Langues minoritaires comme langues d'enseignement: identification et mesure des côts

François Grin*

Flensburg - Genève

Le développement de filières d'enseignement fonctionnant en langues minoritaires est souvent considéré comme d'un côt excessif, ce qui se traduit souvent par d'énormes résistances officielles à la mise sur pied de telles filières, voire à leur exclusion pure et simple. Ce texte a pour objectif d'examiner de plus près si cette perception est fondée, ou s'il est au contraire possible que les côts de l'enseignement en langues minoritaires soient, en fin de compte, modestes. Un tel examen requiert toutefois la combinaison d'instruments d'analyse fournis par l'économie de la langue et par l'économie de l'éducation.
Dans la première partie de la présentation, je décris brièvement les bases de ces deux orientations de recherche et rappelle quelques uns des concepts analytiques nécessaires à la question posée. Ceci nous amènera notamment à parler des principes de la comptabilité scolaire, de distinction entre dépense et côt, de fonctions de production éducatives, et des différentes formes de côts et de bénéfices en matière de politique d'éducation linguistique.
Dans la seconde partie de la présentation, je passe en revue les composantes du côt de l'enseignement au moyen des langues minoritaires, en mettant en évidence la distinction entre les côts directs et le côt net effectif, compte tenu des avantages que peut engendrer cet enseignement en matière d'efficacité des systèmes éducatifs. Cette analyse permet de montrer que les côts directs sont nettement inférieurs à ce qui est souvent supposé, et que sous certaines conditions, ce système peut mÍme s'auto-financer à travers les gains d'efficacité qui en résultent.

(*) La présentation sera basée sur un travail commun réalisé par F. Grin et F. Vaillancourt (Université de Montréal)


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