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| HEAD OF STATE |
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| Cast: Chris Rock, Bernie Mac, Dylan Baker, Nick Searcy, Lynn Whitfield |
| Année:
2003 |
| Studio: Dreamworks |
| Longueur: 95 minutes |
| Classé Général |
Chris Rock figure depuis des années comme l'une des voix les plus fortes et les plus entendues de la population afro-américaine. À travers quelques uns de ses films et, plus particulièrement, la plupart de ses monologues en tant qu'humoriste, il n'a pas manqué d'afficher ses nombreuses vues sur la société qui nous entoure. Il se sert de Head of State (Chef de l'État en v.f.) pour marquer ses débuts en tant que réalisateur, et rien n'est bien surprenant en lisant le synopsis. Qu'est-ce qui aurait davantage plû à Rock que l'histoire d'un Noir présentant sa candidature comme Président des États-Unis d'Amérique?
Le Noir en question s'appelle Mays Gilliam (et est aussi joué par Rock) et est choisi presque aléatoirement par le Parti Démocrate lorsque le sénateur qui était originalement candidat meurt dans un accident d'avion. En fait, aléatoirement n'est pas tout à fait exact. La stratégie est la suivante: choisir un membre d'une minorité ethnique qui n'a pas de chance de gagner les prochaines élections, mais qui attirera au parti la sympathie et les votes de toutes les minorités ethniques aux élections quatre ans plus tard. Ce que personne ne voit venir, évidemment (à part peut-être l'audience), c'est la popularité que Mays va parvenir à récolter petit à petit, pour ainsi livrer une chaude lutte à l'autre candidat, le Républicain Brian Lewis (Nick Searcy), largement favori à l'origine.
Head of State n'est pas une grande comédie car Rock ne semble jamais pleinement exploiter le potentiel extraordinaire de son idée de base fort ingénieuse. Même lorsqu'il conçoit des scènes originales, comme par exemple une à une soirée politique prestigieuse où Mays commence à rapper devant les plus importants politiciens et autres gens des relations publiques, on reste avec l'impression que Rock est capable d'aller beaucoup plus loin. Et qu'il devrait le faire. Le scénario ne semble jamais trop sûr de lui-même lorsqu'il tente d'introduire le frère de Mays, Mitch (Bernie Mac), pour l'aider dans sa campagne. Mac a quelques bons moments et quelques répliques comiques, mais il ne sert en bout de ligne pas vraiment à l'histoire.
Head of State demeure par contre un film majoritairement réussi parce qu'il utilise sa base loufoque pour exposer de vraies situations. Certaines de façon purement humoristique, notamment l'amusante caricature de George W. Bush dans le discours de Lewis: "God Bless America - And no place else". Certaines un peu plus sérieusement, sans jamais trop se prendre au sérieux, comme lorsque Rock prononce un discours sur tout ce qui ne tourne pas rond en Amérique: "Les écoles sont équipées de détecteurs de métal tout neufs, et de manuels scolaires vieux de vingt ans". C'est à ces moments précis, quand Rock fait ce qu'il fait de mieux - faire rire l'audience au même moment où il la fait réfléchir - que Head of State se fait à la hauteur. Dans les faits, même les plus optimistes des progressistes admettront que l'Amérique est prête à avoir un Président Noir; c'est déjà un début que certains puissent l'envisager au grand écran. --RJ
Cote: B-
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