SOMMAIRE
1. UNE OUVERTURE ECONOMIQUE NECESSAIRE
1.1.
Un projet ambitieux mais
essentiel pour la survie de la Chine populaire
1.2. Des résultats significatifs au plan
diplomatique
1.3. Des avancées au plan interne
2. L'ENTREE D'INTERNET EN CHINE CONSTITUE UN CHOIX LOGIQUE
DANS LE CADRE DE CETTE OUVERTURE ECONOMIQUE
2.1. Choix ambitieux
2.2. Choix dangereux
2.3. Choix calculé
3. LE DEVELOPPEMENT D'INTERNET EN CHINE
3.1.
Evolution du nombre d'internautes
3.2.
Une répartition
géographique très inégale
3.3.
Profil de l'internaute chinois
3.4.
Activités
professionnelles des internautes
5. Les sites les plus populaires de
Chine
-------------------------------------
Nous souhaitons dans ce dossier
vous présenter:
-
d'une part les enjeux que
représentent l'ouverture de la Chine à l'économie mondiale et principalement à
l'Internet,
-
d'autre part l'incroyable
évolution des nouvelles technologies de l'information dans un pays qui hésite
encore à jouer pleinement le jeu de la transparence…
1.1. Un projet ambitieux mais essentiel
pour la survie de la Chine populaire ![]()
Dès 1978, Deng Xiaoping, surnommé le petit timonier,
héritier spirituel de Mao Zedong, donne le coup d'envoi d'un vaste plan de
réformes qui allait profondément marquer la fin du 20ème siècle
:"Enrichissez-vous!" a-t-il déclaré à la Chine. On peut imaginer la
surprise d'une population exsangue sortant à peine de la révolution culturelle.
Une population puisant dans le confucianisme ses convictions sur la vie et
l'avenir qui peut être réservé à l'être humain sur cette terre: un homme né
pauvre, restera pauvre, mourra pauvre et personne n'y trouvera à redire. Cette
population chinoise avait toujours entendu dire, dès son plus jeune âge, que la
Chine était capable de se subvenir à elle-même, que les rapprochements réalisés
avec l'occident ou ses amis communistes plus à l'ouest avaient été des échecs.
Cet appel à l'enrichissement s'adressait à des hommes et des femmes dont le
niveau d'éducation était très faible. Savoir lire permettait de prendre
connaissance chaque jour du journal du parti et des affiches placardées sur les
murs des usines mais ne pouvait donner les moyens de mener à bien une
révolution économique.
Dans le
même temps, le pouvoir politique était conscient qu'il était nécessaire de ne
pas se contenter de l'aide industrielle qu'avaient apporté les soviétiques dans
les années 50. L'écart entre la Chine et les pays industrialisés se creusait,
et pouvait à terme mettre l'empire du milieu dans une situation où la seule
issue possible serait la fuite en avant. Cette analyse de la situation est
confirmée au début des années 90 lorsque le mur tombe et que la Russie
s'effondre, incapable de mener de front ses réformes économiques et politiques.
En matière d'échec, Pékin disposait désormais de deux exemples extrêmes: la
Russie mais aussi la Corée du Nord qui, de par son refus de s'ouvrir à
l'extérieur et de se réformer en profondeur, n'est aujourd'hui qu'un malade que
l'on maintient artificiellement en vie.
De
plus, bien qu'ayant toujours proclamé qu'elle n'avait aucune volonté
expansionniste, la Chine souhaite non seulement maintenir ce qu'elle contrôle
encore mais aussi recouvrer ce qu'elle a toujours considéré comme sienne:
Hongkong (juillet 97), Macao (décembre 99), Taiwan (?), les îles
Diaoyus/Senkakus et celles de la mer de Chine Méridionale, sans compter les
nombreuses terres faisant l'objet de différends frontaliers. Le pouvoir
communiste sait pertinemment que de tels projets ne peuvent être réalisés par
un pays économiquement faible.
Enfin,
la Chine était passée à la fin des années 70 d'un régime totalitaire à un régime
autoritaire. Ce changement ne pouvait perdurer sans de profondes adaptations
destinées à ressourcer le pays, et lui fournir des outils destinés à assurer
une certaine continuité sans rupture, ni reniement du passé. Il était alors
possible pour les élites communistes de rester au pouvoir grâce à un consensus
savamment dosé.
Aussi,
la Chine a très vite concrétisé cette volonté d'ouverture économique. Celle-ci
devait en particulier permettre à l'empire de récupérer auprès de l'occident
les techniques, le savoir-faire et les capitaux qui lui manquaient pour devenir
un acteur incontournable de la scène orientale voire mondiale. L'attrait du
miracle asiatique a parfaitement fonctionné et la croissance chinoise a connu
des niveaux de réussite au-delà des estimations les plus optimistes. Durant la
première moitié des années 90, cette croissance fut à deux chiffres. Il faudra
attendre la crise de 1997 pour observer un léger tassement. Bien que le calcul
de la croissance repose sur des critères plus que douteux, il n'en reste pas
moins que le chiffre de 5 à 6% paraît encore aujourd'hui plausible.
Malgré cette baisse, plusieurs objectifs que s'était fixée
la Chine sont aujourd'hui atteints grâce à l'ouverture économique. Ce pays est
désormais en position de force dans plusieurs domaines notamment sur le plan
diplomatique et cela malgré de nombreux sujets de discordes comme les droits de
l'homme.
Les
multiples rencontres, à tous les niveaux, entre les Etats-Unis et la Chine ont
confirmé que ce pays était bien devenu un acteur majeur sur la scène
internationale.
Elle en
a profité pour dicter aux Etats-Unis ses conditions d'entrée dans l'OMC. Il
s'en est fallu de peu qu'elle réussisse.
Pékin a
obtenu des excuses de la part du Japon pour les atrocités commises en Chine
continentale lors de l'occupation des troupes japonaises pendant la seconde
guerre mondiale.
Par la
signature d'accords, la Chine est parvenue à pacifier ses frontières terrestres
et obtenir le soutien de ses voisins dans sa lutte contre le séparatisme
ouighour.
Elle a
signé un pacte de partenariat stratégique avec la Russie qui implique une très
forte coopération dans le domaine économique (principalement l'énergie) et
surtout militaire.
Elle
poursuit la modernisation de son armée, dont les qualités deviennent de plus en
plus réelles et inquiètent ses voisins comme Taiwan, le Japon ou les pays de
l'ASEAN.
Elle
s'est affichée comme acteur non-négligeable lors du conflit en ex-Yougoslavie
en 1999.
En
somme, Zhu Rongji, actuel premier ministre, sait parfaitement que la
reconnaissance de la Chine par la communauté internationale passera avant tout
par la réussite de ses réformes économiques, bien plus que celles d'ordre
politique. Les experts estiment qu'il reste encore 10 à 15 années d'efforts au
même rythme avant de parvenir à un rattrapage qui placerait ce pays au rang des
grandes puissances économiques.
Les réformes économiques ont par ailleurs joué un rôle
essentiel sur le plan interne. Nous vous proposons quelques exemples qui
illustrent toute l'importance du chantier destiné à façonner la Chine du 21ème
siècle.
Les
entreprises publiques subissent des plans de restructurations fondés sur la
prise de responsabilité, la rentabilité et les licenciements des ouvriers et
cadres inutiles.
Un
ressortissant chinois peut aujourd'hui créer sa propre entreprise et engranger
des profits sans crainte de passer pour un élément déstabilisateur du pays, à
condition toutefois de ne pas se livrer à des trafics illégaux ou des actes de
corruption trop dérangeants.
Le
droit chinois est en cours de modernisation et, dans de nombreux domaines, en cours
de création, notamment le droit des entreprises. Des conseillers
essentiellement américains travaillent actuellement en Chine dans ce domaine et
forment les cadres juridiques chinois.
La
nouvelle économie a fait une entrée fracassante en Chine. Il suffit pour cela
d'étudier les chiffres sur la progression de l'Internet dans ce pays.
Le
niveau de vie dans les grandes villes chinoises a sensiblement augmenté, y
compris dans les basses couches de la société.
Les
travaux d'infrastructures ont connu dans tout le pays des évolutions sans
précédent avec par exemple une moyenne de 3000 kilomètres d'autoroutes
construits chaque année, un parc aérien civil presque totalement renouvelé en
moins de 15 ans. La voiture, le camion et la moto ont remplacé dans les grandes
cités les bicyclettes, qui constituaient le seul moyen de locomotion il y a
encore dix ans. Les communications ont connu un bon extraordinaire puisqu'en
1992, le FAX était encore réservé aux diplomates, à quelques industriels ou
administrations alors qu'aujourd'hui, le pourcentage de pékinois dotés d'un
téléphone portable est plus important sans doute que dans la plupart des villes
européennes.
Les traditions vestimentaires ont été du même coup modifiée. La jeunesse chinoise, grâce à cette ouverture économique qui a permis l'entrée en Chine de la musique occidentale, du cinéma américain, des produits de luxe, a pris goût au changement et dépense. Marquée par la politique de l'enfant unique, les adultes offrent à leurs enfants ce dont ils ont eux-mêmes été privés pendant leur jeunesse. L'impact issu de ces changements est par conséquent très important sur la mentalité des citadins quant à leurs manières de vivre et d'appréhender l'avenir.
2. L'ENTREE D'INTERNET EN
CHINE CONSTITUE UN CHOIX LOGIQUE DANS LE CADRE DE CETTE
OUVERTURE ECONOMIQUE ![]()
Pour
parfaire cette ouverture économique, former correctement les ingénieurs, les
fonctionnaires, ou les étudiants, rendre les entreprises plus compétitives, ou
encore améliorer la recherche et développement, le pouvoir de Pékin n'a eu
d'autre choix que d'autoriser Internet à l'intérieur des frontières de Chine
continentale. C'est en 1994 que cette décision a été prise.
Ce choix est à la fois ambitieux, terriblement dangereux pour la stabilité du pouvoir, mais calculé.
2.1.
Choix ambitieux,
car il implique des
coûts importants en travaux d'infrastructures pour acheminer l'information, ou
encore équiper les universités, les centres de recherche... Il exige de la part
des industriels, cadres, fonctionnaires, enseignants et étudiants de
formidables capacités d'adaptation destinées à rattraper 40 années d'évolution
technologique d'un pays comme la France mais en moins de 15 ans…
Vous souriez? Ne vous y trompez pas. Ce défi a été pris très au sérieux. Les transformations observées ces dernières années sont sidérantes. Les chiffres que vous trouverez dans ce dossier montrent à quel point nos amis chinois apprennent vite, très vite. Certes, nous constatons également les faiblesses de cette course à la modernité. Cette réussite se répartit géographiquement de façon très inégale. Il existe sans aucun doute aujourd'hui des pôles de l'Internet comme Pékin, Shanghai, Canton, Wuhan, Dalian,… et des régions grandes comme la France totalement oubliées de l'économie basée sur l'innovation.
Il convient simplement, devant ce
constat de fracture évidente, de se montrer objectif en regardant comment
l'Europe qui possède tous les atouts pour acquérir cette technologie, peine aujourd'hui
dans la réalisation de ses objectifs. Le compte rendu du sommet de Lisbonne de
mars 2000 est là pour nous le rappeler.
Le défi est énorme et demandera
encore de nombreuses années d'efforts. En exemple, les lignes destinées aux
connections Internet sont aujourd'hui saturées et les spécialistes traitant de
ce sujet conseillent tout simplement aux internautes résidant en Chine de se
connecter la nuit s'ils ne veulent pas attendre des heures avant de voir
s'afficher la première page! Mais donnons le temps à ce pays de concrétiser son
projet…
2.2. Choix dangereux,
car il permet
l'accès pour des chinois de chine continentale à l'information étrangère, en
l'absence de toute censure (ou presque), y compris et surtout celle concernant
la presse occidentale ou chinoise d'outre-mer ainsi que les mouvements de
contestation hostiles au régime de Pékin. Il s'agit là d'un risque qui ne
concerne après tout qu'une minorité de la population chinoise. Mais cette
minorité est en fait composée des élites à la fois universitaires, politiques
et industrielles qui sont ou seront les maîtres d'œuvre dans la construction du
pays.
Il est probable qu'un certain équilibre puisse se maintenir:
- si les autorités chinoises ne décident pas de restreindre sans discernement les capacités d'actions des élites,
- et si ces dernières ne cèdent pas à la tentation de réformer le pays afin de l'adapter totalement aux nouveaux enjeux.
Cette tentation est pour le moment peu probable car le pouvoir est encore solide, son pouvoir de surveillance et de coercition reste efficace. Il est surtout adapté aux circonstances par le simple fait qu'il maintient par la force et avec succès le couvercle sur la marmite: des réformes plus radicales pourraient entraîner une situation totalement incontrôlable proche de celle que connaît encore la Russie.
2.3. Choix calculé,
car Pékin n'a tout
de même pas accepté le développement de l'Internet en chine sans poser quelques
verrous qui lui permette de contrôler la situation, ni avoir estimé l'impact de
cette ouverture.
-
Les sites développés en chine
continentale et diffusé en langue chinoise ou anglaise, ont reçu l'accord des autorités
de l'Etat pour sa diffusion. Ces outils ne peuvent donc constituer une menace
directe puisque la contestation par exemple par la voie syndicale ou religieuse
ne peut s'exprimer.
-
Les sites d'information
venant de l'extérieur sont contrôlés au niveau des providers (ISPs)
probablement par des systèmes de mots clés. Il est de ce fait difficile voire
impossible de consulter en Chine populaire des sites favorables à la secte
Falun Gong, à des mouvements séparatistes tibétains ou ouighours. Il est même arrivé
que la consultation de sites d'information comme CNN soient momentanément
suspendus en raison d'événements politiques ou sociaux traités de façon
"déraisonnable et impartiale" par les médias occidentaux.
-
Ces sites étrangers sont
généralement en langue anglaise. Or en Chine, l'anglais est tout de même une
langue peu répandue, ce qui limite d'autant de nombre de personnes susceptibles
de les consulter. De plus, pour surfer sur l'Internet, il faut … un ordinateur!
Lorsqu'on sait qu'à Pékin, ville de 13 millions d'habitants, le salaire mensuel
moyen est de 1500 Yuans soit 1000 FF, on peut comprendre que peu de chinois
sont capables matériellement de se doter de cet outil. Nous verrons que le
nombre d'internautes restent pour le moment ridicule par rapport à la
population de la Chine (0,7% environ en 1999 et 6,6% online en 2005).
-
Enfin, et surtout, il est
désormais plus que probable que la sécurité d'état chinoise ait toute liberté
pour observer à la loupe le contenu des messageries (notamment celles des industriels
étrangers) et les habitudes des internautes chinois et des étrangers installés
dans ce pays. Il est comme chacun sait possible de savoir très vite quels sont
vos sites favoris et par là-même vos faiblesses, vos habitudes, vos idées
politiques… Un pouvoir autoritaire, dans le cadre de ses préoccupations
concernant la stabilité du pays et la défense de sa souveraineté, n'a donc pas
que des désavantages à laisser les élites (et les expatriés) se connecter sur
le NET.
3. LE DEVELOPPEMENT D'INTERNET
EN CHINE ![]()
3.1. Evolution du nombre d'internautes ![]()
Le 18
janvier 2000, CNNIC (China Internet Network Information Center), une
organisation de Chine populaire (consulter notre page "Experts"), a
publié son cinquième rapport bi-annuel sur le développement de l'Internet en
Chine. Ce rapport révèle que la population d'internautes chinois s'élevait à la
fin de l'année 1999 à 8,9 millions de personnes, soit une augmentation de 4
millions durant le second semestre 99. Leur nombre atteignait seulement 2,1
millions à la fin de l'année 1998.

Source CNNIC – janvier 2000
Ces chiffres peuvent être comparés
à d'autres sources afin d'affiner notre analyse de la situation. International
Data Corporation (IDC) a probablement les résultats les plus pessimistes
sur l'accroissement des utilisateurs d'Internet en Chine. Les prévisions d'IDC
publiées en novembre 1999 annonçaient qu'il n'y aurait pas plus de 3,79
millions d'internautes en Chine à la fin 1999. En revanche, le rapport d'IDC
précise que ce nombre devrait dépasser celui de l'Australie en 2001 et du Japon
en 2002, mettant la Chine en tête des pays d'Asie dans ce domaine.
Une autre étude "L'Internet
en Chine" publiée en juillet 1999 par BDA China et Strategis Group
estimait que le nombre d'internautes en Chine devait atteindre à la fin de
l'année 1999, 6,7 millions et que le pays le plus peuplé du monde devrait
devenir le plus grand marché de l'Internet dès 2003 avec une base de 33
millions d'utilisateurs.
Des recherches conduites en
octobre 1999 par le groupe Phillips basé à Londres, a prédit quant à lui
que la Chine serait en mesure dès 2005, de ravir la première place au Japon
dans cette discipline. A ce moment-là, la chine dépassera les 85 millions
d'internautes représentant ainsi 33,64% des internautes de la région
Asie/Pacifique, contre 33,54% pour le Japon. Quoiqu'il en soit, en terme de
pénétration de population, seule 6,58% de la population chinoise devrait être
connectée en 2005. Au Japon, on parle de 60% de la population à la même date.
Une des études les plus fiables
aurait été effectuée par le Yankee Group de Boston, en novembre 1999.
Cette étude explique que la Chine aura plus d'internautes que n'importe quel
pays d'Asie-Pacifique dès 2001, avec plus de 40 millions de personnes
connectées. En 2005, ce nombre devrait dépasser celui des Etats-Unis et permettre
à la Chine d'accéder à la première place du podium au niveau mondial.

Source CNNIC – jan 2000

Source CNNIC – jan 2000
Si l'on en croit les chiffres
publiés par CNNIC au mois de janvier 2000, 97% des utilisateurs d'Internet chinois
auraient été, en 1999, des utilisateurs réguliers voire assidus. Les analyses
occidentales (notamment australiennes) laissent penser que ces informations
peuvent être considérées comme fiables.
|
Survey Report Date |
Jan-99 |
Jul-99 |
Jan-00 |
|
Dial-up Computers as Percent of
Total Connected Computers |
84.3% |
82.9% |
88.3% |
|
Users with Dial-up Access as
Percent of Total Users |
71.0% |
64.0% |
74.8% |
|
Ratio of Total Users to Total
Connected Computers |
2.81 |
2.74 |
2.54 |
|
of
Which: Ratio for Dedicated Connection |
5.21 |
5.76 |
5.46 |
|
Ratio for dial-up Connection |
2.70 |
2.68 |
2.53 |
Source VirtualChina.com
3.2. Une répartition géographique très
inégale ![]()
Les
provinces et municipalités de Pékin, du Guangdong, de Shanghai, du Jiangsu, du
Shandong, et du Zhejiang englobent seulement 24,5% de la population de la Chine
populaire, mais 61% des utilisateurs d'Internet y résident!
Shanghai a connu une augmentation
de 995% du nombre d'internautes en une année. En nombre d'utilisateurs,
Shanghai se place désormais en troisième position après Pékin et la province du
Guangdong (Canton, Shenzhen,…) et 31 autres provinces.
Deux provinces du centre de la
Chine, le Hunan et le Hubei, ont connu respectivement les deuxième et quatrième
taux de croissance du pays.
Au nord, la municipalité de
Tianjin (port de Pékin, à une heure de route de la capitale) et la province du
Hebei (au Nord de la Chine) se placent en terme de croissance, et
respectivement, en troisième et cinquième position.
La province du Guangdong (la
seconde province en nombre d'internautes et située au sud de la Chine), a
enregistré une croissance du nombre d'utilisateurs de 162% durant l'année
écoulée, le plus faible des 31 provinces. Cette faible croissance indiquerait
que le Guangdong a perdu 8% du nombre total d'utilisateurs d'Internet dans
toute la Chine. Pékin a connu également une baisse de 2,64% sur le même ratio…
Les provinces de l'ouest demeurent
quant à elles très en retard. Le démarrage ne semble pas se faire.
En dépit de ces résultats (période
97/99) qui peuvent être jugés très encourageants, la pénétration d'Internet en
Chine reste limitée à moins de 1% de la population du pays. Et il est surtout préoccupant
de constater les différences de croissance suivant les régions ou
municipalités. Ce qui peut permettre d'apporter une preuve supplémentaire au
fait que la Chine se construit à deux vitesses…
Les indices de pénétration (17,4%
pour Pékin, 7,6% pour Shanghai et 2,6% pour Tianjin) apportent de précieuses
indications sur les parties de la Chine qui s'ouvrent le plus aux nouvelles
technologies mais plus globalement à l'économie internationale.
Pour illustrer cette évolution à
plusieurs vitesses, le tableau ci-dessous montre l'importance d'une corrélation
entre le PIB/habitant et le développement d'Internet dans les provinces.

De ces chiffres, il est possible
de tirer plusieurs conclusions:
-
Les infrastructures Internet
des provinces: Pékin, Shanghai et la province du Guangdong sont désormais les
leaders dans ce domaine.
-
On peut également douter de
l'efficacité de certaines campagnes de promotion et de formation réalisées par
les autorités locales chargées des communications, ou par les Internet Service
Providers (ISP), et probablement la faiblesse des relations de coopération ou
de concurrence entre les administrations et les ISP privés.
-
Le nombre de portails ou de
sites WEB à vocation régionale ou nationale accessible par les provinces reste
très variable et souvent limité.
-
Le pourcentage inégal du
niveau d'éducation des populations provinciales transparaissent dans ces
résultats ainsi que le poids des héritages culturels et des traditions des
populations déshéritées.
-
Ces chiffres fournissent de
précieuses indications sur la répartition géographique des centres
d'enseignement de haut niveau dans les provinces et le nombre d'étudiants
concernés.
L'étude de janvier 2000 du CNNIC
indique que les étudiants constituaient en 1999, 21% des 8,9 millions
d'internautes en Chine. 84% de ces étudiants travaillaient en université en vue
d'obtenir un diplôme universitaire ou un certificat de niveau supérieur. En
somme, 17,64% (un sixième du total) des internautes en Chine sont des étudiants
en université. Il apparaît que les campus universitaires constituent les
espaces les plus denses d'internautes. Sur les 4,13 millions d'étudiants à
temps plein, 35% d'entre eux se sont connectés au moins une fois durant l'année
1999.
Ces résultats expliquent sans
doute les stratégies adoptées par les professionnels chinois de l'Internet sont
la cible privilégiée reste le monde étudiant: ces derniers ont de fortes
chances de devenir par la suite des utilisateurs de cette nouvelle technologie
de l'information.
3.3. Profil de l'internaute chinois ![]()
La profil typique de l'internaute
chinois:
-
un homme (79%),
-
célibataire (64%),
-
âgé de 30 ans ou moins (78%),
-
ayant un niveau universitaire
(84%).
Il n'y a pas eu de réels
changements de ce profil durant la période 1997-1999, à l'exception d'un nette
augmentation du nombre de femmes connectées dont le pourcentage à la fin de
1999 est passé de 15% à 21% (contre 42% en France!).
La plupart de ces utilisateurs se
connectent à partir de leurs domiciles (50% contre 37% sur leurs lieux de
travail). 59% de cette population règle elle-même ses factures d'abonnement.
Ces factures sont dans le cas contraire réglées par les unités de travail.
Il ressort également, mais on
aurait pu s'en douter, qu'une majorité d'internautes résident en ville. Il
convient alors de prendre en compte les revenus de ces citadins pour dégager le
fait qu'être connecté relève souvent d'un sacrifice financier important.

1 Yuan= 0,750 FF (environ)
On estime que 21% des utilisateurs
d'Internet ont des revenus très faibles, voire aucun revenu: ce sont
généralement des célibataires étudiants pris en charge par leurs familles.
Dans les grandes villes, la
moyenne des salaires mensuel est estimée à 821 Yuans en 1999, avec cependant
quelques différences comme à Pékin qui aurait atteint l'année dernière une
moyenne de 1500 Yuans. Le salaire minimum a été fixé dans cette ville à 180
Yuans… Mais combien coûte un abonnement me direz-vous?
Un abonnement illimité à Internet
revenait à 300 Yuans par mois si vous résidiez à Pékin en 1999. Les
communications téléphoniques en ville, en dehors de l'abonnement, sont
pratiquement gratuites. Mais il reste bien entendu l'équipement qui représente
un investissement très important (10 à 15 000 Yuans pour un ordinateur de
qualité avec les périphériques). Les pékinois ont trouvé la parade et achètent
très souvent des ordinateurs assemblés sous leurs yeux par les commerçants. Il
convient aussi de noter que la Chine abrite désormais des sociétés fabriquant
des ordinateurs purement chinois ou presque. Les prix sont alors inférieurs à
ceux mentionnés plus haut mais ces équipements sont encore considérés comme des
objets de luxe!
3.4. Activités
professionnelles des internautes ![]()

On retiendra de ce tableau que
l'éventail des origines des utilisateurs d'Internet s'élargit de plus en plus
et ne se limite plus à des universités, des administrations ou des entreprises…
On constate en effet que de nombreux connectés utilisent Internet dans des
domaines aussi divers que la Culture, la détente, la santé, le E.Commerce, la
finance, ou même le télétravail.
4. LES SITES WEB EN
CHINE ![]()
Penchons-nous quelques instants sur les sites WEB développés en république populaire de Chine. Selon CNNIC, à la fin de l'année 1999, 48 695 sites WEB chinois étaient enregistrés (portant le sigle ".cn"). Mais ce nombre n'englobe pas la totalité des sites puisque de très nombreux ne se terminent pas par ".cn", mais par ".com", ".net", ou encore ".org". En mai 1999, Network solutions Inc indiquait que la Chine était en train de dépasser l'Australie dans la région Asie-Pacifique et de se placer en première position en matière de création de sites de qualité (et en huitième position dans le monde). Cette même société complétait six mois plus tard son étude en précisant qu'avec plus de 70 000 sites de qualité officiellement enregistrés, la Chine se plaçait désormais en cinquième position mondiale.
Nota: nous n'avons pas encore su exactement ce qui signifie "site de qualité" soit "top level site".
Il est important de retenir qu'en Chine:
- les code nationaux servent uniquement aux sites professionnels (.com, .org,…).
- les sites personnels portent en revanche le code ".cn".
- de nombreux sites ne portent pas de désignation claire mais des chiffres: www.163.com ou www.263.com . Ce détail déroutant s'explique par le fait que la Chine a quelques difficultés à faire cohabiter son système d'écriture et Internet. Ce problème est petit à petit résolu mais en vous connectant sur les sites indiqués plus haut, vous constaterez qu'il vous est impossible de les lire sans télécharger un programme de reconnaissance de caractères… C'est pour cela que certains sites sont simplement répertoriés par le numéro de téléphone de leur créateur. Ou alors des numéros plus expressifs: le site www.8848.net utilise la hauteur du Mt Everest et concerne tout simplement le premier site de E.Commerce de Chine populaire.
A la fin de l'année 1999, 15 513 sites WEB portaient le code ".cn". Mais seulement 31% d'entre eux correspondaient à des sites actifs. Il semble qu'une majorité des sites répertoriés sont conservés hors ligne pour être revendus ou ont été enregistrés par avance afin de protéger des marques déposées ou des noms de produits.
5. Les sites les plus populaires de Chine ![]()
A la suite d'un vaste sondage effectué par CNNIC à la fin de l'année 1999, voici les 12 sites les plus visités en Chine:


Sina.com et Sohu.com sont des sites enregistrés aux Etats-Unis, alors que Netease.com est de Chine continentale. Ce dernier estime être le premier et le plus important site WEB de Chine car il est capable de proposer un hébergement gratuit de pages perso et des services en ligne de qualité. En juillet 98 et janvier 99, il avait été consacré premier site WEB par CNNIC (exception faite de Yahoo!) mais a été récemment dépassé par Sina.com et Sohu.com.
Ces trois portails attendent une entrée sur le Nasdaq, mais ils n'ont pas encore reçu toutes les autorisations de la part des autorités chinoises.
Il ressort également que la plupart des sites WEB chinois les mieux classés sont domiciliés à Pékin. Dans ce classement, Shanghai et la province du Guangdong arrivent en deuxième et troisième position.
Beaucoup de sites ont été réalisés par des chinois récemment diplômés dans des universités américaines. C'est notamment le cas de Sohu.com, ChinaRen, NetBig, EachNet, eTang.com, eGuo.com. Ce qui prouve qu'étudier aux Etats-Unis ou plus généralement à l'étranger permet souvent à un chinois de réussir aujourd'hui en Chine continentale, principalement dans des créneaux porteurs comme les nouvelles technologies de l'information.
En somme, il nous est apparu essentiel de retirer de cette étude les enseignements suivants:
- Le développement d'Internet en Chine est absolument fulgurant surtout si l'on se base sur le nombre de connectés. En revanche les résultats sont plus modestes en terme d'indice de pénétration. Le chiffres laissent cependant penser que dans un futur proche (2005), la Chine dominera dans ce domaine la région Asie-Pacifique, dépassant le japon et l'Australie.
- Internet concerne surtout trois régions de Chine qui constituent les principales portes d'accès à l'étranger. Il s'agit de Pékin, Shanghai, et de la province du Guangdong (Canton, Shenzhen,…).
- L'utilisation de cette nouvelle technologie de l'information permet avant tout à la Chine de récupérer des informations venant de l'étranger. Ces informations sont principalement exploitées en universités, dans les académies, à des fins d'enseignement et de recherche et développement. Mais les infrastructures, notamment dans les télécommunications, limitent encore la diffusion d'Internet en Chine.
- Pour le particulier, l'Internet reste un objet de luxe. Il demeure hors de portée d'une grande majorité de chinois, du moins pour le moment.
- L'Etat conserve le contrôle de la situation à travers un certain nombre de barrières. L'accès à l'information dans son intégralité n'est pas encore permis en Chine…
En souhaitant que vous ayez apprécié ce rapide tour d'horizon du développement d'Internet en Chine, nous vous invitons à consulter les différentes pages que nous avons préparées afin de compléter les éléments présentés dans ce dossier.