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| DONNIE DARKO |
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| Cast: Jake Gillenhal, Jena Malone, James Duval, Holmes Osborne, Drew Barrymore, Katharine Ross
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| Année:
2001 |
| Studio: Newmarket |
| Longueur: 112 minutes |
| Classé 13 ans+ |
Certains films nous marquent par leur différence. Leur différence à la moyenne, aux normes, à ce que l'on a l'habitude de voir régulièrement au grand écran. Quelques jeunes cinéastes ont fait leur nom grâce à un seul coup de tête génial, comme Spike Jonze avec Being John Malkovich. D'autres, comme le nouveau-venu Richard Kelly, veulent à tout prix créer une oeuvre spéciale, et ce en ignorant que ce qu'ils ont entre les mains n'a rien de particulièrement intéressant. Donnie Darko (même titre en v.f.) marque le début de Kelly, mais n'a en soit rien de trop marquant.
Donnie Darko tente pourtant le tout pour le tout afin de se faire remarquer par son "originalité": le héros (Jake Gillenhal), dont le nom a inspiré le titre du film, est guidé lors d'hallucinations régulières par...un lapin géant. Donnie, un adolescent pour le moins confus, commet des actes incompréhensibles, et ce pour des raisons encore plus incompréhensibles. Le monde l'entourant le prend pour un cas spécial. Il se sent isolé dans sa famille, et consulte une psychologue (Katharine Ross) qui semble perdre confiance en son patient à mesure que le temps avance. Dans tout cela se mêlent une relation amoureuse avec une consoeur de classe (Jena Malone), la philosophie de voyager dans le temps et l'annoncement de la fin du monde, supposée arriver d'ici un mois.
Je dois l'admettre, je n'avais jamais vu un tel lapin au cinéma avant Donnie Darko, mais ça n'en fait pas une idée géniale seulement parce qu'elle est nouvelle. La même chose peut être dite du scénario. Kelly, qui a aussi écrit le script, veut tisser un nombre de pistes différentes bien trop grandes que, même si elles possèdent de la créativité, nous perdent à la longue. À qui doit-on s'attacher? À Donnie, qui se masturbe sans la moindre gêne devant sa psy et traite son environnement comme des déchets? À quoi dont-on s'intéresser? À une multitude de trames divergentes s'unifiant uniquement à la fin dans un brouhaha de confusion? Et comment sommes-nous sensés nous accrocher à un récit qui commet le péché de ne pas savoir comment couper les longueurs? On aurait tous pu se passer des segments avec Patrick Swayze (dans le rôle d'un promoteur de la santé physique et mentale), qui n'apportent rien d'intéressant et nous font regarder notre montre plus souvent qu'autrement.
Malgré tout cela, Donnie Darko parvient, souvent in-extremis, à garder notre intérêt assez pour vouloir savoir comment le conte va se terminer. Certains moments, surtout lorsque le film n'essaye pas de plonger dans le surnaturel, offrent un beau réalisme humain oublié dans trop de productions. La relation entre Gillenhal et Malone respire l'authenticité de l'amour juvénile et nous sert un moment simplement magnifique lorsque les deux s'embrassent pour la première fois à la sortie de l'école un après-midi. Kelly réussit à piquer notre curiosité, et cela constitue un accomplissement louable, spécialement avec une intrigue aussi distante. Son oeuvre n'a pas assez d'air pour vivre pleinement tout le temps de sa durée qui approche deux heures, mais assez pour nous donner hâte à son second film. --RJ
Cote: B-
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