61*
Cast: Barry Pepper, Thomas Jane, Christopher Bauer, Bruce McGill, Christopher McDonald
Année: 2001
Studio: HBO
Longueur: 129 minutes
Classé Général

Les vrais bons films faits pour la télévision s'avèrent extrêmement rares. Très peu nombreux sont ceux qui arrivent à percer plus loin qu'une simple diffusion à un canal américain. 61* (même titre en v.f.), sans mériter le titre de meilleur film de 2001, constitue l'une de ces exceptions.

Le titre de la production fait allusion au record établi en 1961 pour le plus grand nombre de coups circuits frappés au baseball majeur en une saison, par Roger Marris des Yankees de New-York. Il en a frappé 61, dépassant la marque de 60 établie par Babe Ruth plusieurs années auparavant, ce dernier ayant bénéficié d'une cédule comportant une quinzaine de matchs de moins. C'est pour cette raison que le commissionnaire a décidé de rajouter un astérisque aux côtés du nombre record. Le film suit cette mémorable saison de 1961 chez les Yankees, en particulier la relation entre les deux vedettes de l'équipe, Marris (Barry Pepper) et Mickey Mantle (Thomas Jane), et leur chasse aux circuits.

61* a fait ses débuts sur la chaîne HBO en mars dernier, et après avoir reçu les éloges des critiques et du public, s'est retrouvé en vidéo partout en Amérique à l'automne. On sait rapidement apprécier dans le film ce que les gens ont vu de différents des autres médiocrités produites pour le petit écran. Premièrement, grâce en bonne partie à la solide réalisation de Billy Crystal, on nous épargne les lourdes plongées dans le mélodrame ou dans la manipulation sentimentale forcée. 61* ne nous fait peut-être pas pleurer, mais contient de belles émotions véhiculées avec retenue et tacte. En second lieu, les deux performances de Pepper et Jane sont remarquables. C'est Pepper qui occupe la majorité du temps à l'écran, et il le mérite. Devant vite se faire pardonner les déboires de son dernier échec cinématographique de l'an 2000, l'infâme Battlefield Earth, il vient de nous donner une raison de reprendre confiance en lui. Il parvient à créer avec Jane, un acteur peu connu et pour l'instant sous-apprécié, une relation sans carricature et à laquelle on s'intéresse et on s'attache. Il ne serait qu'approprié de les voir refaire équipe plus tard dans leurs carrières.

Le scénario du film réussit habilement à mêler le côté sportif et compétitif de l'histoire avec les relations entre les hommes et les problèmes extérieurs, spécialement les déboires désolants de Marris avec les médias. 61* sert là pratiquement de véritable critique sociale, attaquant plutôt directement les journalistes sportifs s'étant attaqué malhonnêtement à plusieurs reprises sur un joueur qui ne voulait que faire son boulot sans causer d'ennuis. Sur cet aspect, on sympathise facilement avec le personnage en question, et il nous donne le goût du baseball pur (ainsi que du sport en général), et non à l'état trasnformé par la télé et les autres médias. Bien qu'Oliver Stone l'ait mieux traité il y a deux ans avec l'univers du football professionnel dans Any Given Sunday, le message de Crystal et du scénariste Hank Steinberg se fait bien sentir.

Le film comporte ses petits défauts: certaines scènes méritant soit de se voir accélérer ou même couper qui affaiblissent le rythme du film, déjà souvent lent, un manque d'appui par le cast de soutien omme toute, et un côté technique très (et trop) peu exploité. Somme toute, 61*, sans renverser, est un très bon petit film méritant amplement de place sur les tablettes des clubs vidéo. --RJ

 

Cote: B+

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1