| 06-09 (AFP) 16:35:51
Martine VERON A 53 ans et malgr� quelque 2.000 candidatures infructueuses, G�rard Plumier ne se r�sout pas au ch�mage et � "l'angoisse vertigineuse" du senior demandeur d'emploi, raconte-t-il � l'AFP. M. Plumier avait 49 ans quand il a �t� victime d'un licenciement �conomique, en juillet 2001. Quatre ans plus tard, il exorcise ses d�mons en publiant "Ch�mage senior, ab�c�daire de l'indiff�rence" (Ed. L'Harmattan), un livre tr�s document� �crit avec la rage au ventre. "Je suis pass� par toutes les phases classiques, que tout le monde d�crit en parlant de ch�meurs �g�s", dit-il. D'abord, une "totale incr�dulit�". "Au d�but, je n'avais pas percut�, mais j'ai vite compris, mon poste a �t� supprim� un an avant mes cinquante ans", l'�ge � partir duquel l'entreprise doit payer une taxe - la contribution Delalande - si elle licencie. Puis, vient le sentiment d'injustice. "On ne l'a pas tout de suite : au d�but, on pense retrouver rapidement" du travail, surtout quand on �tait, comme lui, directeur d'un centre de formation. Dessinateur industriel, avant de cr�er son entreprise, puis de passer, � 41 ans, un DESS en sciences de l'�ducation, il pensait avoir prouv� qu'il �tait adaptable. Arm� d'un 3�me cycle en contr�le de gestion et management strat�gique, il envoie 1.600 candidatures spontan�es et 353 r�ponses � des annonces... pour recevoir 20 convocations � des entretiens. A huit reprises, il arrive en seconde position. C'est "la norme" : un senior a quatre fois moins de r�ponses positives � ses candidatures spontan�es qu'un candidat "normal", explique-t-il. "Certains n'h�sitent pas dire que vous �tre trop �g�", ou "que la commission de recrutement a �limin� tous les candidats de plus de 45 ans". "Pendant les entretiens, on vous dit que vous �tes surdimensionn�, que vous avez trop d'exp�rience". Et puis, vient la fin des allocations ch�mage. Et l�, "arrive la phase de compl�te d�valorisation : on se dit qu'on s'y est mal pris, qu'on est mauvais". D�bute � ce moment-l� "l'angoisse vertigineuse" du senior demandeur d'emploi, pour qui chaque jour qui passe voit s'�vanouir un peu plus les chances de s'en sortir, puisque c'est l'�ge lui-m�me qui constitue l'obstacle majeur. "On est alors condamn� � la double peine, on n'a pas de travail et on n'aura jamais une retraite convenable", confie M. Plumier. Financi�rement, c'est difficile. "Ma femme est assistante maternelle, on a serr� partout et on vit tr�s, tr�s petitement". Un jour, "on se dit, c'est foutu". M. Plumier cesse d'envoyer des CV spontan�s, se concentre sur les annonces, et "survit" gr�ce � son engagement dans la d�fense des seniors. Pour ceux qui sont "encourag�s" � d�missionner et "survivent dans l'entreprise : plus vraiment au travail, mais pas dehors", G�rard Plumier a cr�� un collectif "senior action". Avec six autres personnes dans son cas, il a saisi la Haute autorit� de lutte contre les discriminations et pour l'�galit� (Halde) pour discrimination � l'embauche due � l'�ge. |
||||||||||
| Retour � la page d'accueil | Retour � la page pr�c�dente | |||||||||