Il est bien connu que le contenu émotionnel de la parole est
influencé par des contraintes contextuelles du processus de communication.
La détection d'indices univoques de l'état émotionnel
et de l'attitude du locuteur est néanmoins rendue particulièrement
difficile par le fait que les mêmes phénomènes de parole
véhiculant cet ordre d'informations (paralinguistiques), outre que
représenter la substance du message linguistique, encodent aussi
des informations extralinguistiques telles que l'origine géographique,
des traces de l'expérience
socio-culturelle et/ou les caractères individuels du locuteur.
La communication porterait sur des considérations concernant
l'analyse de phrases en italien prononcées par des locuteurs ayant
recours à deux systèmes intonatifs et expressifs différents,
répandus dans deux aires linguistiques contiguës de la péninsule
salentine (Italie).
L'objectif de l'étude en cours est la mise en relief de l'importance
d'indices prosodiques géographiques déterminant de nuances
perceptibles comme émotionnelles par des locuteurs/auditeurs de
variétés 'dialectales'
différentes.
Des expériences diverses, telles que des analyses instrumentales
et des tests perceptifs, ont été menées, avec l'objectif
d'établir des seuils perceptuels entre les valeurs assumées
par certaines variables acoustiques au cours de phrases stylistiquement
(et émotivement) non-marquées et l'espace exploré
par ces mêmes variables dans tous les cas de présence de traces
ou de nuances d'attitude.
Dans ces conditions, nous avons observé que des auditeurs de
micro communautés perçoivent des différences dans
le contenu émotionnel de phrases non marquées des autres
variétés. Par exemple, des auditeurs d'une aire méridional
du Salento ont montré une tendance à juger des questions
'neutres' de locuteurs du reste de la région comme légèrement
emphatiques tandis que les locuteurs de l'aire centro-septentrionale sembleraient
avoir recours à un schéma mélodique comme celui des
méridionaux pour réaliser des phrases émotivement
marquées.
Nous en concluons que, malgré l'importance de certaines solutions
intonatives dans l'encodage et dans la perception des émotions et
des attitudes, des microdifférences culturelles peuvent parfois
apparaître : elles contribueraient à augmenter la complexité
de ce genre d'étude mais aussi à enrichir la recherche sociolinguistique
dans un domaine encore peu exploré.