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| THE COOLER |
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| Cast: William H. Macy, Maria Bello, Alec Baldwin, Ron Livingston, Shawn Hatosy, Estella Warren, Paul Sorvino, Joey Patone
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| Année:
2003 |
| Studio: Lions Gate |
| Longueur: 103 minutes |
| Classé 13 ans+ |
William H. Macy a bâti sa carrière en jouant des perdants, et ce à un point qu'en voyant son nom au générique d'un film, on peut pratiquement savoir sur-le-champ qu'au moins un des personnages du récit sera un raté. Mais Bernie Lootz, l'anti-héros qu'il campe dans The Cooler (v.o.ang. seulement) se situe dans une catégorie de perdants à part. Ce mec constitue le roi des perdants, et du même coup l'apogée de ce que Macy fait de mieux. Sa vie est un tel fiasco, en fait, qu'il est engagé par un patron de casino, Shelly Kaplow (Alec Baldwin) pour "refroidir" les tables qui deviennent trop chaudes. Dès qu'un client semble se mettre à gagner trop au goût du propriétaire, il fait signe à Bernie de se diriger vers sa table, et un instant, seulement par sa présence, la malchance s'installe et le type en question perd sa mise.
Si le concept a l'air de tenir de la superstition, Shelly, un maître des vieilles méthodes, y croit mordicus, et on peut difficilement le blâmer - Bernie fait le travail. Seulement, un jeune loup ambitieux (Ron Livingston) souffle dans le coup de Shelly, lui mettant de la pression pour modifier son casino et le "moderniser"; les choses se compliquent encore davantage lorsque Bernie s'éprend d'une serveuse (Maria Bello) et qu'avec cet amour inespéré, la malchance l'entourant commence à changer. Au coeur de The Cooler se trouve ainsi une histoire romantique aussi douce qu'improbable.
Pour rendre cette dernière moindrement crédible, le film a besoin d'acteurs nous faisant croire au-delà de simples carricatures irréalistes. Bernie a beau être un perdant aux proportions monumentales, Macy en fait tout de même un homme tridimensionnel à qui l'on croit et pour qui on éprouve presque autant de sympathie que de pitié, ce qui n'est pas peu dire compte tenu des circonstances. Son langage corporel parle autant que ses répliques, et Macy semble évidemment dans son élément ici. Il serait tout de fois agréable, après ceci, de le voir passer à autre chose, du moins pour un certain temps. Un comédien de son talent a assurément encore beaucoup plus à nous offrir.
Maria Bello et Alec Baldwin, tous deux déjà salués par de nombreuses associations de critiques et reconnus par plusieurs prix pour leur travail ici, épaulent Macy de façon remarquable. Il fait bon de voir Bello à nouveau, une étoile cachée que l'on a que trop peu vu depuis Payback, il y a déjà de cela près de cinq ans. Son rôle est possiblement le plus difficile à jouer des trois pour la simple et bonne raison qu'elle doit parvenir à nous faire croire qu'une fille comme elle pourrait réellement tomber amoureuse de quelqu'un comme Bernie. Son personnage pourrait simplement servir de pion, mais Bello y apporte une sincérité émotive convaincante. La cerise sur le sundae demeure toutefois Baldwin qui, après tant d'années de médiocrité et de films regrettables, revient en force. Le réalisateur Wayne Kraymer a dû faire preuve d'un certain courage pour confier ce rôle d'or à un vétéran en qui la plupart des gens ont perdu une bonne dose de leur confiance, et Baldwin ne lui fait pas regretter son choix ici, au contraire. Il fait preuve d'une intensité palpable, et apporte nuances et surprise à un homme que l'on croit simplement d'un côté après l'avoir vu pour deux minutes. Baldwin se verra presque assurément nominé aux Oscars pour sa prestation, et il y a dequoi: elle sort de l'ordinaire.
The Cooler suit une lignée d'excellents films indépendants en 2003. En mettant les priorités aux bons endroits - un concept intéressant, un scénario solide, un cast en pleine forme, et une réalisation confiante - on a droit à une autre production nous rafraîchissant par rapport aux stéréotypes régurgités de Hollywood. The Cooler est hot. --RJ
Cote: A-
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