Les
ombres ont gagné !
Si
j’étais poète je vous dirais que les ombres ont gagné.
Combien
d’entre vous m’ont jugée faible de tendre la main ?
A
chacun des êtres qui ont passé sur mon chemin
Pour
avoir vu en eux ce à quoi il vaut la peine de s’attarder.
Vous
m’avez vu dansant, travaillant, jouant avec les enfants
Mais
vous avez fermé les yeux quand, dans l’ombre de la nuit,
Je
hurlais à mon Dieu de soulager ce
mal lancinant
Qui
semblait me punir d’avoir osé garde espoir en la vie !
Que
de fois vos yeux se sont tournés quand mes genoux !
S’entêtaient,
devant la douleur, à faire l’effort de me lever
Ou
que ma main n’avait plus la force de jouer avec vous ?
Que
de larmes j’ai versées d’avoir dû refuser la chaleur
De
celui que j’aimais et même souvent un simple baiser
Parce
que la fibromyalgie avait décidé que ce n’était pas mon heure
Que
de fois j’ai fait l’amour malgré tout car j’ai besoin d’aimer !
Cette
maladie malicieuse, comme pour se rire de moi,
Est
devenue mon maître. Elle rend mes gestes maladroits,
Trouble
ma mémoire, me punit des heures de bonheur
Que
j’ose m’accorder en taisant les cris de la douleur.
Je
me bats contre elle et aussi contre vos jugements.
Je
ne suis pas naïve, mais je sais que chacun à le droit d’être aimé !
Je
ne suis pas lâche. Il me serait facile de rester
Isolée
dans l’ombre de ma douleur et attendre simplement.
Je
peux encore jouer, danser, et même sourire
Mais
je ne peux supporter vos regards fuyant
Devant
mes résultats pas toujours performants
Ni
vos dures paroles quand j’avoue souffrir !
Je
croyais qu’un jour, à force de lutter, je verrais le soleil brillé
Dans
mon cœur enfin libéré de ce mal annihilant
Mais
je suis vaincue. Ma raison, à bout
d’efforts, a chaviré
Ne
pouvant plus supporter les échecs, la solitude et
les jugements !
L’ombre de Patsi, la fybromyalgie (25 mars 2001)