ANTWONE FISHER
Cast: Derek Luke, Denzel Washington, Joy Bryant
Année: 2002
Studio: Fox Searchlight
Longueur: 120 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

Denzel Washington a établi un standard par rapport à lui-même: à chaque fois que l'on voit son nom sur une affiche, on s'attend à son meilleur. Le film dans lequel il évolue ne sera peut-être pas toujours le plus exceptionnel de l'année, mais Denzel y livrera ses plus sincères et profonds efforts, et ce la quasi-totalité du temps en arrivant à des fins plus que satisfaisantes. Que s'attendre alors de son début en tant que metteur en scène?

L'acteur deux fois oscarisé a choisi Antwone Fisher (même titre en v.f.), un fait vécu, pour effectuer ses premiers pas derrière la caméra. L'histoire, inspirée de la vie du personnage titulaire, suit un jeune Afro-américain enrollé dans les Marines et éprouvant des problèmes comportementaux. Il se bat, est mal à l'aise dans sa peau, et refuse de s'ouvrir. Entre alors le psychiatre Jerome Davenport (que Washington interprète) pour enfin guider le jeune homme perdu à retrouver son chemin en se trouvant, lui d'abord.

Si vous avez l'impression de relire le synopsis de Good Will Hunting, vous n'avez pas totalement tort. Le concept de base lui est à plusieurs égards fort similaire, et le film ne cache pas son certain manque d'originalité en ayant recours à des dizaines de trucs visuels et techniques. Antwone Fisher se veut simple, mais honnête. Et c'est ce qui fait sa plus grande force.

Si Denzel l'acteur témoigne d'une sincérité qui ne peut être immitée, il en fait de même en tant que réalisateur. Il tourne de façon directe, sans être vulgaire le moins du monde. En fait, sa réalisation constitue un joli exemple de retenue et de recherche de vérité. C'est ainsi qu'il parvient à capturer une relation amoureuse superbe entre Antwone (Derek Luke) et une officière collègue (Joy Bryant). La majorité des films hollywoodiens se seraient probablement fait accusés d'avoir simplement "arrangé" les faits conventionnellement en ajoutant artificiellement cette trame de trop; seulement, la délicatesse de Washington, ainsi que le naturel renversant des deux comédiens, Luke en tête (qui n'avait avant ce jour jamais joué au cinéma), nous font nous attacher à ce lien affectif.

Antwone Fisher a ainsi non seulement existé, mais c'est aussi lui qui a écrit le scénario - et le livre qui a suivi. On ne se surprendra donc pas de constater que l'écriture, si elle manque d'originalité, sonne toutefois toujours vraie. Et cela au cinéma, comme dans toute autre forme d'art, n'a pas de prix. Antwone Fisher possède un rythme relativement lent, mais avance rapidement devant nos yeux parce qu'on y croit fondamentalement. Plus le récit avance et plus notre empathie pour Antwone augmente, et ce jusqu'au segment de la fin où il ose confronter ses peurs et retrouver ses parents naturels. Cette dernière minute contient des moments émotionnellement forts, un en particulier qui fait écho à la toute première scène du film, et qui ne pourra faire autrement que vous donner larme à l'oeil. Devant ou derrière la caméra, Denzel sait sur quels boutons appuyer pour nous toucher. --RJ

 

Cote: A-

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