THE BEACH
Cast: Leonardo Dicaprio, Virginie Ledoyen, Guillaume Canet, Tilda Swinton, Robert Carlyle
Année: 2000
Studio: 20th Century Fox
Longueur: 119 minutes
Classé 16 ans+

Leonardo Dicaprio, dans son premier film depuis Titanic en 1997, n'a reçu rien de moins que 20 millions$ pour tenir le rôle principal de The Beach (La Plage en v.f.), une grosse production au flop emcore plus imposant. Dicaprio est Richard (dont on ignore le nom de famille et les origines précises, afin qu'il se fasse plus distant de l'audience), un jeune Américain qui serait à pratiquement n'importe quoi pour vivre les sensations les plus intenses au monde et les aventures les plus extrêmes. Richard ne rate donc certainement pas l'opportunité qui s'offre à lui un jour, alors qu'un homme complètement pété (Robert Carlyle) lui donne une carte secrète montrant le chemin pour se rendre à une île toute aussi secrète et privilégiée. Ce jeune américain sans le moindre jugement ou sympathie pouvant vraiment venir du public s'embarquera donc, avec deux amis Français (Virginie Ledoyen et Guillaume Canet, deux points positifs du film) dans un voyage qui va le mener à un véritable paradis terrestre. Ou, du moins, en apparence. Car, en effet, ce "paradis" se transforme assez vite pour lui en jungle infernal dont il est fait, physiquement et psychologiquement, prisonnier.

Leonardo Dicaprio, bien que je le juge personnellement meilleur que ce que la majorité des gens peuvent en penser, ne méritait pas son chèque de paye de deux dizaines de millions, pas même près. Malgré tout le charisme que Dicaprio peut posséder, il n'habite pas vraiment son personnage, lequel est plus répugnant, repoussant et antipathyque qu'autre chose, et cela sans la moindre véritable bonne raison. Je comprends qu'il se fait normal, spécialement à cause de certaines actions que Richard peut poser, que le héros soit particulier, mais à des limites près. Côté personnages, on a droit presque exclusivement en gros à des croquis vulgaires et superficiels. Sans mentionner que tous ces personnages flottent dans une histoire (basée sur un livre assez ordinaire d'Alex Garland) plutôt moche. Le scénario ne possède rien se distinguant ou étant à la hauteur du monde qu'il veut présenter; la narration de Richard, dont on peut espérer une utilité quelconque, se fait en effet très terne et dépourvue de lignes ayant la moindre richesse. L'écriture à elle seule fait à vrai dire très mal au film en général.

Mais je ne peux que faire des reproches à The Beach, car ça constitue quand même une location à envisager possiblement, et pour certaines très bonnes causes. Premièrement, à part les présences agréables et appréciées des deux acteurs français, il est impossible de passer sous silence l'aspect visuel du film. Le travail du prodigieux directeur de photographie Darius Khondji (à qui l'on doit les atmosphères très particulìères de Se7en et In Dreams, entre autres) s'avère tout simplement fabuleux. Ses images, ses couleurs et son ambiance générale qu'il transmet au paradis terrestre de l'île est digne du grand art. L'est tout autant la direction artistique, du moins pour l'aspect positif et paradisiaque de The Beach. Car du côté sombre, lorsque le personnage de Richard tombe dans une vague de folie passagère, on aurait franchement pû faire mieux, spécialement avec les ressources que la production possédait. Justement, parlant de ce passage du film, où le héros s'isole seul en pleine jungle et où il semble sombrer dans la démence. Tout cela aurait dû se faire beaucoup plus "hântant"; oui, l'idée de le représenter à travers un jeu vidéo est bonne, mais elle n'est pas utilisée assez efficacement et constitue l'un des seuls points réussis de toute cette longue séquence.

En fait, tout le dernier acte de The Beach n'est pas à la hauteur de nos espérances, surtout après toute la beauté et les particularités que l'on a pu voir avant ça. Mais le plus choquant de The Beach, à part le fait terrible que l'équipe de production ait détruit tout un équilibre naturel biologique sur les lieux de tournage, c'est de penser que Hollywood ait dépenseé autant d'argent (et de richesses naturelles) pour nous offrir un film aussi banal, nous disant que l'on peut très heureusement et relativement facilement s'en sortir avec la tromperie, le mensonge, l'adultère, la luxure, l'égocentrisme et le meurtre. --RJ

 

Cote: B-

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