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| HOCHELAGA |
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| Cast: Dominic Darceuil, David Boutin, Michelle Charette, Deano Clavet, Ronald Houle, Patrick Peuvion
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| Année:
2000 |
| Studio: Lions Gate |
| Longueur: 127 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence, langage vulgaire |
Avoir les couilles et le talent de traiter d'un sujet d'actualité chaud comme celui des motards avec une précision juste et crédible, ça peut considérer presque un petit exploit en soi. Déjà pour ça, le scénarise/réalisateur Québécois Michel Jetté m'impressionne personnellement beaucoup. Jetté se sert du quartier Hochelaga (d'où vient évidemment le titre) pour parler des motards, de leur vie, spécialement de leurs guerres puisque c'est la "mode" depuis quelques temps. Pour se faire, il suit la vie d'un jeune homme déliquant nommé Marc (David Darceuil) qui sombre peu à peu dans une puissant gang de motards, les "Dark Souls".
Une des choses que je déteste clairement le plus dans le showbizz québécois est la peur apparente d'essayer de trouver et faire ressortir du nouveau monde, de nouveaux visages. On n'a qu'à regarder aux téléromans québécois: ils sont composés d'acteurs qu'on peut pratiquement voir dans trois émissions par soir chacun. J'exagère peut-être, mais il reste que c'est un problème tout aussi présent au cinéma québécois. Et bien Hochelaga m'a plû tout de suite pour risquer enfin d'employer justement de nouveaux gens, ce qui donne inévitablement une sorte de nouveau souffle soudain. Le réalisateur réussit en plus à obtenir de la grande majorité d'entre eux, dont l'acteur principal David Darceuil, de très performances. Oui, Darceuil a ses failles ici et là, mais c'est normal et je ne peux le blâmer pour cela: il commence avec un rôle sur certains aspects difficile. Jetté gagne aussi des points pour faire de Hochelaga un film auquel on croit fermement dans son ensemble. C'est vraiment, vraiment crédible, et ce presque d'un bout à l'autre dans son récit, et le cinéaste prouve sans le moindre doute qu'il connaît à fond ce qu'il filme.
Ici s'arrête malheureusement les éloges majeures à Hochelaga. Car malgré tout ce que Jetté réussit à faire, son film n'est pas une réussite. Loin d'un échec lamentable, mais aussi très loin de l'excellence. Et le pire est que ça crève la plupart du temps les yeux tellement c'est évident. Pour commencer, prenons le héros du récit. Je viens de féliciter Darceuil pour sa présence, mais il reste que son personnage ne constitue pas le genre de héros auquel (et en lequel) on peut croire (il est d'ailleurs l'un des rares éléments souvent ridicules). Comment un gars de ce genre, se tapant intensément boisson, fortes drogues et tension, entre autres, en plus bien sûr d'une vie criminalisée, réussit à toujours se présenter en forme, bien rasé, sans gros signes de problèmes apparents?!? Bien sûr, il vit son "bad-trip" à l'acide, et on peut y assister dans le détail. Dommage, car c'est un bel échec, en plus d'être beaucoup trop long. Mais à part ça, il ne semble aucunement réellement affecté par sa vie ressemblant souvent plus à l'enfer qu'autre chose! Je veux bien croire qu'il a grandi dans un milieu dûr, mais les limites existent. Et lorsqu'on chercher à produire un document réaliste, des choses comme celle-ci (et certaines autres) ne passent tout simplement pas. Et lorsqu'en plus on réalise que le gars nous servant de héros se trouve comique en répondant à un homme lui disant qu'il est surnommé "Popaye", "Mange-tu des épinards?", on a déjà de la misère à le prendre sous notre aile.
Et ici aussi est justement l'un des autres flagrants trous de Hochelaga: on nous présente bien des personnages. Les motards, on y croit, je l'ai déjà dit. Mais comment développer le moindre véritable intérêt pour eux ou le héros??? Ce n'est pas que l'on ne peut pas avoir un anti-héros dans une réussite: les exemples récents se font abondants, American Psycho étant le plus éloquant. S'ajoute à ça l'incapacité fatiguante de Jetté de créer une quantité de tension comme il le devrait (il semble clairement croire que la violence est un automatique synonyme de tension). Tout cela fait qu'on y croit, mais on ne s'y attache pas; il n'y a pas de raisons valables pour qu'on le fasse puisque regarder les nouvelles fait à peu près la même chose.
Puis c'est long. Ou du moins, ça semble long, à cause du manque évident d'énergie réussie (et de tension), de longueurs, et du scénario ayant une base déjà utilisée des dizaines et des dizaines de fois: le jeune se lançant dans un univers qui le captive d'une certaine façon et dont il ne peut sortir lorsqu'il le faudrait. Non, je ne prétendrai pas que je conaissais à l'avance les moindres détails du script de Hochelaga et de son développement, mais il reste qu'il m'apparaissait évident où tout ce bordel se dirigeait, c'était inévitable. Le film se croit bien brillant à sa conclusion se voulant surprenante et "noire", mais elle reste carrément "flat". Pour une production québécoise, Hochelaga se place au-dessus de la moyenne, je l'avoue; mais pour un film comme un autre, c'est justement malheureusement bien "flat". --RJ
Cote: C
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