THE CURSE OF THE JADE SCORPION
Cast: Woody Allen, Helen Hunt, Dan Aykroyd, Charlize Theron
Année: 2001
Studio: Dreamworks
Longueur: 103 minutes
Classé Général

Voir Woody Allen à la conquête de femmes faisant la moitié de son âge ne revête rien de trop nouveau. Mais, dans sa nouvelle comédie, The Curse of the Jade Scorpion (Le Sortilège du Scorpion de Jade en v.f.), l'acte est passé de désuet à mortellement ennuyeux.

Il n'y a carrément pas d'intérêt dans ce petit film nous rappelant le milieu du vingtième siècle. Allen y tient le rôle principal, celui de CW Briggs, un enquêteur à New York en 1940 qui devient lui-même suspect principal après qu'un arnaqueur lui ait jeté un sort - ainsi qu'à sa partenaire de travail (Helen Hunt) - et soit parvenu à le faire voler des bijoux en l'hypnotisant. Bien sûr, se trouvant dans un film de Woody Allen, on a droit aux engueulades aussi inévitables qu'artificielles entre les deux personnages principaux qui se voient évidemment suivies de leur tolérance progressive l'un envers l'autre. Bien sûr, Woody est innocent, et il pourra démontrer avec toutes ses manières et sa perspicacité qu'il s'agit d'un coup monté, pour ensuite se sauver avec la femme de ses rêves de 35 ans, qu'il réussit lui aussi pratiquement à hypnotiser grâce à tout son charme d'homme maigre et faible de 65 ans. Et bien sûr, non seulement on rit pas que l'on ne croit pas un seul instant à ce que l'on voit.

Certes, Allen s'avère capable de recréer les décors de la Grosse Pomme à cette époque - il l'a déjà assez fait dans sa carrière de toute façon - mais les actions s'y déroulant ne possèdent ni entrain, ni originalité, ni crédibilité. On peut tout prévoir à l'avance dans The Curse of the Jade Scorpion et, pire que cela, on s'en fiche éperdumment. Les personnages, spécialement celui d'Allen, ne sont en aucune façon intéressants ou méritants de voir une histoire construite autour d'eux. Et ils font preuve de si peu de naturel que ça en est par moments presque gênant pour des acteurs de ce calibre. Hunt, par exemple, a rarement paru aussi mal dans les récentes années que lorsqu'elle envoie une bêtise à CW quand ce dernier sort d'une pièce où elle se trouve (Allen répète ce même type de blague à plusieurs reprises dans le film, et pas seule fois parvient-il à nous soutirer le même sourire).

The Curse of the Jade Scorpion peut se vanter de posséder un point fort; et c'est un vrai de vrai: Charlize Theron. Campant une sorte de Veronica Lake de Manhattan, Theron fait plus que briller à l'écran; elle l'éclaire à elle-seule. Avec sa démarche féline, sa beauté vixenne, sa classe déconcertante et son élégance magistrale, elle nous séduit littéralement sans lever le petit doigt. Pour les quelques scènes où elle apparaît à l'écran, on peut se croire au paradis. Mais, évidemment, The Curse of the Jade Scorpion étant le film qu'il est, on ne laisse pas de place à Theron. Pas la place qu'elle mérite: celle de tête d'affiche. Tout comme dans une autre comédie récente à échec de Woody Allen, Celebrity, Theron vole la vedette à tout le monde, et se voit récompensée par un nombre d'apparitions se comptant sur les doigts de la main. On se fout totalement des bijoux volés dans le récit de The Curse of the Jade Scorpion; on ne peut toutefois rester indifférent devant le vol d'un bijou dont nous, le public, avons été victimes: Charlize Theron. --RJ

 

Cote: C-

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