PEUT ON AIDER LES AUTRES ?



   Dans le monde des cinq sens, les gens ont de nombreux besoins; besoin de nourriture, d'abris, de santé, de confort, de sécurité, de chaleur humaine, de beauté... etc. Donner pour satisfaire ces besoins est ce qui vient le plus aisément à l'esprit. C'est ce que font les bonnes oeuvres, les bonnes âmes, les organisations charitables, les églises.
   Oui, mais, offrir de l'aide à un autre, n'est ce pas aussi, un peu lui dire (de manière subliminale) : "tiens, prends ca, je suis fort, tu es faible, et tu ne pourras pas t'en sortir sans moi?" Sa situation, peut-ètre, s'améliore quelque peu alors que son image de lui-même plonge vers les profondeurs abyssales.
   Les "désavantagés" de nos sociétés ne semblent pas trés reconnaissants pour les programmes d'aide sociale que nous pensons bien faire de leur offrir. Sentent-ils au niveau subconscient que le cadeau cache un piège trés subtil?
   Au niveau spirituel, nous sommes les créateurs de notre réalité. Aucune condition n'est imposée sur nous sans notre complète participation. Si une âme a choisi de s'incarner dans un corps malade (ou d'entrer dans de terribles conditions sociales ou économiques), cela rendrait toute aide inutile ou même malvenue, un acte maladroit, capable de remettre en question la parfaite trajectoire de l'Esprit.
  Si je parais faire l'apologie de la non-assistance, ca n'est point le cas; je cherche simplement à montrer qu'aider est une chose trés complexe.
  Bien sûr qu'il faut aider! Il faut nourrir ceux qui ont faim, tendre la main à ceux qui sont seuls; nous avons tous quelque chose à donner, que ce soit du pain ou un sourire ou de la sagesse. Comment savoir si les besoins sont réels, si notre aide est nécessaire? je crois que notre intuition est parfaite et la meilleure indication de ce qu'il faut faire.
  Donner, oui, mais donner avec joie, sans fierté, sans espoir de récompense; donner comme expression de confiance que nous vivons dans un univers d'abondance infinie, et que moi j'ai plus qu'assez pour partager avec un autre être humain qui (en surface) semble avoir des besoins plus urgents que les miens.
  Aider c'est aimer, c'est voir le divin dans le lépreux ou le clochard, c'est lui dire que tu t'inclines devant sa splendeur, que tu respectes les conditions qu'il a choisies, et que tu lui demandes de t'aider a l'aider.
  Jésus Christ lavait les pieds du mendiant et bénissait la prostituée. Il rendait aux petits, aux insignifiants, aux pècheurs leur véritable importance. En les honorant, il les aidait à laisser tomber les préjugés que la société avait épinglé sur eux, et ce faisant, il leur donnait l'opportunité de réaliser en plein leur vrai potentiel.
  La générosité est sa propre récompense; à la limite, on pourrait dire que la générosité est l'ultime acte d'égoisme (euh, pardon, mais le paradoxe m'amuse.)
  Alors, donnons, oui, mais moins pour sauver l'humanité (un projet assez prétentieux à mon avis) que parce que ça nous fait plaisir, et restons extrèmement attentifs aux motifs qui nous animent.

©Catherine Henry, 2004


Retour à la page d'accueil :
Hosted by www.Geocities.ws

1