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Prostitution: l'approche social Par Michel Venne Le devoir juin 2000 |
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| Pour att�nuer les effets de la prostitution de rue, il n'y a gu�re d'autre solution qu'une approche social comme celle qui �tait sugg�r�e dans le cadre d'un projet pilote dans le quartier Centre-sud de Montr�al. �tablir des maison closes, comme le sugg�rent des d�put�s du Bloc qu�b�cois. Les d�sagr�ments li�s � la prostitution du rue soul�vent avec raison le d�go�t des r�sidants du quartier Centre-sud. Lorsqu'on est oblig� de faire la cueillette des condoms et des seringues dans le carr� de sable du parc local avant d'y laisser joure son bambin, on ne peut gu�re parler d'une qualit� de vie. Il reste que tout les villes du monde o� l'on a essay� d'�radiquer la prostitution ont �chou�. |
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| Il y avait 500 prostitu�es qui faisaient la rue il y a vingt ans � Montr�al. Il y en a autant aujourd'hui. La r�pression et les poursuites criminelles n'ont rien chang�. C'est en faisant ce constat que le Comit� montr�alais sur la prostitution de rue et la prostitution juv�nile en �tait venu, l'hiver drenier, � proposer une approche socio-commnautaire fond�e sur la non-judiciarisation pour �liminer les irritants li�s � ce ph�nom�ne. Le comit� a propos� un projet-pilote pour le quartier Centre-Sud. Des r�sidants ont hurl� de col�re, croyant que les prostitu�es de la ville enti�re envahiraient leurs rues. Le projet avait �t� mal compris. Il n'y a pas d'autre approche � mettre en oeuvre. D'ailleurs, les autorit�s sont en train d'en appliquer subrepticement les grands principes � la satisfaction de tous. La police s'en tient pour l'heure � une approche non judiciaire en �pinglant les clients et en laissant en paix les prostitu�es, sauf si elles commettent un m�fait. Tendis que la ville et le gourvernement du Qu�bec vont soutenir finaci�rement des organismes qui viennent en aide aux prostitu�es, un peu comme le pr�voyait le projet-pilote. � ces mesures s'ajoute la cr�ation d'une " brigade-propret�" charg�e de nettoyer les lieux publics jonch�s de condoms et de seringues, ce qui devrait am�liorer le confort des r�sidants. La solution sugg�r�� par des d�put�s bloquistes, qui consiste � modifier la loi pour permettre les maison closes, para�t inappropri�e. D'une part, cela ne r�glerait rien notamment parce que les filles (et les gar�ons) qui se prostituent dans la rue sont aux prises souvent avec des probl�mes de toxicomaine ou s'adonnent � une criminalit� qui les pousse � la clandestinit�. Si ce n'�tait de contexte, ces enfants bris�s iraient offrir leurs services dans des agences d'escortes comme le font d'autres (putes de luxe). D'autre part, l'�tablissement de maison closes r�glement�es par l'�tat aurait pour effet de banaliser la prostitution comme s'il s'agissait d'un m�tier comme un autre, alors qu'il s'agit d,une activit� d�gradante, d'une atteinte � l'int�grit� physique et �moitive de la personne qui s'y livre. Une soci�t� peut tol�rer cette activit� tout en cherchant � la combattre en s'en prenant � ses causes qui sont �conomiques et sociales. Mais tol�rer la prosttution ne veut pas dire l'encourager en lui fournissant un cadre s�curisant susceptible de favoriser son expansion, voire le tourisme sexuel qui est devenu un fl�au � l'�chelle mondiale et la cause, en Europe et en Asie, du trafic de femmes et d'enfants. Il ne s'agit pas de se r�fugier dans des valeurs puritaines ni de faire dans l'ang�lisme. Mais une soci�t� ne doit-elle pas promouvoir des valeurs moral fond�es sur des rapports humains et sexuel �galitaires plut�t que d�gradants? On ne peut r�gir les relations intimes entre adultes consentants, cela va de soi. D'ailleurs, l'acte de se prostituer, contrairement � ce que l'on croit souvent, n'est pas ill�gal au Canada. Les lois qui punissent la tenue de maison de d�bauche, le prox�n�tisme et la sollicitation ont pour but de prot�ger des femmes contre leurs exploiteurs et de prot�ger la population contre le d�sordre public. Le d�fi est de faire bon usage de ces lois dans une approche qui combine la r�duction des irritants imm�diats avec une intervention communautaire appropri�e, comme le proposait le projet pilote, qui doit �tre ressuscit�, mieux expliqu�, adapt� s'il le faut en �tendant son application � d'autres quartiers de la ville. C'est la m�thote qui donnera les meilleurs r�sultats, avec le moins d'�ffets pervers. Le Devoir 2000 |
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