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| FINDING FORRESTER |
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| Cast: Sean Connery, Rob Brown, Anna Paquin, F. Murray Abraham, Busta Rhymes |
| Année:
2000 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 136 minutes |
| Classé Général |
Après avoir goûté amplement à la gloire il y a trois ans, le cinéaste Gun Van Sant a reçu malgré lui sa part assez considérable de reproches et de critiques directes à son endroit. En '98, un an après le succès gigantesque de Good Will Hunting qui lui avait amené argent et une nomination aux Oscars, Van Sant s'est fait attaqué de toutes parts pour avoir réalisé un remake plan pour plan de Psycho, le classique d'Alfred Hitchcock. Puis, cette année, Van Sant a vu son plus récent film, Finding Forrester (À la Rencontre de Forrester en v.f.), se faire traiter de copie pâle et décevante de sa production de 1997. Et pour cause.
Finding Forrester ne s'avère certes pas mauvais. Ni même proche. Je recommande même le film, malgré le fait que je ne peux m'empêcher de me demander à l'intérieur pourquoi Van Sant a voulu refaire pratiquement la même histoire de base à si courte intervalle. Cette histoire, tout comme dans Good Will Hunting, est celle d'un jeune homme perdu issu d'un milieu difficile mais possédant un potentiel extraordinaire et qui, afin de réussir sa vie prometteuse, fait la rencontre progressive d'un être plus âgé, plus mature, et de bonne nature. Mais on a pas droit à Matt Damon et Robin Williams dans les deux rôles respectifs, mais plutôt au nouveau-venu Rob Brown et au vétéran Sean Connery.
Connery interprète avec subtilité William Forrester, un écrivain écossais qui, émigré aux États-Unis à un jeune âge, a remporté le prix Pullitzer de littérature...avant de s'enfermer définitivement dans un petit appartement en plein milieu du Bronx à New York. La "rencontre" à l'origine du titre est celle de Forrester avec Jamal Wallace (Brown), un adolescent noir de 16 ans du Bronx possédant des talents exceptionnels, spécialement au basketball et en littérature. À un tel point que Jamal est recruté pour aller étudier gratuitement à un institut privé riche, où il fera face à bon nombre d'embûches, les plus importantes par rapport à son écriture extraordinaire, qu'un professeur de l'école (F. Murray Abraham). Jamal fera cependant en cours de route connaissance de Forrester, et leurs deux existences seront à jamais changées.
Pas les notres par contre. Le film résonne rarement vraiment faux, mais il le fait tout aussi rarement vrai. Finding Forrester semble dénué d'énergie, d'intensité, et particulièrement d'identité. Et Gus Van Sant en est grandement responsable. Même si le scénario à partir duquel il doit oeuvrer n'a rien de trop exceptionnel, Van Sant réalise de façon plus que banale, ne laissant jamais ses acteurs et les situations dans lesquelles ils évoluent prendre suffisamment d'ampleur, entre autres au plan émotif. Finding Forrester est une belle histoire, mais le film réussit guère à nous émouvoir comme Good Will Hunting ou Scent of a Woman (un autre film ressemblant à Forrester) le faisaient si spécialement. Les deux acteurs principaux se font plus que convenables. Connery, bien que loin de spectaculaire comme jadis, donne une une sagesse et une substance propre à son personnage, tout comme Brown démontre un mélange de fougue et de naturel inespéré.
En bout de compte, je fais partie du groupe de cinéphiles et de critiques en voulant à certains niveaux à Gus Van Sant. Il constitue un artiste talentueux, mais tout comme les deux héros de Finding Forrester, il semble attendre un miracle pour qu'il soit pleinement productif à long terme. --RJ
Cote: B-
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