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| ANGER MANAGEMENT |
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| Cast: Adam Sandler, Jack Nicholson, Marisa Tomei, John Turturro, Kevin Nealon, Luis Guzman |
| Année:
2003 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 106 minutes |
| Classé Général |
À travers les divers rôles qu'a tenu Adam Sandler au cours de sa carrière, on retient d'abord et avant tout qu'ils n'avaient, règle générale, rien de trop sérieux. Et pourtant, en observant avec un peu plus d'attention, on remarque qu'ils possèdent presque tous un trait commun: leur colère. Les héros de Billy Madison Happy Gilmore, The Waterboy, Punch-Drunk Love possèdent tous à leur coeur un homme qui a souvent recours à l'agressivité pour régler ses différents problèmes.
Dans Anger Management (Méchant Malade en v.f.), Sandler se sert de cette agressivité comme base: son personnage, David Buznik, refoule toutes ses émotions depuis sa jeunesse. Il ne se plaint pas, ne dérange personne, et n'ose pas même embrasser sa petite amie (Marisa Tomei) en public. Tout change lorsqu'il rencontre l'excentrique docteur Buddy Rydell (Jack Nicholson), qui se spécialise en traitement de problèmes liés à la colère. Buddy opère de façon plutôt inorthodoxe, et obligera David à le découvrir malgré lui en suivant sa thérapie.
Le principal attrait d'Anger Management brille par son évidence. L'affiche du film à elle-seule le cri tout haut: voir Adam Sandler et Jack Nicholson s'affronter. Pour un duo inhabituel, en voilà tout un. Et bon il fonctionne diablement bien. La clé réside probablement dans le fait que Sandler laisse toute la place à Nicholson. L'acteur comique avait souvent l'habitude de jouer en retenu jusqu'à la venue d'une "grosse" scène, où il faisait inévitablement sortir sa rage. Ce n'était pas nécessairement mauvais, même que ça fonctionnait parfois à merveille (voir The Wedding Singer, par exemple). Mais ici, pour que la dynamique fonctionne - et Sandler le comprend parfaitement - il doit se retirer définitivement pour faire de la relation entre les deux acteurs une simple plaque sur laquelle Nicholson peut se faire aller. Ainsi, non seulement Nicholson peut-il prendre toute la place nécessaire, mais en plus la retenue excessive de Sandler devient drôle en tant que telle.
Si la dynamique fonctionne si bien entre Sandler et Nicholson, c'est aussi qu'ils ont quelque chose à se dire. Le scénario de David Dorfman (son premier en carrière) va chercher un concept de base original et puise dans un potentiel humoristique considérable en faisant du récit non pas un enchaînement forcé de trois ou quatre "sketchs", mais plutôt une histoire intéressante. On ressent la peine qu'éprouve le héros à passer à travers les épreuves de son "thérapeute", au lieu de simplement s'impatienter en attendant la prochaine grosse blague. Le script lance aussi quelques revirements inattendus qui réussissent à surprendre, même compte tenu du ton léger de la production.
Plus que tout, Anger Management divertit. Le film ne joue pas toujours dans la subtilité, mais n'a pas recours aux gags vulgaires de plus en plus essentiels aux grosses comédies. Plutôt, il crée une relation souvent hilarante entre les deux acteurs principaux (un peu comme celle entre Billy Crystal et Robert DeNiro dans Analyze This) et la place dans une suite continue de situations au "timing" comique inmanquable. Anger Management constitue la première très bonne comédie de 2003. --RJ
Cote: B+
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