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| CLOSER |
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| Cast: Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman, Clive Owen
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| Année:
2004 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 98 minutes |
| Classé 13 ans+ |
Je suis le premier à dire que le théâtre n'a pas sa place au grand écran, mais si se baser sur des pièces donnent plus de films comme Closer (Intime en v.f.), je serai également le premier à remettre en question ma position. Une production soignée, superbement réalisée, extraordinairement écrite et impeccablement interprétée, Closer constitue fort probablement le meilleur film que j'aie vu à date cette année.
Se centrant autour d'un quatuor de personnages aux aventures amoureuses et sexuelles tumultueuses, l'oeuvre de Mike Nichols, tirée de la pièce de Patrick Marber (qui a aussi signé le scénario), nous entraîne dans un monde clos et intime de mensonges et de revirements. Dan (Jude Law) fréquente Alice (Natalie Portman) jusqu'au jour où il fasse la rencontre d'Anna (Julia Roberts). Les deux partagent un baiser, et le reste de l'histoire s'en suit. Pour compliquer les choses entre rapidement dans le portrait Larry (Clive Owen), le nouveau copain d'Anna. Les quatre personnes semblent incapables de vraiment faire preuve d'honnêteté envers chacun, et s'enlisent dans une série de tromperies et de mauvaises surprises.
Closer fonctionne un peu comme une toile d'araignée. Le film nous capture presque immédiatement, puis nous mêle et nous entraîne de plus en plus, ne nous laissant jamais respirer, et ne nous disant jamais où on s'en va. Nichols a pris un scénario ne comportant concrètement que quatre personnages, aucune réelle action, et en a fait un drame franc, captivant et intense de près de deux heures. Parvenant à faire coller si brillamment les mots de Marber à l'écran sont les acteurs, offrant tous le meilleur de leurs capacités. Julia Roberts n'a pas fait grand chose qui vaille depuis avoir gagné l'Academy Award pour Erin Brockovich il y a quatre ans, mais elle livre ici une performance à plusieurs niveaux supérieure à celle oscarisée. Dit carrément, il fait grand bien de la voir finalement jouer autre chose que Julia Roberts. Jude Law, de son côté, apparaissant dans son quatrième film en moins de trois mois (et deux autres s'en viennent d'ici la fin de l'année!) nous fait voir quelquechose de nouveau chez lui: un côté lâche et mécontent mêlé d'une certaine vulnérabilité. Il a à jouer de loin le personnage le plus détestable du groupe, mais le fait de façon néanmoins prenante.
Les deux performances les plus mémorables du film viennent toutefois sans doute des deux acteurs les moins connus. Natalie Portman mérite une nomination aux Oscars pour sa peformance; elle mêle charme, sex-appeal, intelligence, force, faiblesse, manipulation et dévastation de façon renversante, et est aisément la plus touchante du lot. Clive Owen, dont le nom commence lentement mais sûrement à se faire plus entendre, s'avère également très bon, et capable de tenir son bout en campant un rôle complexe. Les deux longues scènes qu'il partage avec Portman figurent facilement parmi les meilleures du film - et ce n'est pas peu dire dans ce cas.
Voir un film comme Closer en 2004 réjouit autant qu'il frustre. D'un côté, il fait bon de voir finalement un film majeur méritant amplement son financement et sa publicité; d'un autre, on accepte mal le fait qu'un studio comme Columbia choisisse de n'en produire qu'un par année. Si la rareté fait la valeur, sautez sur ce film - il se distingue haut la main de la masse. --RJ
Cote: A
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