| Sherbrooke, Ville ouverte: La prostitution au d�but du si�cle | ||||||||||||||
| Par St�phanie Lanthier | ||||||||||||||
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| Affubl�es de diff�rentes appellation allant "d'avaleuses de tr�pon�me" � "racoleuses peinturlur�es", les prostitu�es ont pignon sur rue � Sherbrooke au d�but du si�cle. Le plus souvent la prostitution Sherbrookoise est une affaire de "bordel" ou de "maison closes" comme on l'appelait � l'�poque. Ces lieux sont d'ailleurs connus de la population. Pour la majorit�, les "maison closes" Sherbrookoises sont �tablies pr�s du centre-ville King et Wellington. Bien entendu, on en retrouve ailleurs, comme par exemple, sur les rues Belv�d�re, Font (actuel boulevard Saint-Fran�ois) et marquette. Le fait que nous retrouvons des "Redlight", dans la plupart des villes D'Am�rique du Nord, pr�s des gares et des quartiers ouvriers, montre qu'il existe non pas un, mais deux "Red light" � Sherbrooke au d�but du si�cle. | ||||||||||||||
| Le premier, situ� pr�s de la gare central, au centre-ville de Sherbrooke. Le second, pr�s de la gare "Canadian Pacific" dans le quartier ouvrier, pr�s de la rue Belv�d�re. Les gares sont centrale, car elles sont des lieux de recrutement de prostitution (jeunes filles arrivant souvent de la campagne) et de sollicitation (recherche de clients). Les clients, une fois sollicit�s, doivent d�bourser en moyenne deux dollars pour "un moment" qui dure environ 30 minutes et de cinq � setp dollars pour une nuit compl�te. Il est � souligner que la prostitution � Sherbrooke �tait, comme dans la plupart des villes du monde, tol�r�e. Sous forme de pots de vin, une complicit� se cr�ait. Une amende s'�tablissait entre 20$ et 50$ pour une tenanci�re coupable et advenant le cas d'un emprisonnement, les peines ne d�passaient pas les six mois, la moyenne se situant autour de deux mois. Selon le code p�nal canadien � cette �poque et ce, jusqu'� tout r�cemment, la prostitution est consid�e�e comme crime exclusivement f�minin. Les prostitu�es sont tenues coupable d'�tre des foyer de "perditions morales" Qui plus est, elles sont tenues resposables du "p�ril v�n�rien" qui survient dans ces m�mes ann�es. Les taux de mortalit� caus�e par la syphilis et la gonorrh�e au d�but du si�cle est tel, qu'il s�me une terreur g�n�ralis�e. D�s lors, il faut trouver rapidement un coupable, et la prostitu�e par ses activit�s de "vices commercialis�s" est la cible parfaite. Devenue au cours des ages l'incarnation de la p�cheresse, Eve, la prostitu�e, sert de v�ritable bouc �missaire � une soci�t� qui ne parvient pas � s'adapter � une industrialisation sauvage. Au m�me titre que la vache ou le lait contamin�s, les prostitu�es sont per�ues comme des "foyers de maladies contagieuses". Une v�ritable croisade morale est donc men�e afin d'enrayer le mal social et physique auquel la ville est aux prises. Vu sa complexit�, la prostitution est le p0lus souvent tol�r�e qu'�limin�e. Une tradition historique s'est instaur�e au cours des si�cles faisant de la prostitution un ph�nom�me essentiellement urbain. � la fin du Moyen-Age, " la prostitution de bordel" servait, selon les moeurs de cette �poque, de r�gulateur social dans les villes. En fait, selon l'�lite politique, elle �tait n�cessaire au maintien de l'ordre public. |
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