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| UNBREAKABLE |
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| Cast: Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright-Penn |
| Année:
2000 |
| Studio: Touchstone |
| Longueur: 108 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux Jeunes enfants |
La réplique "I See Dead People" sortant de la petite bouche terrifiée de Haley Joel Osment n'a pas pris de temps à faire le tour du monde l'an dernier, rendant "The Sixth Sense" le thriller surnaturel le plus populaire de l'histoire, et transformant soudainement son auteur/réalisateur M. Night Shyamalan en vrai génie et jeune prodige. Et pour cause. Pas besoin de dire que Shyamalan, recevant pour son succès aussi phénoménal qu'inattendu deux nominations à lui-seul aux Oscars, possédait le feu vert pour son prochain long-métrage. Ce dernier s'avère à être "Unbreakable" ("L'Indestructible" en v.f.), touchant encore au fantastique, et mettant en vedette une fois de plus Bruce Willis, une quinzaine de mois après le film qui a donné un nouveau souffle à sa carrière.
Willis interprète ici le rôle de David Dunn, un homme à l'apparence ordinaire, mais semblant également posséder un don extraordinaire: celui de se faire indestructible, surtout après qu'il constitue le seul survivant d'un accident de train ayant causé des centaines de morts...et qu'il n'affiche pas la moindre petite égratignure. La rencontre que David fait avec Elijah Price (Samuel L.Jackson, faisant équipe sa co-vedette pour la première fois depuis "Die Hard: With A Vengeance") n'a rien pour le rassurer, au contraire. Elijah, une sorte d'enfant de porcelaine à l'âge adulte et au corps de grandeur normale, tente en effet de montrer à David qu'il est en fait immunisé en quelque sorte contre tout virus ou blessure, à l'opposé de lui. Et le récit entier d'"Unbreakable" tourne autour de ce mystère.
Ce récit, justement, aussi signé M. Night Shyamalan, comme la production et la réalisation du film, semble aimer tourner en rond. Shyamalan construit avec tout le talent qu'il possède, surtout derrière la caméra ici, un "build-up" autour du pouvoir de son héros, nous donnant minute après minute hâte à ce que l'on découvre où tout cela va mener. On découvre bien des minutes plus tard que ça sert plus à nous offrir un gros "twist" comme "The Sixth Sense" dans les derniers moments, rien d'autre. Ironiquement, la majorité du plaisir que le spectateur possède à visionner "Unbreakable" réside dans l'attente impatiente d'indices, d'actions, de révélations dans le scénario, alors qu'il est totalement rivé à l'écran grâce à la touche superbe de Shyamalan à la réalisation. Ce n'est donc qu'assez tard dans le film que ce même spectateur commence vraiment à se tanner des manques du film. Et quelques instants plus tard survient ce gros punch qui nous fait littéralement tomber en bas de notre siège par sa surprise. Puis, comme Shyamalan tient l'audience dans ses câbles, il ruine bien des choses avec une finale atrocement ratée.
Cette fin donne-t-elle une fausse impression? Non, car "Unbreakable" constitue un produit bien inférieur à ce qu'il est vraiment. Les audiences l'aimeront probablement fortement surtout parce que ça accroche presque d'un bout à l'autre et que les deux stars donnent leur meilleur. Mais en réalité, le script possède sa dose de trous et de points faibles (à mon grand étonnement, je dois l'avouer), dont le plus important, celui du personnage de Robin Wright-Penn, qui incarne la femme mal-aimée de David et les scènes où elle évolue. Puis, quand on y repense, quelques segements ne font pas toujours preuve du plus grand sens, dont les cinq dernières minutes. Somme toute, "Unbreakable" divertit sans le moindre doute, et constitue une production réussie. Mais pour tous ceux (et ils sont nombreux!) qu'ils attendaient un deuxième film consécutif de la trempe de "The Sixth Sense", il faudra vraisemblablement attendre... --RJ
Cote: B
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