LE HARFANG DES NEIGES

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À l’inverse de la plupart des oiseaux rencontrés au Québec, c’est surtout l’hiver qu’il est possible d’observer le Harfang des neiges. En effet, cette espèce niche dans le Grand-Nord et elle hiverne de façon irrégulière plus au sud. Ainsi, comme la majorité des gens vit au Québec au sud du 50° N, c’est surtout lors des migrations hivernales que les ornithologues ont la chance de l’observer. Le Harfang des neiges a été choisi comme emblème aviaire du Québec en 1987 (Paquin et David 1993). Sa popularité s’est accrue considérablement depuis.

État saisonnier : visiteur hivernant (David 1980). Nicheur à répartition limitée dans le centre et le nord du Québec (Robert 1989).

Aire occupée : printemps (104:81, 12, 11); été (20:18, 1, 1); automne (96:59, 22, 15); hiver (163:46, 34, 83). De toutes les mentions de Harfang des neiges contenues dans le fichier ÉPOQ (3 269) entre 1969 et 1989, 65% proviennent de la saison hivernale. Les constances correspondantes sont aussi les plus élevées en cette saison. En effet, c’est à cette période que surviennent les invasions assez régulières du harfang dans le sud du Canada et le nord des États-Unis (Gross 1947, Kerlinger et al. 1985, Paquin et David 1993). Ces invasions semblent être reliées aux fluctuations cycliques des populations de petits mammifères dans le Grand-Nord et en particulier des lemmings, la proie favorite du harfang (Terres 1980, Godfrey 1986). Ainsi, lorsque la nourriture devient plus difficile à trouver dans son habitat nordique, le harfang se déplace vers les régions plus méridionales où il pourra trouver des proies en plus grand nombre et ainsi survivre à l’hiver. Sur la carte d’hiver, on peut voir que les carrés avec mentions sont situés principalement le long du Saint-Laurent, depuis le sud-ouest du Québec jusqu’en Gaspésie et particulièrement dans les régions agricoles sur la rive sud du fleuve jusque dans le Bas-Saint-Laurent. On retrouve aussi le harfang dans l’est de la Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi, mais moins souvent ailleurs. Les plus fortes constances apparaissent en décembre (9,4) et en janvier (8,1). Lors de son séjour annuel dans le sud du Québec, le harfang semble rechercher un habitat qui ressemble à celui auquel il est habitué dans le nord. C’est sans doute la raison de ses incursions le long du fleuve, au bord de la mer et dans la plaine du Saint-Laurent, où les grandes étendues à découvert évoquent certainement son habitat nordique. Le harfang est facile à localiser. Il a l’habitude de se poser bien en vue, soit au sol ou sur un poteau électrique, un lampadaire, un piquet de clôture ou tout autre perchoir à partir duquel il pourra surveiller attentivement les environs.

Pour le printemps et l’automne, les répartitions sont similaires. Les mentions proviennent principalement de carrés situés le long du Saint-Laurent et dans l’est de la Gaspésie. Les constances sont beaucoup plus faibles qu’en hiver. Comparativement à l’automne, il y a au printemps moins de carrés avec mentions, le long du fleuve, à l’est de la ville de Québec. Par contre il y en a autant vers l’ouest, lors des deux saisons migratoires.

En été, le harfang se rend sur son aire de nidification dans le Grand-Nord, soit dans l’archipel arctique ainsi que dans la péninsule de l’Ungava et sur les côtes de la baie de l’Ungava (Godfrey 1986). En conséquence, la carte d’été comporte très peu de mentions. Entre 1969 et 1989, ÉPOQ fait état de 64 mentions pour juin, juillet et août réparties sur 10 années seulement. Elles proviennent principalement de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine où les conditions climatiques sont plus rigoureuses que dans d’autres régions du sud, et c’est là que certains individus s’attardent régulièrement.

Les données ÉPOQ ne permettent pas de dégager une quelconque tendance de la population de cette espèce au Québec, ce qui peut être interprété comme le reflet d’une stabilité des effectifs au cours des deux décennies considérées. Bien que certaines espèces de prédateurs fluctuent en fonction de la disponibilité de leurs proies, cette explication ne semble pas s’appliquer dans toute l’aire occupée par le harfang. Les fluctuations des indices ÉPOQ dénotent une certaine tendance de type cyclique (David et Larivée 1991). Au cours de la période 1955 à 1981, les grandes abondances sont récurrentes à peu près aux trois ou quatre ans. Les variations de population ne sont pas cycliques de façon rigoureuse partout, bien qu’elles le soient davantage dans l’est et dans l’ouest du pays. Kerlinger et al. (1985) soulignent qu’il faudrait étudier le climat comme facteur pouvant expliquer la cyclicité observée à l’échelle nord-américaine. Le fait que le Harfang des neiges ait été promu au rang d’emblème aviaire du Québec n’a pas résulté en une augmentation apparente du nombre d’observations de cet oiseau. La campagne en faveur de ce symbole avait débuté au début des années 80.

Type faunique : holarctique. Habitant de la toundra, on le rencontre nicheur dans le nord de l’Alaska, des Territoires du Nord-Ouest, du Québec et dans les îles de l’Arctique. Il occupe également le pourtour du Groenland, l’Islande, les grandes îles de l’Arctique eurasiatique, ainsi que la toundra de la Scandinavie à la Sibérie. Il hiverne jusqu’au nord des États-Unis, parfois plus au sud, au centre de l’Europe, en Russie, au nord de la Chine et au Japon.

 

Fait par Sabrina le 25 novembre 2002

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Mis à jour le 26 novembre, 2002

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