner en arrière, et ce souvent inutilement, déchirant des scènes cruciales entre Dench et Broadbent. On comprend la motivation d'Eyre de vouloir retourner à la racine de la relation se trouvant à la base de l'histoire afin de montrer l'impact encore plus dramatique du déclin d'Iris, mais il en abuse beaucoup trop. Cela fait que certains moments, autrement montés, qui auraient eu le potentiel de nous mettre les yeux dans l'eau, nous semblent interposées et même à la limite sans grande importance.

Que les flashbacks réussissent tout de même à apporter quelque chose au récit est tout au mérite de Kate Winslet. La jeune et talentueuse actrice anglaise capture tout le flot de liberté et d'insouscience qui faisait auparavant vivre Iris. Ce n'est certes pas le rôle le plus complexe ou le plus complet que Winslet aie joué dans sa carrière versatile, mais ça ne l'empêche pas de tirer son épingle du jeu une fois de plus. Dench et Broadbent sont également efficaces (et possèdent une chimie surprenante ensemble), même si j'éprouve de la difficulté à comprendre comment Broadbent a pu battre tous ses compétiteurs aux Golden Globes et aux Oscars pour sa prestation. Hugh Bonneville, complétant le quatuor, fait bien paraître les directeurs de casting du film, interprétant Bailey de la même façon que Broadbent, en plus de lui ressembler énormément physiquement.

Iris présente la vie d'une femme ayant accompli de grandes choses sous un angle la montrant à son plus vulnérable. Du même coup, le film nous fait constater des pouvoirs ravageurs qu'a ce fléau toujours sans moyen de le contrer. C'est seulement fort dommage que le film nous le fasse constater, sans vraiment nous le faire vivre. --RJ

 

Cote: B-

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