Allocution prononc�e lors des fun�railles de

Tante Rita Mill (6/01/1910--13/6/2000)

       en l'�glise de Maria, le samedi 17 juin 2000.

 

 

            On m'a demand� d'�voquer bri�vement la carri�re, la personnalit�, le souvenir de  notre ch�re tante Rita Mill, d�c�d�e mardi dernier, le 13 juin 2000,  jour de la f�te de Saint-Antoine-de-Padoue.

          

            N�e � Maria, le jour de l'�piphanie, le 6 janvier 1910, Rita Mill est l'avant-derni�re d'une famille de huit enfants (Florence, Jessie, Edward, Maurice, Clarence, L�onard, Rita et Fr�d�ric ou Freddie).

            Elle a re�u l'influence marquante de son milieu natal, ici � Maria, et surtout celle de sa m�re Suzanne Clapperton qui lui a transmis, en m�me temps que sa foi, le go�t de la beaut�. Rita lui ressemblait  physiquement; m�me d�licatesse dans les traits, m�me profondeur dans le regard,

ces beaux yeux bruns fonc�s dont nous avons tous le souvenir. Rita Mill a �t� et est rest�e une belle femme, de corps et d'�me, car �  la finesse des traits de son visage correspondait aussi la finesse et la d�licatesse de son �me. Ajoutez � cela une foi in�branlable, qui la guidera et l'�clairera toute sa vie.

 

            

            Carri�re.

 

            D'une certaine fa�on, la carri�re de Rita Mill a �t� fort simple; c'est la carri�re d'une  femme professionnelle.

            Apr�s des �tudes primaires et secondaires, elle a pass� pr�s d'un an chez sa soeur Florence, dont elle a toujours �t� tr�s proche, chez nous � New-Richmond, en m�me temps que tante Simone Loubert, qui avait le m�me �ge. Cela se passait en1927 et elles avaient toutes les deux dix-sept ans. Rita, m'a-t-on dit, occupa alors dans un commerce ou une compagnie locale. Par la suite, elle fait son cours d'infirmi�re � l'H�pital Saint-Sacrement � Qu�bec, o� elle se lie d'amiti� avec des compagnes dont  elle gardera longtemps le souvenir.

 

            Lorsque survient la guerre, elle s'engage comme infirmi�re dans l'Arm�e canadienne. Elle se rend outre-mer, passe quelque temps en Angleterre-vous avez sans doute d�j� vu telle photo d'un ami anglais, militaire, sur un motocyclette-.Puis elle participe au d�barquement en Italie et � la campagne d'Italie, o� elle sert comme lieutenant dans le R.C.A.M.C,  c�est-�-dire dans le corps m�dical de l�arm�e canadienne.

 

            Une fois la guerre finie, en 1945, elle travaille � Montr�al, au centre-ville, puis

 � Sainte-Anne-de-Bellevue, et enfin � l�a�roport de Dorval, � l�accueil m�dical des passagers, au service de la TCA, la TransCanada Airlines, qui deviendra Air Canada. C�est l�� qu�elle noue d�amiti� avec un m�decin originaire du Nouveau-Brunswick, le docteur James Violet, qui sera l�homme de sa vie ; un ami �trange et fid�le, qui partage la m�me foi, et qui la pr�c�dera dans la tombe.

 

            Une personnalit� accueillante.

 

            Tante Rita ne s�est jamais mari�e, mais elle a fait la guerre. Et faire la guerre, surtout la campagne d�Italie, c�est quelque chose de consid�rable.

            Tante Rita n�a jamais eu d�enfants, mais d�une certaine fa�on elle a �t� l�amie, la confidente, l�ange tut�laire de nous tous, de la plupart de ses neveux et ni�ces, qui ont trouv� en elle la personne la plus accueillante qu�on puisse souhaiter. Et elle l�a �t� pour nombre de ses petits neveux et petites ni�ces de la g�n�ration suivante.

 

            Elle a �t� pour nous celle qu�on a appel�e la dispatcher, c�est-�-dire le centre d�aiguillage, celle qui a permis la communication et l��change d�information dans tout notre  r�seau familial des cousins Mill, Leblanc, Clapperton et autres. Et cela parce  qu�elle restait elle-m�me en communication avec chacun, chacune de nous.

 

            Combien d�entre nous ont eu le plaisir d��tre accueillis par elle � Montr�al, au 2300 rue St-Mathieu, � l�appartement 802 qu�ille habita longtemps et d�o�  elle rendit tant de services ? Qui de vous n�a pas re�u de Tante Rita une carte de v�ux. Une lettre marqu�e de sa belle �criture bien moul�e et bien tourn�e- qu�on peut appeler l��criture des Mill ? Et dans ces rencontres, derri�re ces mots, sous ces lignes, il y avait toujours l�expression de sa bont�, de sa d�licatesse, de son extr�me attention � chacune et � chacun d�entre nous ! Elle a pratiqu� cette charit� d�crite il y a un instant dans l��p�tre et dans l��vangile qu�on a lus.

 

             Mille mercis, Tante Rita pour tant de bont� et tant de d�licatesse !

 

            Devant deux portraits de Rita : Une r�flexion.

 

            Hier soir, apr�s la s�ance de photographie familiale, qui nous a tous r�uni(es joyeusement, comme dans une c�l�bration -et il y a lieu de se r�jouir, car son d�part est pour elle une lib�ration,- l�une d�entre vous a juxtapos� un moment deux repr�sentations de tante Rita Mill ; la photo de la jeune militaire des ann�es 1940, jeune femme dans la trentaine, et la belle peinture faite par notre cousin Yves Leblanc, la repr�sentant dans sa vieillesse, l��il encore vif sous ses grandes lunettes.

 

            Cela m�a rappel� un po�me d��mile Nelligan, Devant deux portraits de ma m�re. Quel contraste entre la beaut� remarquable de la jeune Rita et l�image de la vieille dame diminu�e et perdue que nous avons visit�e ces derni�res ann�es ! Cela m�a remis sous les yeux un passage de l��p�tre de Saint Paul aux Philistins, chap.3, versets 20 et 21 ;

 

            � Car notre cit�, � nous, est dans les cieux, d�o� nous attendons, comme sauveur le Seigneur J�sus Christ , qui transfigurera notre corps humili� pour le rendre semblable � son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre � son pouvoir. �

 

            Dans ces deux portraits de Rita Mill est contenue toute son existence, mais aussi en un sens toute notre existence, � chacun et chacune de nous : jeunes et beaux et forts, nous l�avons tous �t� un jour � heureux ceux qui le sont encore-- ; et pourtant notre corps devra aussi comme celui de Rita affronter et subir la vieillesse, la diminution progressive de sa force, l�acceptation de l�in�vitable ; la faiblesse, la maladie, la mort.

 

            Telle est la le�on de la vie, en quoi nous sommes tous �gaux, Dieu merci ; c�est peut-�tre la seule �galit�. Telle est aussi la p�dagogie de Dieu le P�re ; nous conduire chacun et chacune d�entre nous, d�un point x � un point y, jusqu�� cet ultime rivage o�, � l�exemple de Rita revenue sur la plage de Maria, nous allons aussi, un jour prendre le bateau myst�rieux� C�est peut-�tre la plus belle image de la mort, celle d�un passage, d�une travers�e vers un autre rivage, dans l�au-del�, o� nous attendent tous ceux et celles qui nous ont connus et aim�s, dans l�immense famille des enfants de Dieu !

 

            Quelle joie cela d� �tre pour Tante Rita de retrouver ses fr�res et s�urs, p�re et m�re, ses grands parents et tous le siens ! Quelle joie de retrouver tout son esprit, toute sa facult� de perception, d�expression et de communication !

 

            Que Dieu le P�re re�oive ta belle �me, ch�re Tante Rita ! Qu�il te rende au centuple ces milliers d�actes d�amour et de charit� que tu as faits dans ta longue vie !

Qu�il te pardonne ces moments de douleur, d�agressivit� ou d�impatience que tu as pu ressentir dans la cruelle maladie qui t�a frapp�e dans tes derni�res ann�es. !

 

            Continue dans l�au-del� de veiller sur chacun et chacune d�entre nous. Merci de nous avoir tous r�uni(es) pour cette c�l�bration, pour la joie de nous retrouver tous ensemble, ici, � Maria, dans la terre natale.

 

 

            Au nom de la famille, permettez-moi de remercier notre cousin Yves Leblanc qui a �t� son tuteur ces derni�res ann�es ; (j�ajoute ici, dans mon texte �crit ; merci particulier � ma s�ur Gis�le Leblanc Tach�, retenue � Ottawa pour des raisons de sant�, qui a �t� tr�s pr�sente aux derniers moments du Docteur Violet et une aide pr�cieuse aupr�s  de Rita au moment de son d�m�nagement) ; et de remercier enfin Paul-Henri et Isabel, ainsi que Tante Germaine et Tante Am�lia, et les cousins, cousines, pour les visites et les soins donn�s, pour la pr�sence assur�e aupr�s de Tante Rita.

 

            Enfin on me prie de transmettre � vous tous et � vous toutes, parents et ami(e)s, l�invitation de vous rendre apr�s les fun�railles au brunch et au caf� d�amiti� qui seront servis au Centre communautaire de Maria.

 

 

 

            Alonzo LeBlanc,

     

            Maria, le 17 juin 2000.

 

 

 

 

 

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