HAPPINESS
Cast: Jane Adams, Cynthia Stevenson, Dylan Baker, Philip Seymour Hoffman, Lara Flynn Boyle
Année: 1998
Studio: Trimark
Longueur: 140 minutes
Classé 13 ans+

Un film comme Happiness (v.o. anglaise seulement) ne sera probablement pas vu par beaucoup de gens, mais ceux qui le verront ne risquent pas de l'oublier vite. Non pas par sa qualité mémorable - c'est tout de même un très bon film - mais par le dérangement qu'il risque d'entraîner à coup sûr.

Ce film porte sur les relations plutôt difficiles des familles de trois soeurs de classe moyenne du New Jersey. La première, Joy Jordan (Jane Adams) se trouve terriblement seule et ennuyé; elle se fait si triste dans la vie qu'elle en pleure sans raison apparente. La seconde, Helen (Lara Flynn Boyle), est une écrivaine sexy à qui l'amour ne sourit pas simplement parce qu'elle ne considère pas les hommes s'intéressants à elle assez bons, à son "niveau". Puis la troisième, qui semble mener l'existence la plus normale, est mariée à un psychiatre, Bill (Dylan Baker), et a un petit garçon de 11 ans, Timmy (Justin Elvin). Bill a, parmi ses patients, un perdant solitaire et misérable (Philip Seymour Hoffman), qui lui fantasme justement sur Helen. Mais il y a plus à tout cela, et sans rien dévoiler, disons que ce qui paraissait drôle au début pour plusieurs de ces personnages vire au vinaigre.

Et c'est dans cette transition de l'humour au drame où Happiness montre son ambition. Par exemple, j'ai ri aux éclats en voyant Bill se masturber à l'arrière de sa voiture en feuilletant un magazine d'ados. De l'humour noir, oui, mais, ne serait-ce qu'à cause de l'expression faciale géniale de Baker, efficace. Sauf que mon sentiment s'est vite transformé en apprenant ce que ce même Bill faisait lorsqu'il désirait passer aux actes au lieu de regarder. Cette révélation demande à un cinéaste, dans ce cas Todd Solondz, du courage et de l'audace. Mais également un talent spécial. Solondz possède les deux premières qualités à volonté, mais la troisième seulement à moitié. C'est à dire que l'on peut admirer les confessions pour le moins inhabituelles d'un homme à son fils sur ses tendances sexuelles sans, pour autant en être ému, comme un meilleur réalisateur serait capable de faire.

Cela étant dit, Soldonz aurait dû mette le scénario qu'il a également écrit dans les mains d'un metteur en scène à la vision plus grande, comme par exemple Sam Mendes, le génie derrière American Beauty. Donnez le script de Happiness à quelqu'un comme Mendes, et Happiness fait assurément mon Top 10 de l'année. Mais comme c'est là, les problèmes de rythme et de lacunes techniques n'en font que deux heures de cinéma aux idées dérangeantes mais au contenu peu attrayant. --RJ

 

Cote: B

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