Au bonheur du jour




Le mois de juillet 2007

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samedi le 14 juillet

"Vous êtes si loin... Dans un silence que n'excusent pas les conditions météo ou le trop de choses à faire... Dites quelque chose... Rassurez-moi sur votre silence... Inventez qu'il est devenu sagesse ou méditation, je ne sais pas... Mais rassurez-moi... Premier jour de franche chaleur... concerts, hier et aujourd'hui... Dites-moi que j'ai raison de vous réveiller... Que vous ne m'en voulez pas trop... X"

Cher ami de là-bas,

Je voulais faire une petite entrée dans mon journal, mais j'hésitais, ne sachant pas trop comment aborder la question.

Pour ma part, je vais très bien, mais c'est cette amie qui elle ne va pas bien du tout et à qui je consacre beaucoup de temps. Et comme elle occupe aussi beaucoup mes pensées, il m'est difficile d'écrire mon quotidien sans parler du sien, parce que ces deux là se confondent souvent. Je ne veux pas parler d'elle à cet égard, parce que je pense que cela la peinerait. J'aime énormément cette très grande amie et je la respecte infiniment. Sa maladie et la cohorte de difficultés qui en découlent lui appartiennent, et ses heures aussi lui appartiennent. C'est une femme très digne, qui fait tout avec élégance, y compris vivre cette horrible maladie. Son mari fait du mieux qu'il peut, mais il a une peine terrible. Alors, je ne vois pas beaucoup ce faux été passer. Je dis faux, à cause du temps qu'il fait, je dis faux parce qu'il me glisse entre les doigts et qu'il me force à l'oublier. Nous sommes au milieu de juillet et je n'ai pas encore mis les pieds au chalet.

Là, il est passé deux heures du matin, et j'arrive d'un souper et d'une soirée avec d'autres amis d'un autre secteur de ma vie, qui eux ne connaissent pas cette courageuse et chère amie. Ce soir, ce furent des heures de belles conversations et de franches rigolades, et j'y ai pris part de mon mieux parce que la vie continue, parce que leur vie continue, ce que j'ai un peu tendance à oublier de ce temps-ci. Oh, je ne confonds rien, je ne suis surtout pas en train de m'apitoyer sur mon sort, et j'espère que vous l'avez bien compris. Simplement, les heures sont graves, même si on m'a offert des musiques splendides dernièrement, même si ma petite Jasmine s'est beaucoup calmée et qu'elle est enfin presque adorable, même si ma fille, super heureuse de ses vacances en Italie avec son conjoint (merci Internet qui permet d'avoir de ses nouvelles même de loin), revient mardi sur mon continent, même si le grand copain s'amuse comme un petit fou à l'autre bout de la planète, même si l'agréable parfum de fraîche verdure des pois que j'écossais hier m'imprégnait les doigts, même si ma dernière coupe de cheveux a été particulièrement réussie. Simplement, les heures sont graves. Cet été me fait penser à celui de 2002, l'été de ma mère. Je me souviens. C'était il y a cinq ans et je venais tout juste de commencer mon journal.

Vous en vouloir ? Bien au contraire. Ce que vous m'avez écrit pourrait peut-être me servir. Ne soyez donc pas surpris si vous lisez, dans mon journal, votre gentille inquiétude ou peut-être devrais-je plutôt dire votre gentille impatience... ;-) Merci de m'avoir ainsi entrouvert la porte.









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