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| THE DEEP END |
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| Cast: Tilda Swinton, Goran Visnjic, Jonathan Tucker, Peter Donat, Josh Lucas |
| Année:
2001 |
| Studio: 20th Century Fox |
| Longueur: 100 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
Personne au monde n'ayant pas donné naissance à un enfant ne peut savoir ce que signifie et implique vraiment le fait d'être mère. La mère, peu importe son origine, sa nationalité ou ses valeurs, possède des instincts distincts à elle, dont spécialement la protection de ses petits. The Deep End (Bleu Profond en v.f.), basé sur le roman d'Elisabeth Sanxsay Holding, explore ce que cet instinct peut pousser à faire dans des circonstances particulières.
Ces circonstances sont en fait la mort d'un homme (Josh Lucas) que Margaret Hall (Tilda Swinton), une mère de famille tout à fait ordinaire jusque là, tente de cacher, craignant que son fils Beau (Jonathan Tucker) ne soit impliqué dans l'affaire. C'est qu'en fait Beau semblait entretenir une relation homosexuelle qui tournait au vinaigre avec cet homme et que le décès de ce dernier aurait pu paraître plutôt louche. Ce que Margaret ne pouvait prévoir, c'est qu'une paire de criminels la menace de montrer un vidéo pouvant incriminer Beau si elle ne leur donne pas 50 000$ en l'espace de deux jours. C'est avec Alek Spera (Goran Visjnic, de la série télévisée ER) qu'elle opère, un sale arnaqueur qui commence à changer en la rencontrant, allant jusqu'à l'aider à s'en sortir aux dépends de son associé (Raymond J. Barry). The Deep End montre donc non seulement jusqu'où une mère peut aller pour ses enfants, mais également ce que la découverte de l'amour peut entraîner comme réforme personnelle.
Voilà là deux thèmes importants et riches. Mais ils nous sont présentés dans The Deep End avec souvent trop peu de conviction pour nous émouvoir ou nous marquer. Le film a été co-réalisé - une rareté au cinéma - par Scott McGehee et David Siegel, et on peut voir que l'union de deux esprits pour créer une même vision est difficile à créer efficacement. En effet, The Deep End tente de plonger à la fois dans la tragédie familiale, le mélodrame romantique et le suspense policier. Avec un scénario plus serré ou un cinéaste ayant plus de cordes à son arc, ça aurait pu fonctionner extrêmement bien et couler comme un récit riche et passionnant. Ce n'est pas le cas de The Deep End. La relation mère-fils avec laquelle débute l'histoire est présentée de façon réaliste et très crédible. Alors que le film pourrait continuer sur cette voie, on nous balance l'arrivée du criminel, sorti de nulle part. Puis on assiste à la formation du lien entre ce dernier et la héroïne. Je n'aurais pas eu de problèmes avec cette formule si tout avait glissé et c'était emboîté de façon habile dans le scénario, alors que ce n'est pas le cas ici. Chaque nouvel incident ou situation semble retarder le reste de l'histoire générale, donne l'impression de ralentir le rythme déjà trop lent.
Tout cela mène à un dernier quart d'heure se voulant enlevant mais qui, par le manque de talent des deux réalisateurs, nous est fort difficile à avaler. Quand le second criminel arrive dans le décor, on se demande si c'est normal qu'il aie l'air plus pathétique que menaçant. On comprend bien l'intention des cinéastes de présenter des "méchants" plus réels, plus proches de la "vraie" vie. Et le personnage de Visjnic fonctionne sur cette base. Mais son complice constitue un échec lamentable, qui rend le duel final simplement sans intérêt. Alors qu'on tente de s'attacher aux personnages et leurs relations, The Deep End s'avère rarement capable de vraiment créer des moments poignants et des situations aggrippantes.
C'est d'autant plus dommage car l'ensemble de la production est dans l'ensemble très solide. De la photographie soignée aux très bonnes performances (Swinton a été nominée aux Golden Globes pour la sienne), on constate qu'on a affaire à un film sérieux sur lequel on a travaillé fort. L'histoire, à la base, est prenante, et méritait d'être racontée. The Deep End mérite aussi d'être vu; on ne peut que regretter qu'un seul réalisateur davantage en contrôle de ses moyens n'aie pas eu l'occasion de le porter à l'écran auparavant. --RJ
Cote: B-
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