(S.O.S.: solidarit� f�ministe demand�e)
Cet article a paru dans la Gazette des femmes
Les groupes f�ministes ne devraient-ils pas intervenir dans ce d�bat? Apres tout, certaines femmes du milieu sont forc�es de pratiquer la danse-contact, alors que celles qui choisissent de le faire ne peuvent pas � cause du flou juridique que la police invoque pour les arr�ter. D'une mani�re ou d'une autre, le probl�me demeure: ce sont les femmes qui �copent.
"Je pense qu'� l'int�rieur du mouvement des femmes, les travailleuses du sexe sont discr�dit�es, d�plore Minni Alakkatusery. Elles sont encore vues comme �tant toutes des femmes librement, par choix. Le probl�me, c'est qu'elles sont invisibles, sans voix, pas reconnues. En ce sens, elles sont facilement r�prim�es: si on reconnaissait leur choix, elles seraient moins exploit�es".

Marie-Andr�e Bertrand, criminologue � Montr�al, croit aussi que le f�ministe n'accorde pas assez de cr�dibilit� aux femmes du "milieu". Autant je suis pr�te � m'engager demain matin contre la traite des mineures, autant je ne suis pas d'accord pour interf�rer avec le choix de femmes adultes. Ce n'est pas � moi de les juger si elles veulent gagner de l'argent avec des rapports sexuels. Dans le cas du d�bat sur la danse-contact, je pense que les pratiques d'un �tablissement doivent �tre claires: si �a fait partie des r�gles du bar, la danseuses sait � quoi s'attendre et dans quoi elle s'engage."

Porte-parole de l'Association qu�b�coise des travailleurs et travailleuses du sexe,
Claire Thiboutot rench�rit: "Peut-on �tre pour ou contre le lap dancing? C'est mal poser la question. Personne l'exemple de l'avortement: ce n'est pas parce qu'on est pour le libre choix qu'on est pour l'avortement. D'un c�t�, celles qui font de la danse � 10$ disent offrir un service sexuel diff�rent, et qu'il y a une demande pour �a. D'un autre c�t�, c'est s�r qu'il y a des cons�quences pour les femmes qui dansent � 5$, parce que, effectivement, la dans � 10$ devient de plus en plus populaire et prend une grande place sur le march�.
La d�criminalisation clarifierait les choses ... Moi, je propose qu'on d�finisse locallement, bar par bar, la vocation de l'�tablissement ... Le plus important, c'est que les femmes continuent de pouvoir exercer un libre choix."

"� mon avis, conclut Frances Shaver, sociologue de l'Universit� Concordia qui travaille avec des prostitu�es de Montr�al, Toronto et San Francisco, ce sont les conditions dans lesquelles travaillent ces femmes qui sont d�plorables, par leur travail."

Mais pour r�ussir � obtenir la d�criminalisation. les travailleuses du sexe doivent �tre soutenues par d'autres femmes. C'est � cette condition qu'elles pourront proposer de nouvelles r�gles du jeu.
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