Moulay Ismail a été intronisé en 1672, à l'age
de 26 ans. Il connaissait bien la ville de Meknès dont il était gouverneur au
moment de son accession au trône. Il décida d'en faire sa capitale. Il lui fallu
près de vingt cinq ans pour rétablir définitivement son autorité sur le pays et
ensuite le protéger des menaces extérieurs, des convoitises des Espagnols qui
occupaient El Maamora actuel Mehdia, Larache, Asilah, Ceuta et Melilla les îles
Penon de Valez. Il devait également parer aux menaces des Portugais qui
occupaient Mogador, des Anglais qui visaient la ville de Tanger, et des Français
installés sur la côté méditerranéenne.
Moulay Ismail peut être considéré comme le créateur d'un état monarchique (fondé
sur la personne du souverain) car il était l'héritier d'un pouvoir qui avait
spécificité d'un Etat tribal. Il dota le pays d'un armée de métier puissante
dont les effectifs ont atteint jusqu'à 150.000 hommes. Moulay Ismail qui était
fasciné par Versailles eut le goût colossal. Il entoura sa capitale de bastions,
de murailles et de portes monumentales. Ses haras pouvaient contenir jusqu'à
12.000 cheveux.
Moulay ISMAÏL
Moulay Ismail était un Sultan animé d'une grande foi. Sur le plan diplomatique,
il avait des relations étroites avec le Roi de France Louis XIV. En effet, le
Maroc et la France signèrent le traité de Saint-Germain préparé par
l'ambassadeur TEMIN lequel instaure le principe de non agression entre les
navires des deux pays, le rachat des captifs et l'installation du Consulat
française à Salé et à Tétouan, Cette oeuvre fut poursuivre par l'ambassadeur Ben
Aîcha qui se rendit en France en 1698. Sous le règne de Moulay Ismail
(1672-1727) elle connut une période de grande prospérité.
Moulay Ismaîl choisit Meknès comme capitale pour des raisons à la fois
stratégiques, politiques et géographiques. Outre son intérêt architectural
évident même pour le touriste le moins averti, la Kasba de Meknès revêt une
importance singulière.
La Kasbah Ismaîlienne est une partie intégrante de l'Histoire de l'architecture
Marocaine. Ses monuments frappent l'imagination à la fois par leurs diversités
apparentes et par leur homogénéité fondamentale. Un certain nombre de portes
particulièrement mises en valeur sur le plan décoratif (Bab Mansour Laalej et
Bab Errih), donnent accès à un palais ou à un sous-ensemble ou même à la Kasbah
dans son ensemble. Ce sont essentiellement ces portes qui justifient
l'appellation de "Meknès, Capitale aux belles portes".
Au Xième siècle les Almoravides fortifient la ville.
Les Almohades au Xième siècle la repeuplent et construisent des mosquées, des
hammams (bains maures) etc.… Le quatrième Sultan almohade Mohammed An-Nasir, fit
refaire la grande mosquée et lui ajouta un mihrab (vers 1203). Abou Youssef, fit
construire une Kasbah et Meknès devint résidence de vizirs.
Au XIIIème siècle, sous le règne des Mérinides de nombreux monuments seront
édifiés par Abou Youssef et Abou El Hassan. C'est sous les Mérinides que Meknès
deviendra véritablement une cité Hispano-maghrébine.
A l'époque des Saâdyines, les villes du nord perdirent de leur importance.
Il a fallu attendre la fin du 17ème siècle et l'avènement du deuxième Sultan
Alaouite pour que la ville de Meknès se place au premier rang des cités
impériales.
Moulay Ismaîl, qui en avait été d'abord le gouverneur, lui donna un
extraordinaire essor; il voulut en faire une grande capitale. Il en fit donc sa
résidence habituelle et la mit en valeur par de nombreuses et grandioses
constructions : palais somptueux, mosquées, médersas aux ensembles harmonieux,
portes monumentales, remparts imposants, vastes jardines, pièces d'eaux…
Après la mort de Moulay Ismail en 1727, son fils Moulay Abdellah, continua et
acheva une partie des travaux entrepris par son père. Meknès s'enrichit de
plusieurs monuments sous le règne de Sidi Mohamed Ben Abdellah (1757-1790) : il
fit construire des mosquées, des mausolées et le palais de Dar Beïda, occupé
actuellement par l'Académie Royale Militaire. Les Alaouites n'ont cessé, jusqu'à
ce jour, d'être des rois bâtisseurs, et la Kasbah de Meknès prend donc une
valeur particulièrement significative. Emission d'Alain Decaux (avec la
participation d'Amin Maalouf)
à l'occasion de la publication du livre Moulay Ismaïl et Louis XIV, une amitié
orageuse de
Younès Nekrouf (Albin, Michel, 1987)