
LACHER PRISEVu dans les nouvelles télévisées il y a quelques années: Un homme revient chez lui et trouve deux adolescents en train de déménager son poste de télévision; calmement, il décroche la carabine qu'il transporte dans son pick-up, épaule et abat les deux enfants. Plus tard, il dit pour se défendre : "Mais ils me dévalisaient, je n'allais quand même pas les laisser faire." Voila, où nous en sont nos priorités: Deux vies humaines pour un poste de télévision. Cet homme, sûrement une personne ordinaire, était incapable de laisser partir ce qui lui appartenait. Après tout, il avait travaillé dur pour la payer sa télé, une vie sans joie seulement éclairée par ses trois heures par jour devant sa boîte a fantasmes, et on ose la lui voler!!! "Non, non, pas du tout! On ne me fait pas ça, à moi! J'ai du caractère, moi monsieur! Mon père m'a appris à respecter la propriété d'autrui et j'avais intérêt à lui obéir, sinon, attention à la ceinture! Si ces petits voyous s'imaginent qu'ils peuvent se servir sur les choses qui m'ont coûté si cher, je vais leur montrer de quel bois je me chauffe." Nous définissons ce que nous sommes par ce que nous avons construit et acquis durant notre vie: Notre maison, notre compte en banque, notre carrière, nos voitures, notre famille... et lorsque ces choses sont menacées, c'est notre univers entier qui est mis en danger. N'est ce pas un peu triste de penser que toute notre valeur se résume à quelques bouts de ferraille ou de plastique qui disent au monde que le propriétaire de ces choses est une personne à respecter? Si notre fils décide de devenir musicien, alors que nous rêvions qu'il soit inspecteur des finances, pourquoi pas le déshériter? Si la bonne amie veut me plaquer , je vais la secouer un peu pour lui remettre de l'ordre dans les idées. Comment ose-t-elle, après tout ce que j'ai fait pour elle? Si ma société fait faillite à cause de ma mauvaise gestion, je vais me suicider, ça leur apprendra à être méchants avec moi. Ces exemples (pas trés rares) sont des indices de la mentalité générale, et de notre inaptitude à lâcher prise . Laisser béton, démontre un manque de caractère Il n'y a que les mous, les feignants, et ces parasites de hippies qui abandonent la partie. C'est ce que la culture présente veut nous faire croire. Les pouvoirs de l'ombre savent que l'enjeu est trés élevé, (ce que trés peu parmi les humains ont encore compris.) Il y va de leur survie, ils doivent nous dérober notre pouvoir ou perdre le leur, ce qu'ils ne sont pas à même de permettre. Pour nous soustraire notre pouvoir, il faut nous maintenir dans les régions du materiel et nous empêcher de nous éveiller; à cette fin, une de leurs arme favorite est la télévision qui distille la peur et nous fabrique sans cesse de nouveaux besoins Et pourtant, nous allons sûrement tout perdre dans les évènements à venir. Les populations du tiers monde sont à nos portes et exigent qu'on les laisse entrer. Notre mode de vie s'érode depuis longtemps, et si pour cette seule raison, il serai sage de se détacher des choses au lieu de planter nos dents dans le matériel comme des pitt-bulls enragés. Un jour, il sera exigé de nous que nous partions de chez nous sans prendre le temps de faire nos valises. En serons nous capables, ou allons nous végéter pendant quelques temps avant de mourir de chagrin? Celles-ci sont des raisons pratiques pour nous encourager a lâcher prise, pas tout d'un seul coups, mais petit à petit, ne serait-ce que pour l'exercice. Ces choses que nous croyons possèder nous possèdent. Elles sont les barreaux de notre prison. Tout ce qui nous attache nous maintiens dans la densité et nous éloigne de l'éveil. Les choses matérielles appellent en nous des sentiments de désir, d'orgeuil, d'ambition, d'avarice, de peur (de perdre,) de jalousie, d'envie et à la limite, d'obsession. Nous restons dans la densité, au lieu de nous élever, nous nous alourdissons, au lieux d'affiner notre essence et de rechercher les joie de l'esprit qui sont notre dû. Catherine Henry, 2005 |