Au bonheur du jour




Le mois de mars 2006

1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31

Retour Page d'Accueil

Archives

C'est ici

 


Aujourd'hui

jeudi le 16 mars

Le bruit du lave-vaisselle dans la cuisine et le "Concerto pour violon, numéro 3" de Mozart. Voilà mon environnement sonore au début de cette entrée. Je suis revenue hier de la très grande ville, tout juste à temps pour assister, en soirée, à une conférence qui m'intéressait vivement. Je suis restée sur ma faim, la conférencière s'en étant tenue à une certaine langue de bois, trop respectueuse, ou peut-être même prisonnière, de cette structure passablement désuète dans laquelle elle agit à un certain niveau. Mais bon, à bien y penser, le contraire aurait été plutôt surprenant.

J'avais profité du séjour de ma fille ici en fin de semaine dernière pour faire, avec elle, le voyage de retour vers la très grande ville. Je voulais surtout revoir l'adorable petit bébé de mon filleul adoptif, né il y a maintenant un peu plus d'un mois, que j'avais vu le jour même de sa naissance et aussi les trois autres qui ont suivi, et à qui je suis déjà très attachée. Bien qu'il ne se soit depuis écoulé qu'un court laps de temps, il a déjà beaucoup changé. Lundi, nous avons donc encore une fois fait plusieurs photos. Son papa et sa maman sont très beaux à voir dans leur nouveau rôle de parents.

Ils avaient tenu à venir me chercher chez ma fille et, avant de nous rendre chez eux, nous avions fait un détour par une bouquinerie où je me rends à chacune de mes visites dans la très grande ville. Son propriétaire m'avait téléphoné il y a deux semaines pour me dire qu'il avait mis la main sur le dernier tome paru, soit le huitième, des oeuvres de Julien Green dans la Pléiade. Comme, il y a quelques mois, j'avais finalement réussi à dénicher sur Internet le Journal du voyageur, un titre épuisé depuis plusieurs années, ma quête des ouvrages de Julien Green est maintenant terminée. Sauf deux ou trois volumes achetés neufs, j'ai trouvé tous les autres livres dans des bouquineries de ma ville et de la très grande ville, ou encore il me sont parvenus de différents pays dans le monde, par le biais d'internet. Cela m'aura finalement pris quatre ans à les rassembler tous, puisque la plupart de ses livres sont maintenant épuisés. J'ai pris un énorme plaisir à faire cette longue démarche.

Mardi, j'ai rejoint mon amie d'enfance dans ce restaurant italien qui est devenu en quelque sorte notre lieu privilégié. Nous y sommes toujours chaleureusement accueillies par les serveurs qui ont l'air de s'être habitués à nous y voir prolonger jusqu'à tard notre repas du midi, tant nous avons toujours des choses à nous dire. Encore cette fois-ci, ils étaient regroupés à une table pour enfin manger que nous buvions notre nième tasse de café. Nous avons ensuite fait quelques boutiques puis nous avons pris le métro ensemble, elle s'en allant retrouver son mari et moi me dirigeant chez un couple de très grands amis, dans leur nouvel appartement de rêve, avec une vue imprenable sur la ville. Nous n'étions que nous trois et nous nous sommes retrouvés comme il y a bien longtemps. Depuis quelques années, ils habitaient une très belle maison, mais dans un coin perdu dans les montagnes, à quelques heures de route de la très grande ville, et il m'était difficile de les voir souvent puisque je ne disposais pas toujours de suffisamment de temps lors de mes voyages. Le repas et la soirée furent tellement agréables. C'est un grand plaisir que de penser que nous pourrons maintenant nous revoir de façon plus régulière.

Aujourd'hui, ma petite journée s'est déroulée bien paisiblement. J'ai passé plusieurs heures à bouquiner dans mes livres, à ranger ma bibliothèque et aussi à câliner un peu ma mignonne tornade qui me suivait constamment et voulait se faire prendre dans mes bras, comme à chaque fois que je la laisse quelques jours, bien que quelqu'un vienne régulièrement s'en occuper et lui donner à manger. En ce moment, elle est là tout près, elle me surveille à partir du dossier du fauteuil gris et me répond par des brrrrring dont elle seule a le secret, à chaque fois que je l'interpelle en mentionnant son nom. Elle est adorable.

"Le coup d'oeil qu'on jette en arrière au point où j'en suis permet de voir clair sur une bonne longueur de la route. J'ai plus d'une fois remarqué qu'aux endroits difficiles quelqu'un s'est toujours trouvé pour m'aider d'un conseil. Deux noms qui me reviennent le plus fidèlement à l'esprit excluent l'idée du hasard, mais que savons-nous du sens de notre vie ?" (Julien Green)

samedi le 18 mars

Il fait calme et bon ce soir. Il est évidemment bien tard pour commencer l'écriture, elle me vient tellement lentement parfois, mais ma fascination pour la nuit s'accentue depuis quelque temps. En ce moment, je me retiens d'aller dormir, préférant savourer ces moments d'écriture dans le noir, à la seule lumière de l'écran. C'est difficile à expliquer, mais c'est comme si cela me permettait de prendre plus conscience que je suis en vie, comme si ces moments de veille choisis marquaient d'une façon spéciale chaque seconde qui passe et me la rendait encore plus précieuse. Il n'y a rien d'angoissant dans cette sensation, bien au contraire, c'est comme regarder les grains de sable qui s'écoulent dans le sablier. Et puis, j'écoute en boucle un cd de musique tellement sereine, les "Concertos pour hautbois" et les "Concertos pour violons" d'Albinoni, que j'aime beaucoup.

Dehors, la nuit est froide et un voile de nuage filtre à peine la lumière de la lune. Elle se reflète sur la croûte glacée des bancs de neige. Car les rayons du soleil se sont faits plus forts ces jours derniers et j'ai été surprise, à mon retour de la très grande ville, de constater combien la neige avait déjà fondu durant mon absence. Mais le froid des fins de journée et de la nuit vient figer la neige mouillée. Bon, en fait, c'est ce matin que j'aurais voulu écrire, mais j'avais un cours auquel je tenais beaucoup, et c'était l'avant dernier. Je suis revenue en début d'après-midi et les heures ont filé sans que je ne les vois vraiment passer. J'ai écouté beaucoup de musique, j'ai pris congé des journaux et de la télé et je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé en dehors de mon égoïste petit univers. Je suis une île.









Inscrivez votre adresse e-mail
pour être avisé des mises à jour
InscriptionDésinscription

 

haut de la page




Hosted by www.Geocities.ws

1