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| 15 FÉVRIER 1839 |
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| Cast: Luc Picard, Frédéric Gilles, Sylvie Drapeau, Pierre Rivard, Mario Bard, Yvon Barette, Julien Poulain,
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| Année:
2001 |
| Studio: Crystal |
| Longueur: 114 minutes |
| Classé 13 ans+ |
Environ aux deux tiers de 15 Février 1839, le drame historique de Pierre Falardeau, se pointe nul autre que Julien Poulain, Elvis Gratton en personne, pour personnifier un prêtre au grand coeur dans un contexte tragique. Tout au long du film, avant ce point, Falardeau n'avait fait preuve d'aucun talent réel de cinéaste; mais c'est à ce moment précis qu'il prouve hors de tout doute son incompétence à construire quoique ce soit de puissant ou crédible.
Non, mais franchement, comment ne pas rire devant une telle scène?! Falardeau tente désespéremment (et en vain) de nous soutirer des larmes, et il nous met devant les yeux sa mascotte-culte avec une perruque plus longue que nature! Personnellement, je n'ai rien contre Julien Poulain; sans lui, les Elvis Gratton ne comporteraient rien de bon. Je n'ai rien non plus contre les idées de Pierre Falardeau; il a droit à ses opinions politiques, comme nous tous d'ailleurs, et mon accord avec lui sur ses avis n'a pas d'importance ici. Tout ce que je tiens à démontrer, c'est que son film, 15 Février 1839 ne vaut, cinématographiquement parlant, pas grand chose.
Falardeau, comme tout Québécois ayant vécu ici dans les quinze dernières années le sait, est séparatiste. Il déteste les "anglais" à mort, et veut s'en départir plus que tout autre chose au monde. Ayant signé le scénario et la réalisation de 15 Février 1839, on peut donc s'attendre à des propos plutôt à sens unique. Et à quelque part, ça se comprend. Après tout, les personnages principaux sont des patriotes condamnés à mort par l'armée britannique. Le film portant sur les dernières heures de certains d'entre eux (dont le plus important, un écrivain interprété par Luc Picard), et il n'est que normal de les entendre se plaindre de ces mêmes "anglais". On ne doute pas qu'à cet égard, ça ne pouvait être autrement. Falardeau décide évidemment de seulement nous faire voir son côté de la bataille, mais encore là ça se peut se pardonner.
Ce qui ne fonctionne pas, par contre, c'est de faire d'eux un groupe de saints se battant contre une force du Mal. Falardeau n'a pas l'honnêteté de représenter ces nuances, et son film en paye le prix au niveau de l'authenticité et de la crédibilité. La seule scène qu'il utilise pour montrer un des anglais avec un coeur est simplement ridicule et déplacée. Sorti de nulle part, un soldat vient de poster sur le bord de la cellule de Picard, et se lamente ("Ce n'est pas ma faute! Je suis innocent!" - que de réalisme!) sans que personne ne lui ait dit quoique ce soit. Puis, il s'en va, et Falardeau croit pouvoir affirmer "Bon, j'ai montré les deux côtés égaux!". Voyons donc!
Comprenez-moi bien, je respecte ces hommes. Ils se sont battus pour leur liberté, et leur courage est, dans bien des cas, indéniable. Mais la façon dont ils sont carricaturés n'est juste pas croyable. Ils ne savent ni lire ni écrire, mais ils voudraient, avec une dose de volonté sans précédent. Il leur arrive à l'occasion de se chicaner entre eux, mais ce n'est que par tension, par stress dont ils ne sont pas responsables. Après tout, il n'y en a aucun de méchant. Ce sont des martyrs!!! Soit des martyrs, soit de véritables gladiateurs d'honneur et de fierté, comme le vaillant et irréprochable guerrier incarné par Luc Picard. L'acteur sait jouer, et il donne une performance passable, mais il ne peut effacer les traits grossiers et carricaturés de son héros. Cet homme n'a simplement pas de défauts! Même quand sa femme (Sylvie Drapeau) vient le visiter, il est le premier à accepter qu'elle parte pour qu'il se rendre à l'exécution. Drapeau et Picard partagent tout de même la seule scène s'approchant moindrement du mot "touchant", alors qu'elle ne veut se départir de son mari, mais à part cela, on repassera.
Et encore là, si 15 Février 1839 nous était transmis en littérature ou au théâtre, par exemple, on pourrait peut-être sauver les meubles davantage. Mais au cinéma, le film échoue totalement. Falardeau, peu importe le nombre de projets sur lesquels il a pu travaillé, ne possède simplement pas le medium comme un véritable artiste. Donnez le même script à un cinéaste moindrement talentueux, et il peut en faire quelque chose de potable. Pas Falardeau. Son film est photographié, monté et conçu d'une façon lamentable. Le nombre de travellings se compte sur les doigts de la main, l'éclairage est médiocre en tout temps, et la caméra ne réussit jamais à transmettre l'émotion qu'essayent de véhiculer les acteurs. L'équipe de production de 15 Février 1839 n'a pas la moindre notion de rythme ou de réalisation artistique qu'exige un film pour fonctionner. Falardeau l'admet lui-même sur le DVD du film, alors qu'il avoue que, et je cite, "Le film a été tourné plutôt élémentairement, voire même bêtement". Je ne crois pas avoir à en rajouter. 15 Février 1839, séparatiste ou fédéraliste, québécois ou canadien français, constitue une pure bêtise cinématographique. --RJ
Cote: D+
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