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| AMORES PERROS |
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| Cast: Emilio Echevarra, Gael Garcia Bernal, Goya Toledo, Alvaro Guerro, Vaness Bauche, Jorge Salinas, Marco Perez
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| Année:
2001 |
| Studio: Lions Gate |
| Longueur: 153 minutes |
| Classé 16 ans+ - Violence |
Le classique contemporain de Quentin Tarantino Pulp Fiction a non seulement inspiré une quantité innombrable d'étudiants dans les écoles de film aux États-Unis, il est parvenu à en influencer dans d'autres pays. Après la série interminable d'imitations à histoires parallèles et à chronologie modifiée nous parvient du Mexique Amores Perros (Amours Chiennes en v.f.), un film qui a capté l'attention de bien des gens en Amérique. Le réalisateur Alejandro Gonzalez Inarritu mérite bien des éloges pour avoir réussi à créer une production s'étant si bien distinguée malgré les ressources médiatique plutôt faibles dans son pays, mais il n'approche même pas le génie d'un révolutionnaire comme Tarantino.
Amores Perros a tout d'extraordinaire pour un film mexicain, mais bien peu de renversant pour le reste de l'audience nord-américaine, déjà amplement gavée dans les récentes années de récits du genre (à part Pulp Fiction, Go et Lola Reent viennent notamment à l'esprit), plus riches et plus enlevants. Amores Perros possède les points généraux communs avec ces oeuvres: personnages se chevauchant dans le temps et dans l'espace, trois histoires racontée l'une après l'autre de l'angle d'un personnage, vulgarité et violence - voire même carnage. Ce qu'Amores Perros n'a pas en commun avec ces oeuvres, par contre, est la quantité d'adrénaline qu'elle déclenche chez le public. Que ce soit le gros plan sur l'aiguille tenue par John Travolta alors qu'il s'apprête à l'enfoncer dans la poitrine d'Uma Thurman qui vient de faire une overdose, la poursuite en voitures dans les rues de Las Vegas ou les images saccadées appuyées par une musique techno ennivrante de Franka Potente courant partout dans Berlin, chacun de ces films ont leur dose de moments où on ne peut que retenir notre souffle, cloué à notre siège, complètement esclave des brillants cinéastes ayant mis en scène ces situations d'une intensité insoutenable.
Pour toute l'intelligence et la perspective intéressante sur la nature humaine dont fait preuve Amores Perros, on n'y retrouve pas de ces moments classiques, de ces quelques instants mémorables de tension et d'exhaltation. Alors que Pulp Fiction contenait assez de matériel pour faire cinq films, Amores Perros ne cesse d'étirer sa longueur excessive, faisant d'un récit qui, raconté de façon plus serrée, aurait pu durer une centaine de minutes, un marathon de plus de deux heures et demie. C'est regrettable car il y a un nombre important d'éléments forts dans le film - ça en est un très bon, en fait - c'est seulement que lorsque l'on commence à anticiper avec un peu de hâte le générique de fin, on tend moins à apprécier tout ce qu'on a pu voir de bon dans ces deux heures et demie.
Ce qu'on y voit sont donc un trio d'histoires: d'abord celle d'Octavio (Gael Garcia Bernal), un jeune perdant entretenant une obsession presque malsaine envers sa belle-soeur Susanna (Vanessa Bauche), qui elle est abusée par son mari (Jorge Salinas), le frère d'Octavio. Puis celle de Daniel (Alvaro Guerro), un père de famille ayant laissé sa femme afin d'habiter avec sa jeune maîtresse Valeria (Goya Toledo), puis finalement celle d'El Chivo (Emilio Echevarra),un clochard devenu tueur à gages tentant de repartir à neuf dans sa misérable vie. En fait, tous ces gens ont à la base une existence misérable, et sont tous désespéremment à la recherche d'un bonheur semblant parfois hors d'atteinte, un peu comme les personnages de Magnolia. Mais où Paul Thomas Anderson captait toute l'énergie émannant de ses brillants acteurs, Alejandro Gonzalez Inarritu tisse un portrait plus sombre, plua restreint.
Ça ne fait pas d'Amores Perros beaucoup moins intéressant. Les personnages sont vivants et intéressants, spécialement celui du vieux tueur à gage, joué avec profondeur et émotion par Emilio Echevarra, un vétéran comédien mexicain. Que ce soit par la coupe de cheveux, la perte d'un membre ou la mort d'un chien, Inarritu et le scénariste Guillermo Arriaga utilisent une bonne dose de symboles et de métaphores pour exprimer leur vue sur le comportement humain. Avec une analyse assez sommaire du film, on peut vite comprendre le choix judicieux du titre: Amores Perros constitue l'histoire de gens à la recherche d'amour, constatant un après l'autre la bestialité de la nature humaine. À plusieurs égards, les chiens sont plus "sains" que les humains; ils ne se dévorent pas entre eux comme les hommes le font. Par contre, les canins ne peuvent non plus se repentir et tenter de se racheter comme le font les humains. Ce sont ces moments, surtout vers la fin du récit, qui font passer Amores Perros d'une vision uniquement sombre de notre existence à une laissant entrevoir de la lumière et la possibilité de faire le bien et d'ultimement trouver l'amour, peu importe à quel point il peut s'avérer dur à obtenir. Quentin Tarantino n'aurait pas eu besoin de 153 minutes pour exprimer ce point de vue, mais ce n'est pas tous les jours - ou même toutes les années - qu'un film du Mexique a autant à dire. --RJ
Cote: B+
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