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| HEIST |
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| Cast: Gene Hackman, Delroy Lindo, Danny Devito, Rebecca Pidgeon, Sam Rockwell, Ricky Jay |
| Année:
2001 |
| Studio: Warner Bros. |
| Longueur: 107 minutes |
| Classé 13 ans+ |
Ça prenait vraiment un cinéaste comme David Mamet pour fabriquer un suspense policier comme Heist (Le Vol en v.f.) en ce 21ème siècle. Les toutes premières secondes illustrent le logo du studio, Warner Brothers, en noir et blanc comme dans les années '50, et déjà on sait un peu à quoi s'attendre. Du point de vue technique seulement, car la force du film réside justement dans l'imprévisibilité de ses dénouements.
Il n'y a pas un seul vol en question, mais plusieurs. Heist débute justement par un, alors qu'une équipe de criminels d'expérience menée par Joe Moore (Gene Hackman) et composée de sa jeune femme Fran (Rebecca Pidgeon) et de leurs partenaires Bobby (Delroy Lindo) et Pinky (Ricky Jay) dérobe une bijouterie de manière plutôt impressionnante. Le coup fonctionne, sauf qu'un problème imminent survient: leur "acheteur" (Danny Devito) ne veut pas les payer s'ils n'acceptent pas un autre contrat, encore plus hardu, consistant à voler de l'or venant d'un avion suisse. Trahisons et revirements s'en suivent jusqu'à la toute fin.
Personne sain d'esprit peut possiblement reprocher à David Mamet d'écrire mal. Il constitue possiblement le meilleur auteur de l'histoire grand écran, et il le prouve une fois de plus ici. Bien que quelques situations se fassent implausibles après avoir connu la fin (certains segments de la relation Rebecca Pidgeon-Sam Rockwell notamment), il nous surprend plus d'une fois par les tournures de son scénario. De plus, son dialogue s'avère tout aussi efficace et original que dans ses meilleurs efforts précédents. Plus d'un monologue méritent de retenir notre attention, dont un magnifiquement songé prononcé par Rockwell sur l'importance de la bible pour un homme qui a failli échappé à la mort. Ou plusieurs autres par Devito, comme "Tout le monde a besoin de pognon. C'est pour ça qu'on appelle ça 'pognon'".
Mais c'est au niveau de la réalisation que Mamet affiche avec Heist une compréhension du medium qu'il ne semblait pas toujours posséder dans le passé. Sa comédie de 2000 State and Main ne possédait pas la moindre espèce d'identité visuelle ou de rythme malgré sa qualité d'écriture. Dans Heist, par contre, il monte un tempo rapide et aggrippant, en plus de donner un style très particulier et "old-fashionned". Cela s'observe très bien dans la fusillade vers la fin où, au lieu d'y aller d'impressionnantes cascades et trucs spéciaux, il met en scène une dizaine d'hommes semblant pratiquement mal à l'aise à utiliser des armes à feu, comme dans la vraie vie. La séquence, tout comme le reste de Heist, n'a rien de trop spectaculaire, et pourtant, aussi tout comme le reste de Heist, elle retient notre intérêt par son authencité trop souvent perdue dans le mauvais cinéma commercial. --RJ
Cote: B+
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