À toi, mon ami-amant
Il
y a des roses sans rosier.
Des
passions qui naissent, qui meurent
Sans
que ne soit fondu le glacier
D’un
cœur en manque de chaleur.
Il
y a des amants qui pénètrent ta peau
Sans
ne l’avoir effleurée, ni même regardée.
Les
draps restent froids même s’il fait beau.
Ils
laissent une ride amère sous tes yeux mouillés.
Il
y a des gens qui écoutent sans oreille,
D’autres
qui parlent avec des mots vides.
Il
y en a qui inventent le pays des merveilles
Et
trop vite, t’amènent dans un désert aride.
Et
il y a toi, toi simplement.
Je
me retrouve, comme à mes vingt ans,
À
cueillir les petits bonheurs qui font sourire,
À
m’amuser, à réapprendre à vivre.
Il
me semble facile, juste à ta façon d’écouter
De
laisser échapper les mots, ce que je suis,
De
soulager mes blessures, de contrôler mes peurs
Et
même de mieux voir où est le bonheur.
Quand,
endormi, tu poses ta main sur ma taille
Ou,
qu’au matin, tu me fais l’amour tendrement
Malgré
mes yeux bouffis, mes cheveux en bataille,
Je
me demande pourquoi la vie me fait ce présent.
Non,
mon cœur ne vibre pas de cet amour passion,
Fol
amour qui va à l’encontre de la raison.
Non
mais il a chaud. Il est libre.
Il est lui.
C’est
comme si ma raison et lui devenaient amis.
Tu
m’as aidé à me réconcilier avec moi-même
Et
c’est pour cela que je veux te dire : « Je t’aime ! »
Et
que mon vœu le plus cher est que moi aussi
Je
te donne un peu de chaleur, cher ami.
Claire 1995