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| 15 MINUTES |
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| Cast: Robet DeNiro, Edward Burns, Karel Rodan, Oleg Taktarov, Vera Farmiga, Kelsey Grammer, Avery Brooks, Melina Kanakaredes |
| Année:
2001 |
| Studio: New Line |
| Longueur: 120 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Tout le monde connaît la fameuse citation "Dans un avenir rapproché, tout le monde aura son 15 minutes de gloire". Elle a été prononcée en 1968, vient d'Andy Warhol, et se trouve à la base du film 15 Minutes (même titre en v.f.), le nouveau thriller mettant en vedette Robert DeNiro et Edward Burns. DeNiro y joue Eddie Flemming, un policier new-yorkais célèbre grâce à son métier et sa grande couverture médiatique. Le cinéaste/acteur Burns interprète Jordy Gordon, un pompier qui décide un jour comme ça de devenir le partenaire d'Eddie pour tenter de résoudre une enquête criminelle qui implique des meurtres brutaux qui ont été filmés par les criminels eux-mêmes, des Européens (Karel Rodan, Oleg Taktarov) en "visite" aux États-Unis.
Bon, le message ne pourrait être plus clair. Il ne pourrait pas non plus avoir été sur-utilisé davantage que dans 15 Minutes. Le film de John Herzfeld insiste beaucoup trop, et ce avec manque de bon goût et de précision. Autant Natural Born Killers, le film apocalyptique et fort controversiel d'Oliver Stone dénonçait avec perfection l'influence des médias dans la société nord-américaine et dans la violence de cette dernière, autant "15 Minutes" ne fait que le copier vulgairement - et ce vraiment mal.
"15 Minutes" se fait un peu à Natural Born Killers ce que The Bone Collector était à Se7en: une nouvelle version inutile, manquant d'originalité, de profondeur, et grotesque. Seulement dans le premier cas, la différence de qualité. Par exemple, Oliver Stone utilisait une transition efficace et souvent hallucinante avec tous les genres de médias visuels et auditifs: ralenti, accéléré, noir et blanc, animation, images subliminales, montage extrêmement rapide et saccadé, et j'en passe autant que je viens d'en nommer. 15 Minutes ne possède pas Stone derrière la caméra, et ça paraît. La subtilité se fait totalement absente pendant 120 minutes, et la transition entre les images réelles et celles de télévision ou de vidéo sont rarement élégantes, toujours irritantes.
En fait, bien des choses sont irritantes dans 15 Minutes, même si le film se regarde bien pendant une bonne partie de sa durée. On sent bien trop la carricature venant du récit et surtout des personnages, et contrairement encore une fois à Natural Born Killers, ça n'amuse pas du tout, car il paraît évident que ce n'est pas fait volontairement comme Robert Downey Jr. se faisait hystérique dans la peau d'un journaliste prêt à tout pour la gloire et la fortune dans la production de 1994. Le journaliste principal auquel on a droit ici est personnifié par un acteur au talent clairement inférieur, Kelsey Grammer. En plus de constituer un simple cliché, il s'avère carrément nuisible et inutile au film, tout comme le sont les personnages féminins ratés que tente d'infiltrer avec grande maladresse le scénario.
Et voilà une autre chose que Herzfeld ne parvient pas à faire correctement ici: utiliser adéquatement ses personnages et ses acteurs. On nous présente un intérêt amoureux pour chacun des deux héros en ne nous en donnant suffisamment assez pour que ça se tienne. On passe près de la moitié du temps à regarder agir les deux tueurs, eux aussi évidemment stéréotypés; l'un cruel et plus brillant, l'autre stupide qui fait toujours tout ruiner. Et leur présence n'a rien d'explosif, contrairement à celle de DeNiro et de Burns, et même de Charlize Theron dans une (UNE!!!!) seule scène. En parlant de mal gérer ses stars...
Et puis le film joue avec notre jugement du crédible. Plusieurs éléments dans plusieurs scènes différentes nous distraient de l'action tellement ils ont de la misère à passer. Et c'est dommage, car quelques une de ces scènes sont à la base diablement bien réussies, dont l'une où Jordy tente de sauver une jeune femme d'un feu dans son appartement.
15 Minutes tente d'envoyer un message, c'est clair. Et ça fonctionne très certainement, en dépit de l'évidence même des problèmes. Seulement, ce message a déjà été lancé à maintes reprises par des cinéastes plus talentueux et créatifs, qui n'ont pas la bête idée superficielle de vouloir impressionner et surprendre en faisant assassiner leur meilleur élément à mi-chemin du film. --RJ
Cote: C-
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