THE CIDER HOUSE RULES
Cast: Tobey Maguire, Charlize Theron, Delroy Lindo, Michael Caine, Paul Rudd, Erikah Baduh, Jane Alexander, Kathy Baker
Année: 1999
Studio: Miramax
Longueur: 125 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

Parmi les auteurs littéraires américains les plus chéris et les plus lus, John Irving constitue probablement l'un dont les oeuvres s'avèrent les plus hardues à adapter au grand écran. C'est probablement la raison principale expliquant mon admiration pour The Cider House Rules, le best-seller qu'Irving a décidé de transformer lui-même en scénario, et dont la version cinématographique a été réalisée avec brillot par le sudéois Lasse Hallström. Malgré les centaines de pages garnies de petits caractères, le scribe américain est parvenu à accomplir ce que tous les grands scénaristes adaptant d'autres oeuvres sont capables de faire: saisir judicieusement l'essentiel et conserver l'esprit et l'âme profonde du livre. The Cider House Rules fait tout cela, et avec un travail aussi colossal, il était difficile de produire un mauvais film.

La brillante équipe de casting a assemblée un lot d'acteurs faits sur mesure pour les rôles attachants du roman. Le principal, celui de Homer Wells, un orphelin ayant toujours grandi à St. Clouds, un orphelinat de la Nouvelle-Angleterre au milieu du 20ème Siècle, a été confié au jeune talent Tobey Maguire, qui signe ici une prestation subtile et touchante qui nous va directement au coeur. Le jeune acteur ne peut que s'attirer une brillante carrière s'il continue ainsi; les offres seront nombreuses pour lui, et pour cause. Homer a été élevé par l'excentrique mais combien affectueux Dr. Larch (Michael Caine), qui voit en lui un docteur depuis toujours. Cependant, Homer ne partage pas cette vision des choses et décide éventuellement de quitter sa demeure afin d'aller explorer lui-même le monde extérieur. Il le fait en partant avec un couple dans la vingtaine, composé de Wally (Paul Rudd) et de la magnifique Candy (Charlize Theron). À travers une relation amoureuse inévitable avec cette dernière et le travail à un verger avec un groupe de travailleurs Noirs, son trajet sinueux le mènera finalement à la découverte de son destin.

L'histoire à la base même de The Cider House Rules, autant au niveau littéraire que cinématographique, possède une qualité exceptionnelle que Hallström n'a fait qu'habilement accentué à l'écran: on semble découvrir le monde en même temps que son héros. Et ce héros, en plus, n'en n'est pas un, et c'est ce qui le rend si adorable. On ne peut tout simplement pas ne pas l'aimer, et il en est de même pour Larch. Maguire et Caine comprennent cela à perfection, et ils donnent à leurs personnages un humanisme saisissant pour lequel une personne de coeur ne peut rester indifférente. Charlize Theron, une véritable beauté vixienne, signe ici sa première excellente performance, alors qu'elle nous fait la désirer autant qu'Homer la veut. Le reste de la distribution entière livre également un travail uniformément remarquable.

Le seul point m'ayant vraiment dérangé dans The Cider House Rules concerne la longueur que le film prend pour relater des événements se passant avec le groupe de Noirs. Je trouve seulement dommage que l'on aie pas eu davantage droit à la relation entre Homer et Candy à certains moments. Mais vous savez, cela constitue un reproche bien mineur dans une oeuvre importante et extrêmement émouvante traitant parmi tant de choses, de deux sujets tabous majeurs: l'avortement et l'inceste. Le récit en parle avec maturité, passion et compréhension, en plus de nous donner à la base une mini-épique incroyablement attachante. --RJ

 

Cote: A-

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