CHARLIE'S ANGELS: FULL THROTTLE
Cast: Cameron Diaz, Drew Barrymore, Lucy Liu, Bernie Mac, Demi Moore, Justin Theroux, Matt Leblanc
Année: 2003
Studio: Columbia
Longueur: 104 minutes
Classé Général

Charlie's Angel's: Full Throttle (Charlie et ses Drôles de Dames se Déchaînent en v.f.) s'avère aussi vide, stupide, insipide et profondément inutile que son prédécesseur. Ce n'est pas peu dire.

Dans la catégorie des "blockbusters" les plus méprisables, cette franchise doit occuper une place de choix. Pourquoi donc? Après tout, ces films ne se prennent pas vraiment au sérieux et n'aspirent à rien d'autre que simplement divertir les gens par une belle soirée d'été. Peut-être. Cela n'a jamais constitué pour autant une raison pour produire un amas de bêtises si infecte. Non, les deux épisodes de Charlie's Angels se font affreusement répréhensibles par leur manque total de contenu de quelque sorte qu'il soit. Voici ce que cette production dit: gribouillez une histoire ridicule ne faisant ni queue ni tête sur le coin d'une napkin, faites-la approuver par un studio majeur prêt à investir plus de 100 millions$ dans un projet facilement commercial, et tournez le tout de la façon à la fois la plus exagérée et la moins inspirée du monde, en y attachant trois filles avec autant de cellules mentales que d'onces de graisse. Voyez, ça fonctionne.

Le second Charlie's Angels est virtuellement identique au premier, autant par sa forme que par son contenu (ou son absence de contenu, devrait-on dire). Il s'ajoute cependant cette fois un élément considérable: un personnage intéressant. Demi Moore, dans son premier gros film depuis G.I. Jane il y a déjà six ans, injecte effectivement une certaine dose d'intérêt lors de ses rares présences à l'écran. Le film, dans son éternelle icompétence, tente de nous cacher l'identité de son personnage jusqu'au dernier quart d'heure, où elle fait finalement sa véritable entrée en scène. Les bandes-annonces ayant déjà vendu la mèche (comme si ça changeait vraiment quelque chose, au fond!), je peux me permettre de dire que pour la première fois en deux films, on se sent impliqué dans l'histoire lorsque Moore apparait, et ce pour une simple et bonne raison: le profond désir de la voir tuer les trois héroïnes. C'est d'ailleurs à ce moment que l'on réalise, si ce n'était inexplicablement pas déjà fait, à quel point le film cloche.

L'arrivée de Moore est si bienvenue et notre souhait de la voir triompher si palpable en bonne partie parce qu'elle semble posséder le premier regard moindrement intelligent parmi tous les acteurs des deux films combinés. Elle commande, elle dirige, elle exige l'attention - et la reçoit. En contraste, à ses côtés, Cameron Diaz ne fait que littéralement se prostituer à l'écran une fois de plus. Cela est devenu si routinier que notre indignation a laissé place à un sens d'exaspération. Drew Barrymore, qui a l'air d'une junkie des années '80 que d'une star dans plusieurs séquences autour du début, tente d'emmener un faux sens de profondeur à son personnage - nul besoin de commenter le résultat. Si Lucy Liu se tire un peu mieux d'affaire que ses deux copines, c'est sans doute qu'elle joue moins à la vulgaire poupée et qu'elle a la chance - le privilège, dans ce cas - de bénéficier, à un certain moment, du seul échange de dialogue comique du film.

Charlie's Angels: Full Throttle devient déconcertant par son manque complet d'ambition de construire quoique ce soit de moindrement solide ou se tenant debout. On veut voir les trois filles danser? Pas de problème, on "plug" une scène de danse sans le moindre espèce de rapport au beau milieu de nulle part. On veut placer le comédien Bernie Mac pour attirer les gens, sans même se soucier de lui donner du matériel à sa hauteur? On le fait. On veut introduire un nouveau méchant? On lui donne une entrée rendant hommage (même avec le thème musical) à celle de Robert DeNiro dans Cape Fear. Mais pourquoi? Pourquoi? Les mauvaises langues diront qu'il n'existe pas de pourquoi: c'est un film de filles. Je ne suis pas de cet avis. Y-a-t-il plus "film de filles" que Legally Blonde? Ce film fait rire, sourire, et distrait avec une aisance surprenante et incontestable. Charlie's Angels ne fait rien de tel; en fait, on lève plus souvent les yeux au ciel que l'on ne bouge les lèvres.

S'ajoute à tout cela l'hypocrisie dégoûtante de la franchise, qui se considère comme un exemple positif pour les jeunes filles. Les parents envoyant leur cadette de 12 ans voir Charlie's Angels en ayant entendu que le film sert d'inspiration pour la fierté féminine n'ont pas tout à fait toutes les données. Les filles, autant et aussi longtemps que vous resterez minces, bronzées, bien habillées et au volant de belles bagnoles, vous serez épanouies. Nul besoin de s'en faire si vous êtes manifestement connes, que vous ne pouvez pas suivre une conversation sans servir un petit sourire stupide pour témoigner de votre incompréhension ou que vous n'avez absoluement aucun autre sujet de conversation que la nouvelle tendance à la mode. Nul besoin de s'en soucier - regardez ces trois anges! --RJ

Cote: D



"A female publicist friend described this movie in an e-mail as "an ode to female empowerment." I feel better about describing it as an Al Qeada recruitment film. If you were a Middle-Eastern lad of an impressionable bent and half convinced that American culture is an exporter of rancid values and poisoned attitudes, but if you lacked the resolve to take the big step and join up with Osama, I could see this movie being a closer for you." --Jeffrey Wells, éditorialiste à Movie Poop Shoot

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