AMERICAN PIE 2
Cast: Jason Biggs, Chris Klein, Sean W. Scott, Eddie Kaye Thomas, Thomas Ian Nicholas, Allyson Hannigan, Shannon Elizabeth, Tara Reid, Mena Suvari, Eugene Levy
Année: 2001
Studio: Universal
Longueur: 102 minutes
Classé 13 ans+ - Érotisme/Langage vulgaire

L’idée d’une suite à American Pie m’a immédiatement déplue. Pas du tout parce que je n’avais pas apprécié l’original, car je l’ai plutôt adoré. Toujours drôle, par moments hilarant, il se trouvait au sommet de la classe des films d’ados de ‘99, une toute petite coche au-dessous d’Election. Elle m’a déplue plutôt en raison du manque total de justification quelconque pour en expliquer la production, à part évidemment l’énorme succès commercial. Certains membres du large et jeune cast d’American Pie (la plupart d’entre eux ayant passé d’inconnus à visages familiers), dont Natasha Lyonne, avait d’ailleurs rejeté d’amblée l’idée de jouer à nouveau les mêmes personnages. Et pour tant, quelques millions de dollars dépensés par Universal plus tard, voici tout le groupe de retour pour American Pie 2 (Folies de Graduation 2 en v.f.)!

Ce groupe se retrouve maintenant un an plus tard, c’est-à-dire à l’été suivant leur première année à l’unniversité. Jim (Jason Biggs), Oz (Chris Klein), Kevin (Thomas Ian Nicholas), Finch (Eddie Kay Thomas) et Stiffler (Sean William Scott) décident ensemble de partir pour l’été à un chalet sur le bord de la plage pour les vacances. Si Oz entretient toujours une relation très amoureuse avec Heather (Mena Suvari), on ne peut en dire autant des autres, puisque Kevin et son ex-amie de coeur Vicky (Tara Reid) ont rompu, et que Finch attend toujours des nouvelles de la part de la mère de Stifller (Jennifer Coolidge), sa fameuse conquête de l’année précédente.

Pas besoin de vous faire un dessin, le coeur d’American Pie 2 se trouve au plein milieu de l’univers sexuel des cinq mâles assoiffés de sexe. Virtuellement toutes les situations et les blagues découlent de cela, et l’évolution ne se fait pas souvent sentir chez les principaux instigateurs. Ça ne fait pas changement du premier, me direz-vous. Eh bien non. La grosse différence, c’est que ce même premier épisode réussissait avec éclat l’écrasante majorité de ses tentatives à faire rire. À preuve, les moments de rire intense rendus immortels par American Pie se comptent difficilement sur les doigts de la main. Les strip-teases de Nadia (Shannon Elizabeth) et Jim sur Internet, les leçons de sexualité désespérément tentées par le père de Jim (Eugene Levy), l’erreur coûteuse de Stiffler de boire ce qu’il croyait être de la bière, et bien sûr les déboires de Jim devant les films pornos...et une bonne tarte aux pommes chaudes.

American Pie 2 possède également ses moments inoubliables, les deux principaux indéniablement une scène impliquant deux lesbiennes à l’action, l’autre les mésaventures de Jim alors qu’il confond de la colle pour de la lotion alors qu’il désire s’astiquer l’engin. De plus, de nombreuses blagues plus mineures font facilement couler le rythme du film. Mais cela après combien de gags manqués? Le meilleur exemple illustrant cela implique le personnage de Finch qui, après avoir agréablement surpris dans l’original, est réduit à du dialogue uniquement centré sur la mère de Stiffler (cette dernière n’apparaissant injustement qu’à la toute fin), dont une grosse portion sur la technique sexuelle “tantrique”. N’importe qui ayant vu Go, une autre récente comédie pour jeunes largement supérieure, va reconnaître l’origine de ces blagues. Dans Go, le personnage de Taye Diggs discutait avec son trio d’amis les effets bénéficiaires de Tantra d’une manière hilarante (réplique type: “If one man in ten was having the sex that I’m having, there’d be no war.”). Ça durait environ une minute, c’était drôle, original et efficace. Prenez le principe et inversez-le complètement, et ça peut vous donner une petite idée de l’impact de Finch dans American Pie 2. En plus, la gent féminine s’est vue affreusement réduite dans la suite, alors que les personnages de Vicky, Heather et Nadia n’apparaîssent pas plus de quinze minutes chacune à l’écran. Pour les remplacer, le scénariste Adam Herz (le même que pour l’original) a cru bon d’inclure davantage Sherman, le pathétique roux méprisé de tous. Quels mauvais choix.

American Pie 2, en bout de compte, mérite donc t-il d’avoir été accepté comme projet chez Universal? Oui et non. Oui, car il vaut la peine de se déplacer dans son ensemble. L’audience s’unit à plusieurs moments au cours de la projection lors de purs instants d’hystérie, de jolies petites touches ont été ajoutées, comme celles concernant Michelle (Allyson Hannigan), et Eugene Levy vole une fois de plus la vedette dans un rôle limité. Non, car pour la xième fois, la suite arrive à peine à la cheville de l’original à bien des niveaux. --RJ

 

Cote: B

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