| Les Policiers laissent les filles de joie tranquilles | |||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||
| Par Brian Myles Le Devoir ao�t 2000 | |||||||||||||||
| Les policiers n'arr�tent presque plus les filles de joie. Les organismes communautaires leur venant en aide, ont obtenu budgets et effectifs gr�ce � l'intervention comme de la ville de Montr�al et du gouvernement du Qu�bec. Si ce n'est pas la non-judiciarisation, alors? Sergre Bruneau h�site avant de r�pondre par l'affirmative � la question. Le plan d'action d�voil� � la mi-juin par l'administration Bourque et Qu�bec pour lutter contre les probl�mes sociaux urbain accorde 212 000$ � une s�rie d'organismes communautaires r�put�s pour leur approche pragmatique. |
|||||||||||||||
| C'est donc par la bande, avec des moyens plus modestes, moins spectaires, que s'effectue une exp�rience de non-judiciarisation de la prostitutuon de rue � montr�al. L'argent neuf permettra d'embaucher six intervenants pour la r�alisation de projets destin�s � att�nuer les effets pervers du plus vieux m�tier du monde. " Les protocoles sont d�j� signer avec les organismes. Chaque organisme g�re son budget et doit d�poser en d�cembre des �tats financiers et un bilan de l'intervention", explique M. Bruneau, coordonnateur du Comit� sur les probl�mes sociaux � la ville de Montr�al. � titre de comparaison, le projet initial, sacrifi� en mars sur l'autel de l'indignation populaire, pr�voyait aussi l'embauche de six travailleurs issus du milieu communautaire. Sauf que ces derniers auraient patrouill� les rues en compagnie d'agents du SPCUM. L'�quipe-terrain, combinant les expertises polici�re et sociocommunautaire, aurait �t� active setp jours sur sept, � toute heure. Le D�funt projet-pilote comportait �galement deux aspects in�dits. Primo, Les plaintes adress�es par les citoyens au 911 auraient �t� achemin�es � l'�quipe terrain. En d'autres mot, Les prostitu�es auraient d� s'expliquer avec un policier et un travailleur d'un organisme communautaire, ce qui r�duit l'aspect r�pressif de l'intervention. Secundo, les probl�mes recurrents auraient �t� trait�s pas un comit� de m�diation dans lequel les r�sidants auraient eu voix au chapitre. �branl�s. La population du quartier en a voulu autrement. Pr�sent� comme "une alternative � la judiciarisation", appuy� par une coalition arc-en-ciel d'�lus, de policiers, de travailleurses du sexe et du milieu communautaire, le projet-pilote a �t� mis � mort sans d�bat pr�alable. "Je ne vous cache pas qu'on a �t� �branl�s, admet Serge Bruneau. Comme avec n'importe quel projet, on s'attendais � une dissidence ou une incompr�hension. Mais honn�tement, jamais je ne m'attendais � une lev�e de boucliers aussi forte." Mais ce ne fut pas suffisant pour an�antir un courant de pens� qui a pris racine d�s 1995 � Montr�al avec la cr�ation de la Table inter-quartiers sur la prostitution. Un important colloque international sur la prostitution, tenu � Montr�al en septembre 1996, a r�invit� le milieu � adopter l'approche sociocommunautaire. Form� en 1996, le comit� montr�alais sur la prostitution de rue a d�pos� son rapport en juin 1999. C'est dans ce document qu'est propos� le projet-pilote de non-judiciarisation d�battu ce printemps. Ces cinq ann�es de r�flexion ont laiss� un trace ind�l�bile au SPCUM, � la ville, dans le milieu. Depuis l'�chec du projet, Serge Bruneau a rencontr� deux groupes d'opposants au projet, la Corporation de d�veloppement Berri-UQAM et la toute jeune Association des r�sidants des Faubourgs. Il a aussi pr�t� l'oreille � un groupe de femmes qui a exprim� ses craintes face � la mont�e de l'intol�rance dans le quartier. De sanies rencontres, estime M. Bruneau. C'est lors de la rentr�e automnal que reprendront des discussions plus s�rieuses sur la non-judiciarisation. De nouveau joueurs devraient se joindre au comit� consultatif permanent sur la prostitution de la ville de Montr�al, dans l'espoir d'en arriver � l'ombre d'un �ventuel plan qui suscitera peut-�tre l'unanimit� au sein du public. L'opposition a pris la ville de court, mais la ville n'entend pas l�cher prise. |
|||||||||||||||
| Retour | |||||||||||||||
|
|||||||||||||||