Au bonheur du jour




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Le mois de décembre - du 1er au 7

lundi, le 2 décembre

Vraiment, je ne savais plus comment recommencer... Puis, un petit coup de pouce et puis une petite idée... Il n'était pas le premier et aux autres j'avais aussi répondu que cela viendrait...

Hein Sylvia ? Où es-tu ? Je m'inquiète. Ca fait longtemps que je n'ai pas de nouvelles. Tu n'aurais pas arrêté ton journal, j'espère ? Parce que si c'est le cas, c'est pas sympa pour les copains diaristes.

En attendant de tes nouvelles,

X

Coucou X :-)

Y a-t-il déjà plus d'un mois que je n'ai pas écrit??? *rires* Ben oui, ben oui, je sais ce que tu veux dire. Bon, il faut que je t'explique. Je n'ai cessé rien du tout moi... Tout simplement, mes vacances se sont prolongées, puis je suis allée deux autres fois chez ma fille, puis j'ai été emportée par le tourbillon de ma vie réelle, bon, bon, mais tout cela fait que je n'ai aucune excuse moi..... Mais c'est si facile de perdre le rythme d'écrire. Depuis plus d'une semaine je jongle avec l'idée de mon retour et j'ai le trac, et je suis à la recherche de la fichue première phrase qui me fera débloquer. Je me trouve vraiment moche parce que j'adore tenir mon journal et que cela me fait beaucoup de bien. Tu vois, durant mon absence, il m'est arrivé tout un tas de choses bien chouettes, tout un tas de petits bonheurs et comme je ne les ai pas consignés, certains se sont déjà envolés par les trous de ma mémoire...

Tu es vraiment super gentil de m'avoir écrit ce petit mot, je l'apprécie beaucoup. Est-ce que cela te ferait plaisir de savoir que je me hâte toujours d'aller lire tes entrées, ton journal est vraiment un de mes préférés. Dommage que tu sois si loin, je t'inviterais pour manger une bonne bouffe. (Je suis déjà en train de planifier toute la ribambelle des bonnes choses que je vais cuisiner pour Noël.) J'espère que (...) et que (...)(partie du message concernant directement mon interlocuteur)

Bon, je te laisse, c'est dimanche et il est 11h15 dimanche matin. Ma fille est en visite chez moi cette fin de semaine-ci. Elle repart en fin d'après-midi pour chez elle. En ce moment, elle est allée faire quelques courses. Ce soir, je mange avec le grand copain. Peut-être qu'en fin de soirée je trouverai le temps et le courage d'écrire une petite entrée... Je ne puis rien promettre, mais on verra bien. Tiens, si cela peut te faire plaisir, il neige constamment ici depuis hier, il est tombé à peu près 25 centimètres de neige depuis hier matin. C'est super joli. Dans mon jardin, les grappes de fruits rouges des sorbiers sont recouvertes de magnifique petits bonnets blancs. Et si tu voyais tous les oiseaux dans les mangeoires! Bon, je ne vais pas te dire en plus que j'écoute Bach, n'est-ce pas? Ma foi, je suis en train d'écrire une entrée moi!!!

Bisous

Sylvia

Voilà ce que j'écrivais hier matin... Ouf... c'est enfin reparti!! :-) Ces moments calmes devant moi-même, qui me permettent de revoir mes journées et de faire le recensement de ces nombreux petits bonheur de ma vie me manquaient. C'est comme si je les avais laissé fuir, comme si je les avais gaspillés. Puis-je me permettre de laisser ainsi partir dans l'oubli ces ici/maintenant qui m'ont été si chers? Je le ne veux pas.

jeudi, le 5 décembre

Que le temps passe vite. Déjà jeudi soir et il me semble que la semaine ne vient que de débuter. Voilà qui fait cliché mais qui n'en est pas moins vrai. Plus je vieillit, plus le temps s'accélère mais, phénomène bizarre, plus je me sens lente dans tout cela, et c'est tout à fait comme cela que je veux être. Il y a aussi comme un dédoublement. C'est-à-dire que j'ai l'impression d'être à la fois au coeur des activités de la vie et en même temps, là sur la bande, à regarder les gens à la course. J'ai l'impression d'avoir de plus en plus les yeux ouverts. Je m'attarde beaucoup aux détails de la vie et des gens. Avant de mourir, mon frère m'avait parlé de ce phénomène et combien il l'appréciait. Je ne parvenais pas à saisir ce qu'il voulait dire. Maintenant je sais et je savoure.

Belle journée tranquille, faite de travaux manuels: j'ai passé plusieurs heures à frotter de l'argenterie. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas fait cela. Certains des plus beaux morceaux me viennent de ma mère et n'avaient pas été polis depuis de très nombreuses années. Ils ont retrouvé une nouvelle vie. Ce sera si joli pour Noël et je sais que mes frères apprécieront de revoir ces objets. Je suis contente. Ouvrage de patience, de minutie et de répétition. C'est fou comme l'esprit s'active quand les doigts sont ainsi occupés. Et je me suis mise à rêver à de longs travaux à l'aiguille, de broderie et je me suis retrouvée il y a bien longtemps alors que, toute petite fille romantique, je rêvais de telles choses, alimentée que j'étais par les belles histoires de la Comtesse de Ségur et de la bibliothèque de Suzette.

Hier, il faisait froid. Je suis allée, à moins 17 degrés, remplir les mangeoires d'oiseaux dans mon jardin. Mes convives sont de plus en plus habitués à m'y voir et, tout en piaillant à qui mieux mieux, ils ont patiemment attendu, dans les arbres environnant, que le repas leur soit servi. Je suis très heureuse de voir combien les oiseaux sont nombreux et variés cette année. Il y a bien quelques écureuils qui connaissent aussi l'adresse et qui me donnent un peu de fil à retordre, mais bon, ils ont faim eux aussi.

J'ai ensuite rejoint un vieil ami pour le lunch. Il est de retour dans ma ville pour les cinq prochains mois. C'est sa Floride à lui... :-) Il est un de ceux avec qui j'aime le mieux discuter. Pas de sujets qui nous échappent. Au cours des années, nous n'avons jamais eu de mésententes. Pourtant nous ne sommes pas toujours d'accord, loin de là, et nous discutons ferme. Je connais ses défauts aussi bien que ses qualités. Il trouve que j'exagère, que je suis émotive, que je m'enflamme, surtout quand nous discutons de politique. Il se veut plus rationnel. Se veut, ai-je bien dit... :-) Hier nous avons essayé un nouveau restaurant, mais ce fut bien ordinaire, d'une neutralité banale.

Hier aussi, dans une autre circonstance, j'ai eu encore la preuve, s'il en fallait une, qu'il ne faut jamais, jamais se fier aux apparences. J'ai une fois de plus réalisé combien il est important de parler, de dire vraiment ce qu'on a sur le coeur, de poser les vraies questions, de tirer les choses au clair plutôt que de se renfermer sur une impression. J'ai été comblée par la réponse reçue et je pense qu'une amitié en a été renforcée, du moins en ce qui me concerne.

Demain, je dois mettre la dernière main au déguisement que je devrai porter samedi lors d'un premier party de Noël chez des amis. Bon, cela me tente plus ou moins, ce genre d'amusement ne m'attire pas particulièrement. Mais bon, puisqu'il s'agit d'amis que j'aime bien, je vais respecter le thème imposé... J'ai quelques cadeaux à terminer aussi pour cette occasion. Et je dois aussi rejoindre une amie pour le lunch et quelques courses en après-midi.

Un peu de Julien Green avant de terminer cette entrée. Voici un passage de ce qu'il écrivait le 7 août 1945 .

Avant-hier, regardé longuement le ciel nocturne qui se trouvait être d'une limpidité exceptionnelle. Il n'y a qu'en Tunisie que j'ai vu autant d'étoiles, et si brillantes, quoique en Afrique elles m'aient paru plus grandes. Que pourra-t-on jamais dire d'un tel spectacle? Il anéantit le langage humain. Même l'effet qu'il produit en nous reste au-delà de la parole. Un grand bonheur intérieur, un profond sentiment de la vanité du monde, un sentiment plus mystérieux qui est analogue à celui de la présence de Dieu, un silence énorme en nous, qui est comme l'écho du silence des cieux
Le 28 août, il ajoutait :
Si l'on pouvait assouvir toutes les faims de l'âme comme on assouvit toutes les faims du corps...
Puis le 19 octobre
J'entends dire quelquefois : "Il suffit de vouloir" Mais on dit cela sans bien réfléchir, car à partir du moment où l'on se met à vouloir, le problème est résolu, quel qu'il soit. Aussi la vraie difficulté n'est-elle pas de vouloir, mais de vouloir vouloir. Tant il est vrai qu'il y a une volonté qui précède la volonté et la met en branle.

Ce soir, j'écoutais le magnifique Quintette à cordes de Franz Schubert et j'ai terminé par quelques extraits du Petit livre d'Anna Madgalena Bach. Mon vieux chat est tout près. Un bien beau moment. Mon journal me manquait.

 

 

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