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| 8 MILE
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| Cast: Eminem, Brittany Murphy, Mekhi Phifer, Kim Basinger, Evan Jones, Eugene Byrd
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| Année:
2002 |
| Studio: Universal |
| Longueur: 110 minutes |
| Classé
13 ans+ - Langage vulgaire |
Depuis qu'Eminem, l'enfant-terrible de l'univers de la musique, a annoncé qu'il allait effectuer ses débuts au grand écran, il y a maintenant de cela un peu plus de deux ans, les interrogations se sont multipliées. La plus importante était probablement celle-ci: Eminem peut-il vraiment transporter à lui-seul un gros film de Hollywood? La réponse devient indéniablement claire au bout de trente secondes d'un visionnement de 8 Mile (même titre en v.f.): Oui.
Le film se veut une "semi-biographie" du célèbre rapper controversé. Il incarne Jimmy "Rabbit" Smith Jr., un jeune rapper aspirant blanc d'un quartier dur et noir de Detroit tentant de perser sur la scène locale. 8 Mile relate de son ascension longue et ardue, ainsi que ses relations toutes aussi pénibles avec sa pauvre mère (Kim Basinger) et une gang rivale. Il peut au moins bénéficier du support de son meilleur ami, Future (Mekhi Phifer), ainsi que de celui de sa nouvelle petite-amie, Alex (Brittany Murphy).
Et c'est précisément ce scénario qui empêche 8 Mile de constituer le film-événement de l'automne qu'on pouvait l'espérer être. Il est si mal structuré et si vide d'originalité qu'on a peine à comprendre comment Eminem, avec les dizaines d'offres qu'il a reçu, n'a pas pu trouvé un script moindrement plus solide. On nous balance un lot de personnages les uns plus inutiles que les autres: les amis de Jimmy, son ancienne petite amie, et j'en passe. Même Alex, le second personnage en importance, ne sert absolument à rien!!! Le médiocre scénariste Scott Silver ne semble pas avoir la moindre idée comment construire son histoire, et il aboutit à une finale des plus décevantes. Les quinze dernières minutes nous donnent un véritable "high", avant de nous laisser sauvagement retomber sur terre, amèrement déçus.
Cela étant dit, à peu près tout le reste de 8 Mile fonctionne à merveille. À commencer évidemment par sa vedette Eminem, qui a manifestement très vite appris qu'une performance d'acteur ne se limite pas à lire ses répliques devant une caméra. Le langage corporel, les expressions et le charisme sont tous des atouts aussi sinon plus importants, et il les possède tous de façon spectaculaire, comme une star née. Certes, son rôle ne lui demande pas d'étirer beaucoup sa gamme d'émotions, mais il ne mérite pas moins d'admiration pour ce qu'il parvient à faire: nous garder river à son visage pendant près de deux heures.
Mais en bout de ligne, la vraie vedette de 8 Mile est son réalisateur, Curtis Hanson, qui nous avait offert en 1997 l'un des meilleurs films de la dernière décennie, L.A. Confidential. Hanson, un réalisateur de 57 ans n'ayant jamais écouté de hip-hop de sa vie, est parvenu à prendre un mauvais scénario et un acteur principal sans la moindre expérience pour nous offrir un film superbement bien fait et aggripant. Il nous trace un portrait saisissant d'un milieu habituellement loin des lentilles de caméra et donne à son récit un riche style visuel, en plus de présenter ses grosses scènes de manière carrément spectaculaire - je le répète, le "combat" de la fin mérite à lui-seul le déplacement. 8 Mile tombe malheureusement sous nos attentes extrêmement élevées, mais réussit à prouver aux plus sceptiques qu'Eminem, qu'on l'idolâtre ou qu'on le déteste, est l'un des artistes les plus talentueux de sa génération. --RJ
Cote: B+
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