BASIC
Cast: John Travolta, Connie Nielsen, Samuel L. Jackson, Brian Van Holt, Harry Connick Jr., Giovanni Ribisi, Taye Diggs
Année: 2003
Studio: Columbia
Longueur: 98 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

La comédie romantique The Mexican en avait déçu plusieurs il y a deux ans lorsqu'elle annonçait ses deux vedettes - Brad Pitt et Julia Roberts - partageant l'écran pour la première fois, et qu'en bout de ligne, ils apparaissaient dans moins de cinq scènes ensemble. Le thriller militaire Basic (Formation Extrême en v.f.), autrement complètement différent, s'apparente à ce niveau à cela, alors qu'il souligne la réunion tant attendue entre John Travolta et Samuel L. Jackson, les deux tueurs à gage de Pulp Fiction, et les fait jouer ensemble...pour moins de cinq minutes.

Cela serait grave si l'on allait uniquement voir Basic pour cette raison. Heureusement, le film, bien que loin d'être parfait, a davantage à offrir que ce à quoi on peut s'attendre. Peut-être trop, même. En effet, rarement, de récente mémoire, a-t-on vu autant de "revirements surprises" dans un film aussi court. Le dernier quart d'heure remet tellement de choses préalablement vues en question, et tourne de tout bord tout côté, jusqu'à un point où on perd tout simplement le fil.

À l'origine, pourtant, tout semble relativement simple: une mission d'entraînement militaire a tourné au désastre, alors qu'un groupe de soldats s'est retourné les uns contre les autres, et est même allé jusqu'à tuer leur supérieur, le brutal et sadique Sergeant Nathan West (Jackson). Est alors appelé à la rescousse un ex-marine dur à cuire, Tom Hardy (Travolta), afin d'interroger les deux seuls survivants (Brian Van Holt et Giovanni Ribisi) et de résoudre l'enquête.

Et c'est à partir de ce synopsis que le scénariste James Vanderbilt construit - ou plutôt, déconstruit - un mystère qui s'avère toujours un peu plus complexe que l'on est mené à penser. On entend une version après l'autre de ce qui s'est ou qui aurait pu se passer, mais on peut difficilement décerner les menteurs de ceux disant la vérité ou jouant un double-jeu. En ce sens, Basic ressemble à The Usual Suspects dans sa façon de nous envoyer de l'information subjective ou douteuse et nous demandant constamment de revenir sur nos positions pour résoudre le mystère. Ultimement, on peut difficilement débattre le fait que le film ne fait probablement pas beaucoup preuve de sens commun, mais ça ne m'a pas dérangé autant que certains autres critiques, qui l'ont littéralement détruit en l'accusant de tromper l'audience. C'est possible, mais le plaisir de Basic se trouve pratiquement autant dans la formation du mystère que dans sa résolution.

Le réalisateur John McTiernan (Die Hard) tourne tout avec une dose d'énergie et de dynamisme si remarquables que l'on accroche et on reste aggripés même à des moments où on nous lance trop de poussière aux yeux. Les interrogations sont présentées de façon remarquablement concises et les flashbacks ne font que nous embarquer davantage dans l'histoire. Ce que McTiernan fait, c'est tourner un petit meurtre-mystère du vendredi soir en suspense entraînant et divertissant. Pour les failles que possède Basic, l'ennui n'en fait pas partie.

Le film s'apprécie aussi grandement par la vie qu'injectent Travolta et Jackson dans leurs rôles, tous deux reprenant des personnages semblables à ceux ayant fait leur renommée. Jackson si habitué d'incarner les justiciers "bad-ass" (comme il le dit lui-même si bien) que l'on prend ses performances pour acquis. Ici, il démontre un côté carrément psychopathe à certains endroits qui font peur - un sourire qu'il fait à Ribisi, à un certain moment en hélicoptère, renferme assez de frayeur pour confirmer à lui-seul comment cet homme est méchant. Travolta joue quant à lui les hommes charmants et arrogants qui semblent toujours faire ressortir son charisme dans la meilleure des façons (voir Face/Off et Swordfish pour de récents exemples). Dans Basic, il projette une attitude forte qui comporte une dose juste d'assurance pour commander sa présence sans être trop antipathique. Connie Nielsen, dans le rôle plus conventionnel et obligatoire de la femme droite et rigide, complète de façon moins spectaculaire le trio d'acteurs principaux du film.

Basic frustre si l'on ne s'arrête qu'à l'ajout excessif de revirements. Je ne peux blâmer ceux se trouvant dans ce camp, car il est vrai que c'est ce qui retient notre attention en sortant de la salle. Mais il ne faut pas oublier tout ce qui vient avant: la tension, l'énergie, l'inquiétude, le mystère. Et pourquoi pas, comme ça, aller jusqu'au fond des choses, et émettre l'hypothèse que peut-être, dans un récit extrêmement impossiblement complexe, ces revirements aient une suite logique se tenant, ne serait-ce que par un bout de ficelle? --RJ

 

Cote: B+

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